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renvoyé de Dresde; qu'il est Français, qu'il a été membre de l'Assemblée constituante, et que, depuis, il a trempé dans toutes les intrigues qui ont troublé la tranquillité de la France; qu'aucune puissance n'a le droit de l'accréditer à l'étranger sans manquer au Gouvernement français, et qu'aucune cour ne peut le recevoir sans manquer aux égards et manifester qu'elle prend intérêt aux troubles et aux divisions qu'il pourrait exciter dans le sein de la France. Il est impossible qu'il soit dans l'intention d'aucun prince d'accorder l'impunité, au milieu de l'Allemagne, à un homme connu dans toute l'Europe et chassé de Vienne et de Naples pour son immoralité, son esprit d'intrigue et sa vénalité; que j'ai le droit d'attendre que l'électeur de Saxe éloignera cet individu de Dresde.

BONAPARTE.

Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7376. — AU CITOYEN TALLEYRAND.
Paris, 20 frimaire an XII (12 décembre 1803).

M. de Coucy, Citoyen Ministre, ancien évêque de la Rochelle, est en Espagne. Il se comporte on ne peut pas plus mal. Ses mandements incendiaires contribuent à la guerre civile dans la Vendée. Envoyez un courrier extraordinaire à Madrid, avec les instructions les plus efficaces pour qu'il soit arrêté et remis à Bayonne entre les mains de la gendarmerie. Écrivez au général Beurnonville qu'il ne s'agit plus ici d'une vaine formalité; que les mandements de ce misérable influent sur la tranquillité publique; qu'il est évidemment stipendié par les Anglais, et que je ne saurais croire que Sa Majesté Catholique, pour un objet de cette importance, voulût se refuser à le faire mettre entre mes mains. Recommandez au général Beurnonville de mettre tous ses soins à faire réussir cette affaire, et à ce que cet évêque soit effectivement arrêté et transféré à Bayonne.

BoNAPARTE.

Archives des affaires étrangères.
(En minute aux Arch. de l'Empire.)

7377. — ORGANISATION DE LA GRANDE EXPÉDITION. Paris , 20 frimaire an XII (12 décembre 1803). Il y aura un état-major général composé du ministre de la guerre faisant les fonctions de major général ; De deux généraux de brigade; De quatre adjudants commandants ;

De seize adjoints à l'état-major, de différents grades;

Du premier iuspecteur général de l'artillerie ;

Du premier inspecteur général du génie ;

Du commissaire général Petiet, pour l'administration ;

D'un directeur général pour chaque administration ;

Du nombre de commissaires des guerres et adjoints qui sera jugé nécessaire.

Il n'y aura point de commandant général de la cavalerie.

Il est donc bien nécessaire que tous les individus qui doivent composer l'état-major général soient désignés avec le titre qu'ils doivent porter et le nombre de chevaux et domestiques qu'ils doivent embarquer.

Un général de division embarquera quatre chevaux ;

Un général de brigade en embarquera deux ;

Un adjudant commandant, un ;

Un aide de camp et un adjoint à l'état-major en embarqueront chacun un ;

Un colonel de corps en embarquera un ;

Un major, un.

Le général de division embarquera quatre palefreniers sur le même bâtiment qui portera ses chevaux, et deux domestiques sur le bâtiment qui le portera.

Un général de brigade embarquera quatre domestiques ;

Un adjudant commandant, deux ;

Un aide de camp et un adjoint, un ;

Un colonel, deux ;

Un major, un ;

Un capitaine, un.

Les lieutenants et sous-lieutenants en embarqueront un pour quatre.

Ceux qui voudront embarquer un plus grand nombre de domestiques et de chevaux devront en faire la demande, afin qu'on puisse leur indiquer les lieux où ils doivent les tenir, pour passer après l'armée.

L'armée se divise en quatre grands corps :

Le camp de Saint-Omer ;

Le camp de Bruges ;

Le camp de Montreuil;

La réserve.

Le camp de Saint-Omer doit avoir un état-major et des adjoints ; Un général d'artillerie ;

Un officier supérieur du génie ;

Un commissaire ordonnateur ;

Un chef pour chaque administration ;

Un inspecteur du service de santé.

Il est nécessaire de connaître et de spécifier les noms et les titres de tous ces individus.

Le camp de Saint-Omer sera composé de quatre divisions, d'une division de cavalerie et d'un parc de réserve d'artillerie.

Chaque division aura un payeur, un commissaire des guerres et un adjoint en chef pour chaque administration ;

Les brigades de boulangers qui seront nécessaires pour faire le pain pour la nourriture de la division ;

Des escouades d'ouvriers maçons, propres à construire des fours en peu de temps. Il est également nécessaire de déterminer le nombre de tous ces individus.

Un adjudant commandant sera chef de l'état-major, indépendamment des adjoints et aides de camp qui y seront attachés.

Chaque division aura un colonel ou un lieutenant-colonel d'artillerie ;

Un capitaine en second en résidence ;

Un conducteur d'artillerie ;

Un capitaine du génie ;

Un lieutenant ;

50 sapeurs.

Il y aura pour chaque division huit pièces d'artillerie.

La division de cavalerie aura quatre pièces d'artillerie légère.

ll y aura à la réserve huit pièces d'artillerie avec les approvisionnements d'infanterie, etc.

Ce qui fera pour ce corps d'armée quarante-quatre pièces d'artillerie.

Les camps de Bruges et de Montreuil seront composés chacun de trois divisions. lls seront organisés comme le camp de Saint-Omer.

Leur train d'artillerie ne sera que de trente-six pièces de canon pour chaque camp.

La réserve sera composée de deux divisions de dragons, d'une division italienne, d'une division de cavalerie de la réserve et d'une division d'élite.

Chacune de ces divisions aura huit pièces de canon, ce qui fera quarante pièces de canon; il y en aura huit pour le parc; total, quarante-huit pièces de canon.

La réserve aura un état-major en tout pareil à celui des autres camps. Le parc général de l'armée sera toujours avec la réserve.

Il est donc nécessaire que tous les ordres convenables soient donnés, pour qu'au 1" nivôse on puisse avoir l'état de l'armée ainsi organisée, partagée en divisions, avec le nombre de domestiques et de chevaux que chacune doit embarquer, la force des corps, les noms des officiers d'état-major et des administrateurs attachés à chaque division, le lieu où ils se trouvent, le temps où l'on suppose qu'ils joindront, les lieux où se trouvent les 3" bataillons et les dépôts, et enfin les lieux où chaque corps se recrute.

Le ministre de la guerre me présentera en même temps un autre état de situation du matériel, soit des vivres, soit des charrois, soit de l'artillerie, de ce qui a été demandé, du lieu où chaque objet se trouve, enfin de ce qui manque pour arriver au complet des demandes faites par le résumé de la flottille qui a été remis au ministre de la guerre il y a trois mois.

BoNAPARTE. Dépôt de la guerre.

7378. — AU GÉNÉRAL BERTHIER, MINIsTRE DE LA GUERRE. Paris, 20 frimaire an XII (12 décembre 1803).

Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre, par un courrier extraordinaire, au général Lagrange, à Alençon, de faire partir surle-champ le détachement de la légion d'élite à pied, qui fait partie de la colonne d'éclaireurs de Mayenne et qui est fort de 130 hommes, pour Montaigu, où il recevra des ordres du général Gouvion. Donnez ordre également à la colonne d'éclaireurs qui est sous les ordres du général de brigade Devaux, à Laval, de se rendre à Machecoul, département de la Loire-Inférieure, où elle prendra des ordres du général Gouvion. Votre courrier extraordinaire continuera sa route d'Alençon à Châtillon, département des Deux-Sèvres, et portera au général Gouvion l'ordre de s'appuyer sur la côte, de se rendre avec sa colonne et celle du chef de brigade Devaux, du côté de Challans, Aizenay et SaintLuc. Le général Gouvion donnera ordre au général Girardon de se porter avec sa colonne de Beaupreau à Montaigu, et de veiller sur toute cette partie. Vous lui direz du reste, que je désire, par le retour du courrier, connaître parfaitement la situation de cette contrée, qu'il doit connaître mon impatience sur un objet de cette importance. Vous lui enverrez la lettre ci-jointe des Sables. Vous lui direz que, si les événements étaient aussi pressants que cettre lettre les présente, il pourrait donner ordre à l'adjudant commandant Brouard de faire partir quatre compagnies du bataillon qui est à l'île d'Veu, complétées à 80 hommes, et d'avoir soin de n'y mettre que de bons sujets et des hommes éprouvés. Il pourra en demander un pareil nombre aux commandants de l'île de Ré et de Rochefort. Enfin il pourrait également demander 200 hommes du régiment suisse qui est à la Rochelle, ce qui lui ferait une augmentation de forces de 1,500 hommes. Faites connaître au général commandant la 12° division militaire qu'il ait à faire parvenir des ordres en conséquence aux différents commandants, et à lui-même de tenir toutes les forces et tous les moyens dont il pourrait disposer à Nantes. Je désirerais être assuré, par le retour du courrier qui vous porte cette lettre, que le courrier partira avant minuit.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7379. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.
Paris, 20 frimaire an XII (12 décembre 1803).

Je vous prie, Citoyen Ministre, d'expédier dans la nuit un courrier extraordinaire au général Fénerolz, commandant le camp de dragons de Redon, pour lui donner l'ordre de partir avec les régiments qu'il commande, six heures après la réception du courrier, et de se diriger sur Nantes. Là il fera prendre à chaque homme cinquante cartouches, des pierres à fusil, et formera trois colonnes, chacune composée d'un régiment de dragons fort de 260 hommes à cheval et de 140 hommes à pied. Le général Dumuy joindra à chacune de ces colonnes deux compagnies du 12° d'infanterie légère, fortes chacune de 70 hommes; ce qui portera chacune des trois colonnes à plus de 550 hommes. La gendarmerie y joindra 10 ou 12 hommes de son arme.

La première colonne s'arrêtera à Nantes, de là se rendra à Palluau, d'où, avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Paulet, qui se tient ordinairement aux Sables.Le général Paulet se mettra à la tête de cette colonne, y joindra les troupes qui sont sous ses ordres et des officiers des détachements de gendarmerie, et se mettra à la poursuite des brigands, en obéissant cependant aux ordres qu'il recevrait du général Gouvion.

La seconde colonne se rendra à Montaigu. Elle sera commandée

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