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Rendez-moi un compte détaillé de tous les objets qui ont rapport à l'administration. Faites-moi connaître la conduite que tient le commissaire général de police, sans consulter le général Ganteaume, avec qui il est en désunion. Voyez-le par forme de conversation, pour apprendre sa justification, et parlez-moi en grand détail de la situation du port, des bâtisses qu'on y fait, des différents approvisionnements, etc.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7359. — AU CONTRE-AMIRAL GANTEAUME, PRÉFET MARITIME A ToULoN. Paris, 15 frimaire an XII ! (7 décembre 1803), 11 heures du soir. Citoyen Général Ganteaume, vous avez entrevu dans votre lettre ce que je compte faire. Je vais donc m'en expliquer avec vous. Je n'ai pas besoin de vous dire que le secret est tout. L'Aigle doit se rendre de Cadix à Toulon. Vous ferez de nouveaux efforts, dussiez-vous démolir . . .. . .*, pour achever le Neptune ou tout autre, et avoir au moins une escadre de neuf vaisseaux et cinq frégates. J'aurai bientôt à Rochefort sept vaisseaux et trois frégates en état ; j'en aurai à Brest vingt, dont plusieurs à trois ponts. Ce sont ces différentes escadres qu'il faut faire mouvoir pour arriver à la brillante expédition*. Voici trois idées, faites-moi connaître votre opinion : Première idée. L'escadre de Toulon partira le 20 nivôse, arrivera devant Cadix (ou devant Lisbonne), y trouvera l'escadre de Rochefort, continuera sa route, passera, sans connaître terre, entre Brest et les Sorlingues, viendra reconnaître le cap la Hague, et passera quarante-huit heures devant Boulogne; de là continuera sa route, se rendra aux bouches de l'Escaut (il y a là mâts, cordages et tout ce qui lui est nécessaire), ou bien à Cherbourg. Deuxième idée. L'escadre de Toulon partira le 20 nivôse, se rendra à l'île d'Aix, se joindra avec notre escadre, reprendra la mer et finira sa mission. Troisième idée. L'escadre de Rochefort partira le 20 nivôse, arrivera le 20 pluviôse à Toulon; les escadres réunies partiront en ventôse et arriveront dans germinal devant Boulogne (c'est un peu tard). Dans tous les cas, l'expédition d'Égypte couvrira le départ de l'escadre de Toulon ; tout sera mené de manière que Nelson ira tout d'abord à Alexandrie. L'escadre de Brest aura son monde embarqué, prête à partir pour l'Irlande, de manière que Cornwallis sera obligé de serrer la côte et de rester là forcément pour la bloquer. Première question. Laquelle de ces trois idées est la meilleure? Deuxième question. En supposant que ce soit la première, vaut-il mieux se réunir à Cadix ou à Lisbonne ? Troisième question. Avec quatorze à seize vaisseaux et six frégates, passera-t-on entre Brest et les Sorlingues sans reconnaître la terre ? A la fin de pluviôse, je serai à Boulogne avec 130,000 hommes, 2,000 péniches, chaloupes canonnières, bateaux canonniers, ayant en batterie 2,000 pièces de 24 et plus de l,000 obusiers . . .. . " frégates, cutters, chalands . . .. . . . . * et, si notre escadre devait se battre (ce que Dieu préserve) devant Boulogne, nous lui donnerions un très-bon et puissant secours. Étaples, Boulogne, Wimereux, Ambleteuse sont nos quatre seuls ports, tous soumis au même vent, tous près l'un de l'autre; avec des vents favorables, nous ne demandons la présence de l'escadre que pendant douze heures. Enfin je désire connaître l'opinion de l'amiral Ganteaume sur une autre question : Vingt vaisseaux peuvent-ils sortir facilement de Brest ? Croit-on qu'ils puissent sortir pour se rendre devant Boulogne, gagnant trois jours sur Cornwallis, ou le trompant, et celui-ci allant chercher l'armée française en Irlande ? L'amiral Ganteaume sentira que ce courrier doit avoir l'air de lui porter des ordres pour l'armement de l'Égypte, et qu'il ne le doit garder que vingt-quatre heures, car il faut que je prenne un parti.

1 L'original, qui n'indique pas l'année, porte seulement : Paris, le 15 frimaire, à 11 heures du soir.

* Deux mots illisibles.

* Expédition, mot douteux, on peut lire comparution.

BoNAPARTE. Comm. par M. Gobert de Neufmoulin.

7360. — AU GÉNÉRAL DAVOUT, COMMANDANT LE CAMP DE BRUGES. Paris, 16 frimaire an XII (s décembre 1803). Citoyen Général Davout, le courrier qui vous portera cette lettre va jusqu'à la Haye. Il a ordre de revenir à Ostende pour prendre vos lettres. Faites-moi connaître, par le retour de ce courrier, le nombre de bâtiments hollandais qui se trouveront à Flessingue au 20 frimaire, l'espèce de canons dont ils sont armés, et si l'on travaille à leur nouvelle installation. Le général Magon a reçu ordre du ministre de la marine de faire venir à Ostende tous les bâtiments qui étaient dans les canaux. Prêtez-lui tous les secours dont il aura besoin pour cet objet, et faitesmoi connaître où cela en est. Envoyez-moi, par le même courrier, l'état de situation de vos garnisons sur la flottille de guerre, et l'état de situation de votre armée, corps par corps.

1 Deux mots illisibles. - 2 Trois mots illisibles.

BoNAPARTE.
Comm. par M" la maréchale princesse d'Eckmühl.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7361. — AU GÉNÉRAL MARMONT.
Paris, 16 frimaire an XII (8 décembre 1803).

Citoyen Général Marmont, Premier Inspecteur général de l'artillerie, je reçois votre état du personnel de l'artillerie.Je désire que vous y ajoutiez les renseignements suivants : La compagnie n° 2 du l" régiment est sur la côte : quelle côte ? Même observation pour les compagnies n" 10, l I et 12 du même régiment, et pour les compagnies n" 14, 15, 17, 18 et 19 du 5° régiment. Faites-moi connaître l'endroit positif où sont ces compagnies, et les batteries qu'elles servent. Je vois en note que les compagnies du 1" régiment sont portées à 70 hommes : est-ce présents sous les armes ou effectifs ? Pourquoi y a-t-il encore 28 officiers détachés hors de l'armée ? Qu'entend-on par tailleurs, cordonniers, enfants, non disponibles? Tout doit être disponible. Qu'entend-on par la colonne en détachement, par la colonne au dépôt et aux colonies ? Il ne doit plus y avoir de canonniers des compagnies dans les colonies. Pourquoi y a-t-il des canonniers sur les derrières? Faites-moi connaître les mesures à prendre pour que chaque compagnie soit portée, officiers compris et présents sous les armes, à 80 hommes. Faites-moi, à cet effet, connaître la situation des dix compagnies de ces trois régiments qui restent au corps. Je vois que le total du personnel de l'artillerie ne se monterait, sans comprendre les ouvriers ni les pontonniers, qu'à 2,400 hommes. Il faut que vous me présentiez les moyens pour que l'artillerie à

à pied seule présente un total de. . . . . . . . 3,000 hommes.
L'artillerie à cheval. . . . . . . . . . - - - 800
Les pontonniers . . . . . . . . . . . . . . 600
Et les ouvriers. . . . . . . . . . . - - - - 400
Total. . . . . . . 4,800

Je suppose que toute l'artillerie à pied, pontonniers et ouvriers, sont armés de fusils. Dans les bataillons du train, je vois que le 8° bataillon est oublié; il est vrai que ce bataillon est à Rennes; mais le 7°, qui est à Toulouse, devrait pouvoir faire le service des camps de Brest et de Rochefort. Alors le 8° deviendrait disponible. ll faut que vous preniez des mesures pour avoir au moins 3,500 charretiers et 2,400 chevaux én très-bon état; ainsi le personnel total de l'artillerie serait de 10,000 hommes. Il y a une autre observation : les quatre régiments d'artillerie à cheval n'embarqueront chacun que 30 chevaux; présentez des mesures pour équiper en conséquence les canonniers à cheval et savoir où seront tenus les chevaux en attendant, et par qui ils seront soignés. Il est temps aussi de connaître combien de bâtiments du tonnelage de 80 tonneaux vous seront nécessaires pour embarquer le gros parc; faites-moi aussi connaître l'état de tous les objets que vous aurez à embarquer, leur poids, leur distribution, soit sur les chaloupes et bateaux canonniers, soit sur les gros bâtiments de transport. Je désire que vous m'apportiez samedi un rapport sur tous ces

objets. BoNAPARTE. Comm. par M. Lefebvre, libraire.

7362.— AU GÉNÉRAL MONCEV, PREMIER INSPECTEUR GÉNÉRAL DE GENDARMERIE. Paris, 16 frimaire an XII (8 décembre 1803). Citoyen Général Moncey, j'ai reçu la Gazelle de Namur, que vous m'avez envoyée. Recommandez à vos officiers de gendarmerie de vous envoyer les gazettes qui paraissent dans les départements où ils se trouvent, lorsqu'elles contiendraient quelques articles contraires à la tranquillité publique. Faites spécialement cette recommandation à

Nantes et à Angers.
BoNAPARTE.
Archives de l'Empire.

7363. — AU CONTRE-AMIRAL DECRÈS,
MINISTRE DE LA MARINE ET DES COLONIES.

Paris, 16 frimaire an XII (8 décembre 1803).

Il y a quatorze prames au Havre, Fécamp et Rouen ; trois sont portées comme ne pouvant être mises à l'eau qu'au 15 ventôse; c'est évidemment trop tard. On pourrait augmenter les moyens d'ouvriers, pour qu'elles soient toutes à l'eau avant le 20 pluviôse, ou bien les suspendre et reverser les ouvriers pour accélérer les onze autres. Je vous renvoie votre correspondance. On offre un bâtiment capable de porter trente chevaux à Saint-Malo, qui sera fort utile. Dans les états du 3° arrondissement, je n'ai point vu qu'il fût question des bateaux de Terre-Neuve. Actuellement que Forfait est à Paris et que nous avons des états sûrs du degré d'avancement de construction des prames, il serait peut-être convenable de prendre des mesures pour en avoir à l'eau, au 15 pluviôse, une vingtaine; cela aurait non-seulement l'avantage de nous porter mille chevaux, mais encore de pouvoir nous servir comme des espèces de batteries flottantes.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7364. — A L'AMIRAL BRUIX, COMMANDANT LA FI,OTTILLE DE BOULOGNE.

Paris, 16 frimaire an XII (8 décembre 1803).

Citoyen Amiral Bruix, j'ai lu avec attention vos observations sur la formation de la division par la réunion de deux sections. Je ne sais s'il y aurait des inconvénients à adopter deux sections par division de chaloupes canonnières, et à former la division de quatre sections pour les bateaux canonniers.

Les Anglais parlent beaucoup; nos côtes leur inspirent partout de la frayeur aujourd'hui, et je ne pense pas qu'ils aient aucun espoir dans un bombardement. Ils tenteront d'attaquer votre flottille en rade, mais la grande quantité de batteries, soit sur terre, soit sur mer, que nous avons à leur opposer, les en feront sans doute repentir.

Il me paraît enfin temps de penser à Étaples. Notre expédition est trop considérable, et nous ne pourrons jamais nous passer de ce port. Le capitaine du port pense que 300 bâtiments peuvent y tenir et en sortir aisément. Faites-moi connaître s'il y a quelques bâti

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