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Je ne doute pas que les malveillants ne profitent du prétexte de la conscription pour agiter ces départements. Le général Lagrange se portera partout où il y aurait du trouble; il se concertera avec les préfets, les maires, les évêques, les curés, les présidents des assemblées cantonales, et enfin tous les hommes marquants et attachés au Gouvernement, afin de parvenir à faire une justice exemplaire des auteurs de ce commencement de brigandage.

Vous lui ordonnerez de correspondre tous les jours avec vous; il sera traité comme le général Gouvion.

En sa qualité de général de gendarmerie, il se portera partout, ne respectera aucune limite de division, ni de département, et suivra lui-même, avec ses colonnes'd'éclaireurs, les brigands partout où ils pourraient se réfugier.

BoNAPARTE. Dépôt de la guerre.

7331. — AU GÉNÉRAL BERTHIER. Paris, 6 frimaire an XII (28 novembre 1803). Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter un rapport sur la dissolution du camp de Bayonne et sur la formation de trois cantonnementS. L'un à Toulon, composé de deux bataillons du 12° d'infanterie légère, formant 1,600 hommes; de deux bataillons du 23° de ligne, formant également l,600 hommes; du bataillon des chasseurs d'Orient, fort de 300 hommes, et d'une compagnie du 4° régiment d'artillerie, de 80 hommes; total, 3,600 hommes, commandés par un général, un adjudant commandant, un chef de bataillon d'artillerie, un capitaine et deux lieutenants du génie et un commissaire des guerres. L'artillerie de ce cantonnement sera composée de trois pièces de 4 et de trois pièces de 8 de campagne, avec armement, harnais et approvisionnement de 200 coups par pièce. Chaque homme aura 100 cartouches : 30 dans la giberne et 70 dans le sac. Le second cantonnement se réunira à Saintes, et sera composé des 3° et 12° régiments d'infanterie légère, des 26°, 70° et 79° de ligne (chacun de ces régiments fournira deux bataillons de 800 hommes chaque), de deux compagnies d'artillerie de 80 hommes chacune, de trois escadrons du 24° de chasseurs et de trois escadrons du 4", commandés par un général de brigade de cavalerie. Ce cantonnement sera commandé par un général de division, deux généraux de brigade, un adjudant commandant, un ordonnateur, deux commissaires des guerres, un chef de bataillon d'artillerie, un capitaine et deux lieutenants du génie. L'artillerie sera composée de huit pièces de 4, de quatre pièces de 8, de quatre pièces de 12 et de quatre obusiers, d'un approvisionnement de 200 coups par pièce, et les chevaux nécessaires pour leur attelage. Le troisième cantonnement se réunira à Brest. Il sera composé des 7° et 16° régiments d'infanterie légère, des 3°, 24°, 37° et 65° de ligne, des 7° et 28° régiments de chasseurs, et du 1" de hussards. L'artillerie sera composée de huit pièces de 4, de six pièces de 8, de six pièces de 12 et de six obusiers, avec un approvisionnement de 300 coups à tirer par pièce, 200 cartouches par homme, et un approvisionnement d'infanterie proportionné. Ce cantonnement sera commandé par un général en chef, deux généraux de division, deux généraux de brigade et un général de cavalerie. Faites-moi un projet sur ces bases avant de rien exécuter.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7332.— AU GÉNÉRAL SOULT, C OMM A N D A N T L E C A M P D E S A IN T - 0 M E R . Paris, 6 frimaire an Xll (28 novembre 1803). J'ai reçu vos dernières lettres.Je vous prie de me faire exactement connaître les travailleurs employés aux travaux du port et du bassin à Ambleteuse et à l'arsenal de l'artillerie de la marine. Les temps, qui sont encore contraires, s'opposent sans doute à la réunion des flottilles qui sont dans tous les ports de la Normandie. C'est une raison de plus pour travailler avec la plus grande activité , à mettre le port de Boulogne à même de pouvoir les contenir sans embarras. Faites-moi connaître tout ce qui aura été fait depuis mon départ de Boulogne jusqu'au 10 frimaire, ce qui fera quatorze jours; si les magasins de la marine sont réunis à la caserne, et quel est le nombre des forgerons et ouvriers de toute espèce arrivés depuis le 20 brumaire jusqu'au 10 frimaire. Le général Dejean m'assure qu'il y a plus de 60,000 bidons à Saint-Omer. Écrivez pour qu'on vous envoie à Boulogne la quantité nécessaire, et faites-les distribuer à la troupe, et vous chargerez la masse de linge et chaussure de leur entretien.

Les Anglais annoncent un nouveau bombardement à Boulogne, dont ils veulent s'approcher davantage. Nous ne pouvons rien désirer de plus heureux.

Faites-moi connaître le nombre de mortiers que vous avez mis en batterie depuis mon départ. On m'avait promis qu'il y aurait de plus quatre mortiers à la Gomer et quatre à plaque.

Faites-moi connaître où en sont les travaux du musoir au 10 friIIlalI'C.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7333. — AU CITOYEN CHAPTAL, MINIsTRE DE L'INTÉRIEUR. Paris, 7 frimaire an XII (29 novembre 1803).

Je désire, Citoyen Ministre, que vous fassiez faire, sur l'air du Chant du départ, un chant pour la descente en Angleterre.

Faites faire également plusieurs chants sur le même sujet, sur différents airs.

Je sais qu'il a été présenté plusieurs comédies de circonstance; il faudrait en faire un choix, pour les faire jouer sur différents théâtres de Paris, et surtout aux camps de Boulogne, Bruges, et autres lieux où est l'armée.

BoNAPARTE.

Comm. par M. Feuillet de Conches.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7334. — AU CITOYEN TALLEVRAND, MINISTRE DES RELATIoNs ExTÉRIEURES. Paris, 7 frimaire an XII (29 novembre 1803). Je vous prie, Citoyen Ministre, de demander un rapport au citoyen Reinhard sur l'emprunt qu'a fait le général Mortier. Je désire être instruit, dans le plus grand détail, s'il se trouve dans ce traité quelques clauses secrètes pour détourner, au profit de particuliers, une portion des fonds demandés en emprunt. Faites connaître au ministre de la République près l'Électeur, ainsi qu'à nos différents ministres en Allemagne, que cet emprunt a été fait pour le compte du Hanovre; qu'il n'en revient rien à la France; qu'il n'a jamais été entendu qu'il fût hypothéqué sur autre chose que sur les biens patrimoniaux du roi d'Angleterre; que, quant à des propositions indiscrètes faites à des bailliages, aucun agent français n'a jamais été autorisé à des démarches de cette nature; que le Gouvernement français n'approuve point la part qu'y ont prise des officiers français, ayant, il est vrai, autorisé cet emprunt, mais pour

le compte du Hanovre. Je vous prie de m'apporter ce soir toutes les pièces que vous

auriez, qui regarderaient directement ou indirectement cet emprunt.

BONAPARTE. Archives des affaires étrangères.

(En minute aux Arch. de l'Empire.)

7335. — NOTE POUR LE MINISTRE DES RELATIONs ExTÉRIEURES. Paris, 7 frimaire an XII (29 novembre 1803). Le Citoyen Talleyrand est chargé d'adresser au ministre de la République batave à Paris la note ci-après. « Le soussigné est chargé de demander à M. Schimmelpenninck des renseignements sur les deux expéditions que, par le traité conclu entre les deux républiques, le Gouvernement batave s'est chargé d'organiser à Flessingue et au Texel, l'une par l'article 3 dudit traité, devant consister en cinq vaisseaux, cinq frégates et bâtiments de transport, capables de porter 25,000 hommes et 2,500 chevaux ; l'autre, en 100 chaloupes canonnières et 250 bateaux canonniers, de manière que cette seconde expédition pût porter 36,000 hommes, avec des équipages d'artillerie, des munitions et l,500 chevaux. » Le Premier Consul a chargé le contre-amiral Ver Huell de commander cette seconde expédition, et de lui donner des renseignements sur la situation des choses. » Il désire avoir des renseignements positifs sur ce qu'il peut espérer, car le terme approche, et le Premier Consul a calculé, dans ses projets, sur l'exécution de ladite convention. »

Archives des affaires étrangères. ( En minute aux Arch. de l'Emp.)

7336. — AU GÉNÉRAL BERTHIER, MINIsTRE DE LA GUERRE. Paris, 7 frimaire an XII (29 novembre 1803).

Le Général Mortier, Citoyen Ministre, a fait un emprunt dans les villes hanséatiques : cet emprunt s'est mal fait. Il n'était pas de la dignité française d'envoyer un général faire cet emprunt; c'est avilir le caractère d'un général. Si on voulait le faire ouvertement, il fallait y envoyer un officier d'un grade inférieur, accompagné d'un agent de la trésorerie; mais, ce qui valait beaucoup mieux, cet emprunt devait se faire par les États, et en leur nom, et le général Mortier n'y intervenir ostensiblement que pour le garantir.

On a eu bien plus grand tort encore de faire un emprunt auprès de l'Électeur et de proposer des bailliages en garantie. On n'a jamais pu être autorisé à faire une pareille démarche, qui a alarmé toute l'Europe et que le Gouvernement a été obligé de désavouer.

Je ne sais à quel point les rapports qui m'ont été faits sont vrais; mais on m'a dit qu'il y a un banquier de Paris mêlé dans cet emprunt; ce qui serait inconcevable. Le trésor public et ses agents peuvent seuls intervenir dans les affaires d'argent. Vous demanderez, par le retour du courrier, au général Berthier" des renseignements sur cet emprunt, sur la manière dont les fonds sont versés, et les pièces originales; pour qu'il soit . . .. .* au ministère des relations extérieures. Ordonnez aussi que, s'il y avait des fonds réservés, ils soient versés dans la caisse du payeur.

Envoyez-moi sur-le-champ les pièces qui tendraient à donner des lumières directes ou indirectes sur cet emprunt, et que vous auriez reçues.

BoNAPARTE. Dépôt de la guerre.

7337. — AU GÉNÉRAL BERTHIER.

Paris, 7 frimaire an XII (29 novembre 1803). Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre qu'une pièce de 4, une pièce de 8 et un obusier soient envoyés à Compiègne, avec une demi-compagnie du 1" régiment d'artillerie. Elles seront destitinées à apprendre l'exercice du canon à des détachements de dragons de la division du général Baraguey d'Hilliers.

BoNAPARTE. Dépôt de la guerre.

7338. — AU CONTRE-AMIRAL VER HUELL.
Paris, 7 frimaire an XII (29 novembre 1803).

Monsieur le Contre-Amiral Ver Huell, je reçois votre courrier du 4 frimaire, et je vous expédie sur-le-champ mes réponses. Je vous prie d'observer au gouvernement batave que ce qui est relatif aux écuries n'est pas exact, parce que la convention dit qu'on doit fournir l,500 chevaux, et vous exprimez que je n'en demande que I,000.

* Léopold Berthier, chef d'état-major du général Mortier. * Lacune dans l'original.

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