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il n'y a à Bruges ni arsenal ni ouvriers. Ces pièces de 36 ne pourront donc servir à rien. J'ai ordonné qu'on plaçât trois pièces de 36 sur l'angle de 45 degrés : l'ouvrier qui devait les arranger n'était pas encore arrivé. Les mortiers qu'on envoie de Strasbourg à Ostende ne contiennent que vingt et une livres de poudre : on les dit de la plus mauvaise qualité. L'artillerie n'a à Ostende ni lances à feu, ni fusées à bombes, ni fusées à obus, enfin rien de ce qui est nécessaire. Huit mortiers à la Gomer ont été envoyés à Ostende. On leur a donné des crapauds qui ne leur conviennent pas, beaucoup trop légers, ce qui les empêche de servir. Donnez ordre sur-le-champ que les officiers d'artillerie partent; que le premier inspecteur d'artillerie se rende à l'arsenal de l'armée et sur les côtes depuis la Somme jusqu'à l'Escaut, et prenne des mesures pour pourvoir à tout. Je ne reçois d'état de situation ni du personnel, ni du matériel, ni de l'attelage de cette armée, de manière que je ne puis rien diriger ; il me semble que j'avais ordonné qu'il y eût à Ostende vingt-quatre pièces de canon attelées. Faites-moi connaître pourquoi cet ordre n'a pas été exécuté. Je ne puis trop vous répéter qu'il devient très-essentiel de placer trois pièces de canon pouvant tirer sur tout angle, même de 45 degrés, au Havre, à Cherbourg. Ces points sont journellement attaqués par des bâtiments qui se mettent à la portée du canon.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7139. — AU GÉNÉRAL DAVOUT, coMMANDANT LE CAMP DE BRUGEs. Paris, 5 vendémiaire an XII (28 septembre 1803).

Citoyen Général Davout, j'ai reçu vos dernières lettres. On m'assure que vous avez mis une demi-brigade dans l'île de Cadzand. Si cela est, je désire que vous la retiriez, car ces troupes tomberont malades. Si les Anglais tentaient une attaque sur l'île de Walcheren, vous seriez à temps de venir à son secours. Je vous recommande par-dessus tout la santé des troupes. Si on les place dans des lieux malsains, l'armée se fondra et se réduira à rien, C'est là la première de toutes les considérations militaires. Vous voyez ce que nous coûte la malheureuse situation de l'île de Walcheren ; mais, comme c'est une île, cette considération m'a obligé à y mettre beaucoup de

troupes ; et il est douteux si, en donnant cet ordre, je n'ai pas fait une faute, car vous voyez qu'elles sont toutes malades.

BoNAPARTE.
Comm. par M"° la maréchale princesse d'Eckmühl.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7140. AU CITOYEN MELZI, vICE-PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE.

Paris, 6 vendémiaire an XII (29 septembre 1803).

Citoyen Melzi, j'ai reçu votre lettre du 20 septembre. Vous trouverez ci-joint celle que vous désirez que j'écrive à Trivulzi. J'approuve que vous employiez Teulié dans le corps d'armée que vous envoyez au camp de Saint-Omer. Le général Pino paraît désirer qu'on y joigne la seconde demi-brigade. Je vous laisse là-dessus le maître de faire ce que vous jugerez à propos. Je vous ai dit la raison qui me porte à désirer d'avoir un corps italien au camp de Saint-Omer. Vous sentez facilement que ce n'est pas pour avoir 5 ou 6,000 hommes de plus ; mais j'y suis porté par deux principaux motifs : le premier est que l'Angleterre apprendra à connaître l'existence de la République ; le second est de donner de l'orgueil et la fierté militaire à la jeunesse italienne, ce qui lui manque seulement pour battre un égal nombre d'Autrichiens. Je ne désire pas que ce corps soit très-bien armé.Je préfère que les bonnes armes restent en Italie.Je les ferai, au camp, armer à neuf. Ainsi, pourvu qu'ils aient l'apparence d'être armés, cela me suffit ; il faut, au contraire, qu'ils soient parfaitement équipés.

Vous recevrez une lettre pour la Consulte. Elle sentira qu'au milieu des grandes occupations que j'ai dans ce moment, j'ai pu tarder à lui témoigner combien j'apprécie la preuve qu'elle me donne de ses sentiments.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

714 I. - AU COM'TE DE RUMFORD, Asso CIÉ ÉTRANGER DE L'INsTITUT NATIONAL.

Paris, 6 vendémiaire an XII (29 septembre 1803).

J'ai reçu votre mémoire du 15 septembre ; je l'ai lu avec attention. Les aspérités des corps non polis sont des montagnes par rapport aux molécules extrêmement ténues du calorique. Leur surface totale étant de beaucoup plus grande que celle du même corps poli, et l'étendue de la surface servant de mesure pour le nombre des issues ou des accès du calorique, il s'ensuit que ce nombre doit être plus grand, et que, par conséquent, les changements de température doivent être plus rapides pour un corps non poli que pour un corps qui l'est. Voilà les idées que je m'étais faites et que votre mémoire m'a confirmées. C'est par un grand nombre d'expériences faites avec précision, en vue d'arriver à la vérité, et avec le talent que vous mettez à celles que vous faites, qu'on avance peu à peu et qu'on arrive à des théories simples et utiles à tous les états de la vie. Croyez, je vous prie, au désir que j'ai de vous donner, dans toutes les circonstances, des preuves de l'estime particulière que je fais de votre personne.

BONAPARTE. Archives de l'Empire.

7142. — AU CITOYEN REGNIER, GRAND JUGE, MINIsTRE DE LA JUsT 1C E.

Paris, 7 vendémiaire an XII (30 septembre 1803).

Je crois, Citoyen Ministre, qu'il est convenable que d'Avaray ne reste pas à Paris. Faites-le arrêter, de manière à pouvoir saisir ses papiers, et, si l'on n'y trouve rien (parce que cet homme doit être sur le qui-vive), vous l'enverrez à soixante lieues de Paris, dans une petite ville où il soit en surveillance.

Envoyez un homme adroit à Besançon pour se lier avec Courvoisier, pour connaître ses liaisons et tâcher de découvrir comment on pourrait saisir sa correspondance avec les ennemis de l'État.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7143.— AU GÉNÉRAL BERTHIER, MINIsTRE DE LA GUERRE.

Paris, 7 vendémiaire an XII (30 septembre 1803).

Tous les chevaux du train d'artillerie français qui avaient servi à l'expédition de Hollande doivent être revenus à Deventer. Donnez ordre que ces chevaux soient renvoyés à Douai. La Hollande n'en a pas besoin d'un si grand nombre.

Il me paraît important de donner au général Bertrand toute la direction des ouvrages à Boulogne, et de donner l'argent qui sera nécessaire, afin de lever tous les obstacles.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7144. — AU GÉNÉRAL SOULT, C O M MA N D ANT L E C A M P D E S A IN T - O M E R. Paris, 7 vendémiaire an XII (30 septembre 1803). Citoyen Général Soult, je reçois vos lettres des 4, 5 et 6 vendémiaire. J'ai lu avec le plus vif intérêt les détails des deux petits engagements qui ont eu lieu. J'espère que vous allez bientôt recevoir les divisions du Havre, Saint-Malo, Granville et Brest, qui sont en mouvement. On m'assure que les vivres qui sont sur la flottille sont mauvais, et que les biscuits que fait faire la guerre sont mauvais. Faites vérifier ces faits. Nous aurons assez de l'intempérie et d'autres inconvénients à combattre, sans celui de la mauvaise nourriture. L'argent ne manquera point. Faites-moi connaître si on a touché les 160,000 francs demandés. Les 50,000 francs que vous demandez seront également payés. Toutes les mesures seront donc prises pour que rien ne retarde les opérations. Vous devez faire camper la 46° dans sa division, et vous ferez fournir des garnisons indistinctement et par piquet. J'imagine que vous n'allez pas tarder à recevoir aussi la 36°. La 4° de ligne doit, à l'heure qu'il est, être arrivée. Tout est en marche pour Saint-Omer et pour compléter vos divisions. Il faut actuellement, s'il n'y a pas d'inconvénient très-majeur, que les bateaux sortent tous les jours avec leur garnison et apprennent à nager et à faire l'exercice du canon. Vous devez avoir à Boulogne huit divisions et plusieurs compagnies des 5° et 1" régiments d'artillerie. Toutes les fois que vous ferez sortir les bateaux, mettez-y un bon pointeur et un autre canonnier. Vous devez avoir l,000 canonniers de terre à Boulogne.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7145. — ARRÊTÉ.
Paris, 8 vendémiaire an XII (1°r octobre 1803).

ARTICLE 1". — Il sera élevé à Paris, au centre de la place Vendôme, une colonne à l'instar de celle érigée à Rome en l'honneur de Trajan.

ART. 2. — Cette colonne aura 2 mètres 73 centimètres de diamètre sur 20 mètres 78 centimètres de hauteur. Son fût sera orné, dans son contour ou spirale, de 108 figures allégoriques en bronze, ayant chacune 97 centimètres de proportion, et représentant les départements de la République.

ART. 3. — La colonne sera surmontée d'un piédestal terminé en

demi-cercle, orné de feuilles d'olivier et supportant la statue pédestre de Charlemagne.

ART. 4. — Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté.

BoNAPARTE.
Extrait du Moniteur.
(En minute aux Arch. de l'Emp.)

7146. — ARRÉTÉ.
Paris, 8 vendémiaire an XII (1er octobre 1803).

ARTICLE 1". — Une écharpe d'honneur sera décernée au citoyen Letourneur, maire de Granville, pour la bonne conduite qu'il a tenue pendant le bombardement.

ART. 2. — Les citoyens Boissel-Dubuisson et Maillard, tous deux adjoints du maire, dont le premier s'est retiré à la campagne et le second a offert sa démission pendant que l'ennemi était encore en présence, sont destitués, des lâches ne pouvant rester à la tête d'une commune telle que Granville.

ART. 3. — Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté.

BoNAPARTE. Archives de l'Empire.

7147. — ARRÊTÉ. Paris, 8 vendémiaire an XII (1°r octobre 1803). ARTICLE 1". — Il sera fait, dans les domaines publics du duché de Parme, une réserve d'une valeur de deux millions de francs, pour être répartie entre les militaires et les autres personnes qui, ayant souffert dans leur fortune par l'effet des lois portées pendant la révolution, seront jugés susceptibles de participer à ces indemnités.

ART. 2. — Le montant de cette réserve sera mis à la disposition du ministère des finances. ART. 3. — Il sera envoyé dans le duché de Parme un adminis

trateur de l'enregistrement et des domaines, lequel procédera, d'ici au 1" frimaire, à la formation de cette réserve, ainsi qu'à l'estimation de chacun des biens qui y seront compris. ART. 4. — La valeur en capital de chaque domaine se composera de vingt années du produit annuel, d'après les baux s'il en existe, ou d'après l'estimation qui en sera faite par experts, à défaut de baux existants. ART. 5. Les personnes qui, en vertu du présent arrêté, auront

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