Abbildungen der Seite
PDF

diatement avec la 4". d'infanterie légère et la 19°. de bataille, pour se diriger au nord de la Sardaigne, vers les îles de la Magdelaine, où il devait recevoir, de l'amiral Brueys, de nouveaux ordres et un officier pour diriger tous ses mouV6IllGInS, ' . :: , * . - -- " . Le 21 floréal, il annonça à Desaix son départ, qui devait avoir lieu dès l'arrivée de la division Reynier de Marseille ; qu'il partirait sur-le-champ pour aller à la rencontre de Barraguay-d'Hilliers ; qu'il passerait ensuite entre l'île d'Elbe et la Corse, faisant route vers la Sicile et la Sardaigne ; qu'il l'enverrait avertir par un aviso de venir le rejoindre. , - - - - , Le même jour, il prit quelques mesures administratives pour assurer le paiement du traitement des officiers. Il donna ordre au commandant d'armes, à Toulon, de ne laisser sortir du port aucun bâtiment, à dater de ce jour même jusqu'au dixième jour après le départ de l'escadre " ; au général Dugua de faire mettre l'embargo sur tous les bâtimens du port de Marseille, jusqu'au cinquième jour après le départ de l'expédition ; de faire ramasser à Marseille , à la petite pointe du soir, tous les matelots qui pourraient s'y trouver, et de les envoyer à Toulon. · · -Il publia un ordre du jour pour ordonner aux officiers et soldats de la 2°. et 4°. d'infanterie légère ; 9°., 18°. , 25"., 32°., 75°., 85°. de ligne ; 3°., 15°., 18°. de dragons, et 22°. de chasseurs ,

[ocr errors]

qui étaient en permission, congé, convalescens ou absens de leurs corps, pour quelque raison que ce fût, de se rendre le plutôt possible à Toulon, où ils trouveraient des bâtimens et des ordres pour rejoindre leurs corps. .. " Il y invitait les autorités civiles à faire publier et signifier cet ordre à ceux qu'il concernait, afin que, s'ils ne participaient pas aux dangers et à la gloire qu'acquerraient leurs camarades, l'ignominie qui leur reviendrait fût sans excuse. L'ordre se terminait ainsi : « Ceux desdits officiers et soldats qui, après la notification, ne rejoindraient pas, n'ayant pas contribué à nos victoires, ne peuvent être considérés comme faisant partie de ces braves auxquels l'Italie doit sa liberté, la France la paix, et la république sa gloire. » - - , - ' · Le 23, Bonaparte ordonna , par un arrêté , l'armement de deux vaisseaux vénitiens et deux vieilles frégates pour embarquer les soldats qui seraient rendus le 2o prairial au dépôt, et qu'il évaluait à mille ; d'armer douze avisos bon voiliers, portant au moins une pièce de huit, et commandés par de bons officiers pour servir de communication à l'expédition, et partir au moins deux par décade ; d'embarquer sur les bâtimens frêtés à Marseille, le reste de l'artillèrie, les habillemens, le vin et les soldats qui pourraient rejoindre ; de faire escorter ce convoi par la frégate la Badine; de faire partir deux avisos qu'il laissait, savoir : le premier, quarante-huit heures après l'escadre , pour porter le courrier

de l'armée, les officiers ou savans en retard ; le second, soixante-douze heures après le premier, escortant un bâtiment portant soixante guides , s'ils étaient arrivés. Dans ces actes, Bonaparte prenait le titre de général en chef de l'armée d'Angleterre. Il fit diverses promotions dans la marine. Il témoigna sa satisfaction aux administrateurs et employés des ports , du zèle qu'ils avaient mis à l'armement de l'escadre. On avait fait dans deux mois des choses prodigieuses. | Le 24, il prit des mesures pour qu'en l'absence de l'armée la garde nationale de Toulon fît provisoirement le service de la place. « Dans tous les cas , disait-il à l'administration municipale , la république ne doit avoir aucune sollicitude, les habitans de Toulon ayant toujours donné des preuves de leur attachement à la liberté. » Il invita l'administration du département du Var, qui lui avait envoyé une députation, à pren- . dre des mesures pour réorganiser le service des postes dans le département , afin que les courriers portant des ordres, pussent aller à Paris et en revenir facilement. Il fit encore rentrer au service et embarquer tous ceux des maîtres d'équipages, contre-maîtres, matelots, novices, ouvriers de l'arsenal , qui avaient été mis en surveillance par ordre du gouvernement. Le 25, Bonaparte alla à bord du vaisseau l'Orient. Le pavillon amiral y fut arboré et salué par

toute la flotte. Les vaisseaux étaient tout pavoisés, et l'air retentit des cris de vive la République l vive Bonaparte !

· Il fut alors frappé de la nouvelle que des exécutions sanglantes avaient eu lieu dans la 8°. division militaire ; il semblait que rien de ce qui se passait dans le rayon qu'il pouvait embrasser ne dut lui être étranger ; il écrivit aux commissions militaire de la 8°. division cette lettre, dictée par un sentiment d'humanité, mais remarquable par sa vigueur et surtout par son ton impératif. « J'ai appris, citoyens, avec la plus vive douleur, que des vieillards âgés de 7o à 8o ans avaient été fusillés comme prévenus d'émigration. La loi du 19 fructidor a été une mesure de salut public. Son intention n'a pas été d'atteindre de misérables femmes et des vieillards caducs.

Je vous exhorte donc, toutes les fois que la loi

résentera à votre tribunal des vieillards de plus

de 6o ans, de déclarer qu'au milieu des combats vous les avez respectés. -

Le militaire qui signe une sentence de mort contre une personne incapable de porter les ararmes, est un lâche. »

Deux arrêtés de Bonaparte , du 29 floréal , avaient pour objet de rallier à l'escadre les marins qui voulaient se soustraire à l'embarquement, et de réprimer les délits commis à bord de l'armée navale. Le premier de ces actes, après avoir réglé la diminution de salaire et la rétrogradation dans les fonctions de l'armée navale , eomme punition du retard à s'embarquer , se terminait par ce bel article : « Art. x. Dans le temps que l'armée navale de la république, de concert avec l'armée de terre, se prépare à relever la gloire de la marine française , les marins dans le cas de servir et qui restent chez eux, méritent d'être traités sans aucun ménagement. Avant de sévir contre eux, le général en chef leur ordonne de se rendre à bord de la deuxième flottille qui est en armement. Ceux qui, quinze jours après la publication du présent ordre, ne se seront pas fait inscrire pour faire partie dudit armement , seront regardés comme des lâches. En conséquence, l'ordonnateur de la marine leur fera signifier individuellement l'ordre de se rendre au port de Toulon, et si, cinq jours après, ils n'ont point comparu, ils seront traités comme déserteurs. L'ordonnateur de la marine tiendra la main à l'exécution du présent réglement. » Le second de ces actes introduisait des innovations dans l'administration de la justice militaire. C'était encore une de ces révolutions spéciales dans l'organisation des armées mises sous son commandement, par lesquelles Bonaparte semblait essayer ses forces et préluder à l'exercice du pouvoir suprême ". Le 3o floréal, le général en chef adressa cette proclamation à l'armée :

« Soldats! vous êtes une des ailes de l'armée

' Voyez pièces justificatives, n°. II.

« ZurückWeiter »