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Importance de l'Égypte-Divers projets de conquête.-Expédition des Français commandée par Bonaparte.—Préparatifs.— Départ. - - - - -

Par sa situation, sa richesse, sa célébrité, l'Égypte est une des contrées de la terre les plus importantes. L'histoire du monde est gravée sur ses monumens; le torrent des siècles ne l'a point effacée. Le Nil féconde son sol, et lie par le commerce l'Europe, l'Afrique et l'Asie. Elle a donc toujours été , dans l'antiquité comme dans les temps modernes, convoitée par les conquérans. Des peuples civilisés ou barbares se sont disputés sa possession, et y ont laissé des traces de leurs créations ou de leurs ravages.

Lorsque le mouvement religieux qui, au moyen âge, précipitait vers l'Orient les nations occiden

tales, se fût rallenti, l'Égypte ne cessa point d'exToME I. GUERRE D'ÉGYPTE. I

citer l ambition des puissances de l'Europe, et la politique continua l'oeuvre que la ferveur chrétienne avait commencée. Durant les quinzième et seizième siècles l'Espagne, l'Angleterre et la république de Venise, tentèrent'à diverses reprises de fonder leur influence dans ce pays , soit à main armée, soit par la voie des traités. Dans le cours du dix-septième, Leibnitz jugea digne de ses méditations et des yues élevées de Louis XIV, un plan d'invasion et de colonisation de l' Égypte, projet le plus grand, suivant lui, de ceux qui peuvent étre entrepris, et le plus facile de tous les grands projets. Cent ans plus tard le duc de Choiseul, prévoyant la prochaine émancipation des colonies anglo-américaines, et craignant que cette révolution n'entraînât la perte des établissemens français, chercha à préparer, par des négociations, la cession de l'Égypte comme un dédommagement pour la France. Enfin, à l'époque où Joseph II et l'impératrice Catherine menaçaient de se partager la Turquie, plusieurs mémoires furent présentés à Louis XVI, sur les moyens de soumettre et de coloniser l'Égypte; en 1781, M. le maréchal de Castries, ministre de la marine, en reçut un, fort détaillé, des mains d'un consul français qui avait résidé plusieurs années dans ce pays : un autre mémoire sur ce même sujet lui fut remis par le baron de Tott; dans tous ces mémoires la conquête de l'Égypte était envisagée comme un moyen de ruiner les vastes établissemens de l'Angleterre dans l'Inde, et par là, de mettre la France en possession de tout le commerce de l'Orient. Il · GUERRE D'ÉGYPTE. — cHAP. I. 3 était réservé à l'homme le plus étonnant de notre siècle de tenter cette grande entreprise. "Sous le gouvernement des beys, les négocians français furent, beaucoup plus que ceux des au

tres nations, exposés à des avanies dont les évé

nemens de la révolution avaient fourni le prétexte, mais dont les véritables causes étaient l'influence de l'Angleterre et de la Russie. Enfin le Directoire victorieux était parvenu en 1795 à faire recevoir Verninac envoyé extraordinaire près la Porte-Ottomane. Pendant qu'il était à Constantinople, le consul général Magallon, residant au Kaire, reçut de lui l'ordre de descendre à'Alexandrie, et d'inviter les négocians français à l'y suivre. Ils y , restèrent environ huit mois, jusqu'en 1796, où Verninac envoya Dubois Tainville en Egypte. Cet agent diplomatique avait été chargé de stipuler de nouveau avec les beys les intérêts du commerce, · et de rappeler la stricte exécution des capitulations. Il obtint la promesse du remboursement des créances auxquelles les négocians avaient droit, celle du redressement des autres griefs, et d'une entière liberté pour l'avenir; mais, après son départ, ces promesses furent oubliées, les choses reprirent leur cours accoutumé, les vexations recommencèrent, et Magallon reçut de nouveau l'ordre de retourner à Alexandrie, d'où il fut définitivement obligé de partir pour revenir en France. | . De tous les Français qui avaient visité l'Égypte, nul ne connaissait mieux que Magallon l'état po

litique et topographique du pays et les ressources

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4 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE. du gouvernement; vingt années de résidence au Kaire, soit comme négociant, soit comme agent diplomatique, et la considération personnelle dont il jouissait auprès des beys, l'avaient mis à même de fournir sur tous les points des renseignemens positifs. Déjà, dans les années qui précédèrent la révolution, il avait été employé utilement à une négociation importante. Il s'agissait d'ouvrir en faveur de la France une navigation commerciale libre, entre la Méditerranée et la Mer-Rouge, par l'isthme de Suez, puis entre la Mer-Rouge et les Indes Orientales. Magallon avait obtenu ce que la France demandait; mais ce traité avantageux avait été annulé par la mauvaise foi des beys et des chefs arabes, par la rivalité du gouvernement anglais , et plus encore par la faveur marquée que M. de Calonne accordait à la compagnie des Indes dont il était le fondateur. A son retour à Paris, Magallon renouvela l'idée d'une conquête dont il développa l'extrême facilité et les grands avantages dans un mémoire qui contenait les passages suivans : . « La récolte se fait en Egypte en mars et avril; tout est récolté et enfermé en mai. Les vents étésiens soufflant constamment du nord au sud, depuis mai jusqu'au soltice d'été, produisent deux effets : le premfer, de rafraîchir et de purifier l'atmosphère du Delta et de la haute Égypte; le second, de porter et d'accumuler toutes les vapeurs vers le midi de cette région, et de les réunir au cœur de l'Éthiopie, aux sources mêmes du Nil. Les pluies abondantes

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