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les revenus ordinaires produisirent la somme de. . .. . . . . . . . . . . . 38,o53,o49 fr.

Les ressources extraordinaires. 2 1,279,22

Total. . . 59,332,276 Ce qui fait par an environ. . . 2o,ooo,ooo , Le gouvernement des beys coûtait aux Égyptiens, suivant les uns, le double de cette somme, suivant l'opinion la plus modérée , 3o millions. Leur administration était arbitraire et vexatoire. On n'employait rien ou presque rien au bien du pays, tandis que les Français étaient animés du plus grand zèle pour améliorer le sort du peuple, et pour créer, avec ses contributions, des sources fécondes de prospérité publique.

CHAPITRE V II.

Soumission des provinces de la Basse-Égypte.— Vial occupe Mansourah et Damiette. — Fugières part de Menouf pour Mehalleh-Kébir. — Combat de Remerieh.—Marche de Dugua sur Mansourah.—Fugières occupe Mehalleh-Kébir.—Zayonschek remplacé par Lanusse.-Situation de Reynier dans le Charqyeh.—Village d'Alqam brûlé.—Soulèvement des Arabes dans les provinces de Mansourah et de Damiette.—Combat de Choarah.—Mission d'Andréossy sur le lac Menzaleh.—Ad· ministration de Kléber dans les provinces d'Alexandrie et de Bahyreh.—Administration de Menou à Rosette-Révolte du | Kaire.

On a vu qu'après son entrée au Kaire, Bonaparte avait envoyé dans les provinces de la BasseÉgypte des généraux et des agens administratifs. Les généraux devaient prendre possession du pays, vaincre les résistances , se fortifier et protéger l'administration.

Animés par un sentiment inhérent à tout peuple dont l'étranger veut faire la conquête, fanatisé par la différence de moeurs et de religion qui leur rendait odieux le joug des chrétiens , irrités par l'exigeance d'une armée qui, obligée de vivre dans le pays, surtout dans les premiers momens, enlevait de force les contributions en argent et en nature, les habitans, au fond, d'un bon naturel, loin de recevoir à bras ouverts les Français , se soulevèrent sur beaucoup de points, pour les empêcher d'établir leur domination. C'étaient surtout les Arabes qui , par leur exemple et leurs menaces, excitaient les soulèvemens. Occupés ordinairement à se défendre de leur pillage, les habitans se réunissaient alors contre l'ennemi commun à ces hordes errantes avec lesquelles ils avaient des points de contact sous le rapport des mœurs, de la religion et de la barbarie.

· Les commandans des provinces eurent donc d'abord à combattre un grand nombre d'obstacles, les hommes, la faim et le sol même sur lequel les communications furent entravées par l'inondation · du Nil. N'ayant que des poignées de troupes à opposer à de nombreuses peuplades, ils en triomphèrent cependant par leur courage, la patience et l'intrépidité du soldat, et par la rectitude et l'énergie que le général en chef sut imprimer à leurs mouvemens.

Le général Vial alla prendre possession des provinces de Mansourah et de Damiette. Il arriva , le 17thermidor, dans la ville de Mansourah, nomma un divan, y laissa l'intendant cophte, l'agent français , 6o dragons, une compagnie d'infanterie, et partit le 18 pour Damiette.

Il indiquait au général en chef la ville de MitGamar sur le Nil, dans la province de Mansourah, comme un point favorable pour établir, s'il était nécessaire, un poste militaire à moitié chemin de Damiette au Kaire, en rasant quelques misérables maisons , et en élevant sur une vieille maçonnerie qui s'y trouvait, une batterie fermée dont

le feu pût prendre le prolongement du haut et du bas Nil. · ' Il envoya le plan des environs de Damiette, et pensait qu'avec 1,2oo hommes et une dépense de cent louis, on pouvait rendre la presqu'île inabordable entre le village d'Adly et le lac de Menzaleh ou de Tennys. · Il trouva la bouche de Damiette défendue par . deux vieilles tours, l'une sur la rive gauche, dans les sables , et l'autre sur la rive droite, isolée au milieu des eaux de la mer , mais en mauvais état et mal armées. Vial fit réparer la tour de la rive . gauche, et établir une batterie sur la rive droite ". Il trouva à Damiette le gouverneur de la ville et le commandant en second, tous deux Mamlouks , et leur permit de rester en leur retirant seulement leurs armes. Ces deux hommes lui étaient utiles; le gouverneur était en même temps douanier, et le commandant donnait ses soins aux besoins de la troupe. Il y avait sur le chantier un fort beau chebek en construction pour Mourad-Bey. Il y restait peu de chose à faire. On avait en magasin le bois nécessaire à sa mâture et les cordages pour ses agrès. On trouva dans la rade un chebek portant douze canons de petit calibre; Vial s'en empara ; mais ayant appris qu'il appartenait à DjezzarPacha, et craignant que les habitans du pays ne conclussent de cette démarche que les Français étaient en guerre avec lui , Vial le fit restituer

" Lettre à Bonaparte, du 25 thermidor.
ToME I. — GUERRE D'ÉGYPTE. - · 23

au capitaine, ce qui produisit un bon effet sur les negocians. Il entama des négociations avec des chefs d'Arabes , l'un du village de Choarah , situé sur l'isthme formé par le Nil et le lac Menzaleh ; l'autre le fameux Hassan-Thoubar ". Cet homme dirigeait tous les mouvemens insurrectionnels dans cette contrée ; il était cheyk de Menzaleh, un des plus riches propriétaires de l'Egypte, et peut-être le seul qui eût osé accumuler des biens-fonds aussi considérables. Il comptait dans sa famille cinq ou six générations de cheyks. Fondée sur ses richesses, son crédit , sa nombreuse parenté, la grande quantité de salariés qui dépendaient de lui , l'appui des Arabes auxquels ils donnait des terres à cultiver, et dont il comblait les chefs de présens, l'autorité d'Hassan-Thoubar était immense. Il régnait sur le lac Menzaleh, dont il avait la pêche moyennant une redevance qu'il payait aux beys. Il en était respecté, et il avait bravé la jalousie et la puissance de Mourad. Depuis l'arrivée des Français, il avait envoyé à Damas ses richesses , sa femme , sa famille , et déclaré qu'il s'opposerait à leur établissement dans son canton, et que s'il ne pouvait l'empêcher, il se réfugierait aussi à Damas. Les Arabes attaquèrent, à Mansourah, un avantposte; tandis qu'il se repliait, un dragon fut tué d'un coup de pierre jeté par une fenêtre. Le divan se conduisit fort bien ; on n'eut pas à se plaindre

" Lettre de Vial à Bonaparte, du 24 thermidor

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