Abbildungen der Seite
PDF

dussé-je remonter le Tibre avec l'escadre pour vous prendre »*. - L'imprimerie nationale de la République était aussi appelée à fournir son contingent à l'expédition. Bonaparte demanda tous les caractères

arabes et grecs qui y existaient, excepté les ma- .

trices , et des caractères français pour trois presses. Dubois-Laverne, directeur de l'imprimerie, et le citoyen Langlès, montrèrent beaucoup de mauvaise volonté. Bonaparte s'en plaignit au ministre de l'intérieur, et le pria de donner des ordres pour que ces caractères fussent emballés et que Langlés les suivît, la République ayant le droit de l'exiger puisqu'elle avait fait son éducation et qu'elle l'entretenait depuis long-temps. Quant aux caractères grecs, « il y en a, écrivait-il, puisque l'on imprime en ce moment Xénophon; et ce n'est pas un grand mal que le Xénophon soit retardé de trois mois, pendant lesquels on fera d'autres caractères, les matrices restant * ».

Dubois-Laverne et Langlès ne partirent point.

Le premier fut remplacé dans l'expédition par Marcel, nommé directeur de l'imprimerie nationale, après la mort de Dubois-Laverne.

- Barraguay-d'Hilliers eut l'ordre d'embarquer à Gênes les ingénieurs géographes et des ponts et chaussées attachés à l'armée d'Italie. Ce fut un re

" Lettres des 15 et 16 germinal.
* Lettre du 6 germinal. -

[ocr errors]

crutement important pour l'institut du Kaire, les travaux et les recherches scientifiques. | Ce fut seulement à la fin de germinal que 4o savans, artistes, ingénieurs, ouvriers, surent enfin que leur destination était, non pas l'Égypte, mais Rome, et qu'ils allaient se rendre à Toulon. Berthier, chef de l'état-major de l'armée d'Angleterre, leur délivra des passeports.Toutes les précautions furent prises pour que rien ne les arrêtât dans leur route, et qu'ils fussent, à leur arrivée à Toulon et à Marseille, reçus et logés convenablement. Bonaparte avait fixé le départ de l'expédition vers le 1". floréal. Il se disposait donc à partir bientôt pour Toulon; mais au moment de quitter la France, sa pensée se reporta vers cette descente en Angleterre qu'on a mal à propos traitée de projet imaginaire, et au commandement de laquelle il avait été réellement destiné. Il remit au Directoire, le 24 germinal (13 avril), une note renfermant des conseils sur les mesures à prendre pour exécuter l'hiver suivant cette descente dont le général regardait alors le succès comme presque certain; il pensait même que cette grande entreprise serait facilitée par l'expédition d'Égypte, dont le résultat devait être de diviser les forces de l'Angleterre, et de l'obliger à un effort immense qui l'épuiserait ". | Quoique le Directoire eût donné à Bonaparte

" Voyez pièces justificatives, n°. 1°". Nous aurons occasion , dans le cours de la campagne, de rappeler cette note. #

le commandement de l'armée d'Égypte, et l'eût chargé d'ordonner tous les préparatifs de l'expédition, il ne reçut que le 23germinal(12)l'arrêté en date de ce jour qui lui conférait ce commandement, et le pouvoir d'embarquer avec lui telle portion des troupes de terre et de mer alors stationnées dans les 8°. et 23°. divisions militaires qu'il jugerait convenable ; et qui l'autorisait à donner , dans le cours de l'expédition, de l'avancement aux militaires qui lui en paraîtraient dignes par leur zèle, leurs talens et leurs services. Dans le principe on avait compté pour l'expédition, et surtout pour l'armement de Toulon, sur l'escadre du contre-amiral Brueys, composée de six vaisseaux et six frégates françaises , cinq vaisseaux et trois frégates vénitiennes, et deux cutters pris aux Anglais. Mais craignant que Brueys, qui était à Corfou, ne fût pas arrivé à temps à Toulon, Bonaparte était plutôt résolu à s'en passer qu'à retarder, pour l'attendre, le départ de l'expédition. Les six vaisseaux de guerre qui étaient en rade de Toulon, le Conquérant, que l'on armait, les frégates et les briks, lui paraissaient suffisans pour porter facilement 6,ooo hommes ; il ne fallait donc plus que des bâtimens de transport pour les 4,ooo hommes restant du corps d'armée qui devait s'embarquer dans ce port, Bonaparte chargea la commission de la Méditerranée de se les procurer". A peine venait-il d'expédier cet ordre, qu'il

' Lettre du 5 germinal.

[ocr errors]

apprit que Brueys était parti de Corfou, le 6 ventôse, avec son escadre, et que le chef de division Perrée avait quitté Ancône, le 12, avec deux frégates françaises et deux vénitiennes. Il les présumait déjà arrivés à Toulon, et il écrivit à la commission de s'occuper aussitôt de l'entier armement de ces bâtimens qu'il supposait capables de porter les Io,ooo hommes à embarquer dans ce port. Il espérait qu'ils pourraient être prêts à partir dans quinze jours, c'est-à-dire du 2o au 25 germinal. A cette dépêche étaient joints des plans et l'ordre de la construction de 3o pontons ne devant pas peser chacun plus de 9oo livres, de deux petits bateaux portant une pièce de 12, n'excédant pas l'un le poids de dix milliers, d'une petite corvette portant une pièce de 24 et plusieurs pièces de 6, qui se divisât en parties pour pouvoir être transportée sur huit diables; ces différens bâtimens étant destinés à être transportés par terre, il recommandait donc de tout sacrifier à la légèreté".

Dès ce moment Bonaparte entra aussi en correspondance avec le contre-amiral Brueys. « Vous aurez, lui écrivit-il, une des plus belles escadres qui soient sorties depuis long-temps de Toulon ; elle vous mettra à même de remplir la mission brillante qui vous est destinée. Je serai fort aise de vous revoir; j'espère que ce sera dans peu de temps*. »

" Lettre du 6 germinal ( 26 mars). * Lettre du 1o (5o).

Il lui annonça que le Directoire voulant récom

penser les services qu'il avait rendus dans la Méditerranée, où il naviguait depuis quinze mois, lui avait conféré le grade de vice-amiral, et qu'il recevrait incessament son brevet; que les chefs de division Decrès, Thévenard , Gantheaume et le capitaine Casabianca partaient pour aller le rejoindre ".

Il paraît qui Brueys fut l'objet de quelque dé

nonciation; Bonaparte lui écrivit : « Le gouverne

ment a une entière confiance en vous, et ce ne seront pas quelques têtes folles, payées peut-être par nos ennemis pour semer le trouble dans nos escadres et nos armées, qui pourront le faire changer d'opinion*. » Malgré l'étonnante activité portée dans les préparatifs de l'expédition, elle ne se trouva pas prête

à la fin de germinal, comme l'avait espéré Bona

parte. Il fixa l'embarquement au 5 floréal pour partir du 6 au 7, et manda à Brueys : « Dans la première décade de floréal je serai à votre bord. Je crois indispensable que nous montions l'Orient qui est le vaisseau à trois ponts. Comme vous êtes le seul auquel j'écris que je dois me rendre à Toulon, il est inutile de le dire.Vous sentez qu'il est essentiel que le vaisseau-amiral ne soit pas le plus mal équipagé. Faites-moi préparer un bon lit, comme pour un homme qui sera malade pendant toute la traversée. Faites de bonnes provisions. » En effet,

[merged small][ocr errors]
[ocr errors]
« ZurückWeiter »