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Gånce qui divise les royalistes les expose de
toutes les surprises.
*: Les républicains sont incomparablement
moins nombreux que les royalistes; mais ils
sont indissolublement unis par la compli-
cité des mêmes crimes , lorsque les atitres
sont essentiellement épars par la rivalité des
mêmes intérêts.
• Il suffit aux républicains , pour s'entendre
et se rallier, de prononcer quelques mots sa-
cramentels , tels que ceux d'émigrés , de
chouans , de réaction, de 10 août, de er
janvier , etc...'
- Mais , quels sont les points de ralliement
entre les divers royalistes, qui tous se croient
exclusivement appellés à relever le trône et à
lui servir d'appui ? Qu'y a t-il de commun
entre les royalistes de dig et ceux de 90;en-
tre les partisans de Monsieur et ceux du duc
d'Orléans ; entre la faction d'Angleterre et
celle d'Espagne, etc. ?....

Pour se défendre , ou pour attaquer , les républicains n'ont besoin de masquer ni leur

pensée, ni leur contenance, ce qui rend leur , action uniforme et assure leurs coups : au lieu qu'en attaquant, comme en se défendant, les royalistes sont forces de déguiset

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et leur but et leurs moyens, non-seulement à leurs ennemis, mais à leurs alliés ; ce qui entraye leur marche et déconcerte infailliblement leurs opérations.

Le royalisme est une opinion que ses partisans avouent avec orgueil dans le secret , mais qu'en public ils sont forces de déguiser d'un manteau républicain ; ce qui leur donne une fausse allure , et presque toujours un maintien équivoque.

Le républicanisme, au contraire , est un système que ses défenseurs ont eu l'adresse d'environner du double appareil des lois et des bayonnettes; ce qui donne à leur physionomie l'audace qui supplée le droit, et à leur parti la force qui supplée le nombre..

Les républicains ont dans tous les instans de leur vie une pensée prédominante; c'est celle de leur coulpe. Cette pensée les tient perpétuellement en haleine, provoque et soutient leur surveillance , leur fait oublier Jes nuances d'opinion , les jalousies de métier, les rivalités et les ressentimens. N'at-on pas vu Barras caresser Germain, et Lareveillère s'attacher à Merlin ?

Les royalistes, dominés par un fol orgueil, aussi jaloux de faire remonter leurs opinions à la séance royale du 22 juin , que leur nos blesse au 13°. siècle, sans cesse occupés et des services qu'ils ont rendus et du prix qu'ils y mettent , ne sont sur leurs gardes que contre-leurs alliés. Ils s'embarrassent beaucoup moins de résister aux assauts de l'ennemi commun, que de mesurer la distance qui les sépare les uns des autres ; de grossir leurs rangs, que d'épurer leur filiation ; de profiter des occasions présentes, que de rap. peller les époques passées ; d'oublier enfin des erreurs presqu'inévitables dans le cours d'une longue révolution, que de nourrir l'es. poir de les classer un jour dans l'ordre des crimes punissables. N'ai je pas ouï dire à tel fat , soi-disant marquis , que Cochon avoit voté la mort du roi; et à tel autre imbécille, soi-disant agent de Luis X/ III, que Carnot avoit été le collégue de Robespierre.

Ce que le fat et l'imbécille disoient , ils le pensent tous. L'arrêt prononcé contre Carnot et Cochon l'est également contre tous ceux qui furent patriotes sans distinction de tems, ni de motifs , ni de repentir. ( Voyez un misérable pamphlet intitulé : Lanterne Magique).

Avec plus ou moins d'aigreur ou de dis

simulation ils confondent dans les mêmes rāngs et dans la même proscription Barras et Barthelemi , Buonaparte et Pichegru , Antonelle et Portalis.

Que nous importe , disoient - ils alors , comme aujourd'hui, d'obeir à Carnot ou à Merlin , si nous ne pouvons remettre le squverain légitime sur son trône ? - Bien plus, ils préféreroient le dernier, dégoûtant du sang de leurs parens et de leurs amis , par la raison que sa domination seroit moins longue. Détestable logique ! étrange aveuglement... C'est en raisonant et agissant avec cette absurdité que les royalistes ont fait le 5 Octobre , le 10 Août, le 13 Veną démiaire et le 18 Frutidor.

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. CH A P I TRE V I.

Troisième cause du 18 Fructidor, tirée de : l'imprudence d'avoir séparé la cause des * armées de celle des conseils.

Ast illis , quos arma tegunt et balteus ambit.
Quod placitum est, illis prestatur tempus agendi.

JUVENAL.

Quoiqu'en ait dit Pastoret; la force morale de la raison est nulle devant celle des canons...

Le directoire laissa les conseils s'enivrer des fumées de vanité qui s'exhaloient de son propre 'sein, et s'entoura de retranchemens plus solides...

« Nous nous jettons dans vos bras , écrivoient les triumvirs à Buonaparte, peu de jours avant la catastrophe, Il est de votre intérêt, il est dans votre pouvoir de nous sauver. ?»

Et le général, après avoir délibéré pen. dant trois jours au fonds de son château de

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