Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

qu'au directoire. On ne conspire point dans une nombreuse et publique assemblée. On ne conspire point sous les yeux de son ennemi. On ne conspire point avec des phrases bannales , des maximes de morale , et des hommes inconnus les uns aux autres ; tous ces contes bleus de prétendues conspirations ne sont plus bons qu’à bercer des enfans. On devroit bien se dispenser des frais de tant d'impostures , lorsque personne n'y est plus trompé. . « La déportation fut la peine des conjurés. Le sang ne coula point : les barrières de Paris ne furent fermées qu'un instant. » (ibid.)

-Le sang ne coula point! parce qu'ils n'osèrent le faire couler. La déportation fut la peine des conjurés! mais cette peine équivaloit à celle de mort. C'est une insigne hypocrisie, de la vanter comme mesure d'humanité , lorsque dans le fait et dans l'intention de ceux qui la donnèrent, ceux qui la subirent ne devoient plus revoir leur patrie. · La Guyane fut le tombeau de tous les vagabonds que M. de Choiseuil y envoya : et les triumvirs comptoient bien qu'elle deviendroit celui de tous leurs ennemis , comme elle est, en effet , devenue celui de MM. Muri

nais,

nais, Bourdon de l'Oise , Tronçon du Coudray, Berthelot-de-la-Villeurnoy , Rovère et Brothier,

Le citoyen Bailleul termine son rapport par des veux qu'il adresse aux magistrats sau veurs de la république. Mais la seule conclu. sion qu'il en tire, c'est que pour la conservation de leur ouvrage il importe essentiellement de ne donner de place qu'à leurs coopérateurs ; c'est-à-dire à lui Bailleul et à ses amis.: , , "On a comparé ce rapport à celui d'Amar . sur les 22. Quelle différence ? Amar étoit plus habile et plus méchant que Bailleul, c'est faire trop , et trop peu d'honneur à celui-ci que de le comparer à l'autre.

D'autres ont paru surpris qu'on ait remiss en d'aussi foibles mains la défense d'une cause qui exigeoit tous les talens du vainqueur.

En supposant, ce que je n'admets pas, que tous les talens des vainqueurs ne soient pas réunis dans le plaidoyer de kailleul; on pourtoit trouver le mot de l'énygme dans le sort qu'ont éprouvé tous les grands rapporteurs des différentes assemblées nationales.

Les orateurs des conseils veulent bien

soigner leur gloire , mais non pas aux de pens de leur vier on

Bailleul s'est apperçu qu'on lui avoit tendu un piége. Depuis ce tems-là il ne rêve plus que gibets , complots , Russes et massacres. Il en devient fou. . Tristes effets d'une imagination malade! *. Triste salaire de tant. de rapports fastidieux ! * Triste fin d'un homme qui n'étoit pas plus né pour la scélératesse que pour la célébrité. - Après avoir analysé les moyens du 18 fructidor , nous allons en'examiner les causes.

[merged small][ocr errors]

Première cause du 18 Fructidor , tirée de la

divergence des factions qui régnoient dans les conseils.

Toute assemblée est peuple.

MONTAIGNE.

de n'y a point de grande assemblée politique sans passions, et conséquemment sans partis. Mais toute assemblée dont la majorité n'a pas de but commun, point de centre, point d'esprit de parti, est une cohue, et n'est que cela.

Tels étoient les conseils avant le 18. Les uns vouloient la constitution de 95 dans son intégrité ; les autres vouloient la modifier. Quelques - uns vouloient ramener l'ancien ordre de choses, sans nous faire grace d'aucun de ses abus. Quelques autres vouloient un roi, mais constitutionnel : le plus grand nombre ne savoit ce qu'il vouloit. Chacun de ces systèmes avoit son orateur , ses partisans, et ses ennemis.

Je ne sais quel délire d'amour-propre avoit tourné la tête à de braves gens, d'ailleurs, au point que , sans égards pour aucunes prétentions rivales , ils s'imaginoient être les seuls grands , les seuls forts, les seuls timonniers de l'Etat.

C'étoit, sur-tout, dans les réunions connues sous le nom de Clichi , que fermentoient et se développoient tous ces levains d'ambition.

Là les ex-conventionnels plus exercés à la parole , en abusoient souvent pour rappeller leurs services et pour en demander le prix. Là les deux nouveaux tiers s'indignoientquelque fois de l'espèce d'assujettissement dans lequel on vouloit les retenir , et argumentoient de leur nouveauté contre des gens qui tiroient avantage de leur ancienneté. Là on passoit des nuits entières à régler une misérable étiquette, à nommer un président et des secrétaires , à se disputer quelques lambeaux de tribune ou des chiffons de vanité.

C'étoit en se disputant ainsi les premiers rôles , au lieu de se les partager, qu'ils se liyrèrent sans défense à un ennemi beaucoup

E

« ZurückWeiter »