Abbildungen der Seite
PDF
EPUB

onime

cou ramment , après le 18 Fructidor, de 36 à 48 pour cent par an, taux inoni dans l'histoire du commerce, depuis la découverte de l'Amerique.

N'oublions pas dans l'énumération des torts de ce régime pillard et dévorant les impositions établies pour ce qu'il appelle les penses locales, c'est-à-dire pour frais de bureau , de commis , de feu, de chandelle et d'eau-de-vie ; sortes de dépenses qu'obtenoient d'emblée toutes les administrations favorites , c'est à-dire esclaves de l'idole du jour, et qu'on n'a pas eu honte de porter dans certaines communes jusquà bu mille francs; sorte de vexation inconnue dans l'ancien régime, mangerie arbitraire , inique et d'autant plus accablante pour ceux qui la supportoient, qu'elle étoit souvent l'æuvre de la haine et toujours la pâture de la cupidité...

Où vont donc s'engloutir tous ces trésors ? Que sont donc devenus les biens du clergé, les domaines du roi, ceux des émigrés , l'argenterie des églises, les diamans de la couronne, le produit des requisitions, des contributions, des pillages commis dans l'intérieur et dans les pays conquis ?....

La guerre en a dévoré une partie , dit-on; les gouvernans ont partagé l'autre avec les fournisseurs.....

C'est un grand et rare scandale que celui du luxe établi par quelques gouvernans et par tous les fournisseurs. : Les plus beaux hôtels , les plus beaux chevaux, les plus jolies femmes sont leur partage.

Ils jouissent sans mesure, sans délicatesse et sans prévoyance..... - Aidez-moi donc à dépenser mon argent , disoit l'un d'eux à son maitre d'hôtel. |

Misérable ! tu n'as donc pas entenda le cri do pauvre père de famille qui demande un morceau de pain à la porte de ton palais, dont il étoit jadis propriétaire... • Tôt ou tard une main de fer impitoyable

doit écraser ces impitoyables sang-sues. Toť ' ou tard une chambre ardente doit reviser ces fortunes colossales.

Déjà le peuple en fait justice par ses murmures... Voit-il passer une voiture élégante, un cheval superbe, des femmes délicieuses? il crie tout haut, laissez passer les parvenus! du mépris à l'insulte, il n'y a pas loin pour le peuple ; et nous avons vu plusieurs scènes

[ocr errors]

très-fâcheuses pour les nouveaux riches, les quelles en préparent d'autres.

Il est difficile, je l'avoue, de voir de sangfroid toutes les maisons royales habitées par d'obscurs fripons, des avocats qui n'avoient pas avant la révolution de quoi s'acheter une robe de palais , propriétaires du revenu d'une province ; des laquais , des frotteurs, des portiers devenus grands seigneurs, Occuper les hôtels de leurs maitres, insulter à notre misère, dépenser 50 louis par jour, perdre 25 mille francs au jeu , et refuser un écu au malheureux qui, faute de l'obtenir , va se précipiter du haut des ponts dans la rivière... . La chûte du triumvirat a découvert bien des ordures et révélé de bien infâmes mysé teres. . :'.. .

in . Qui eût jamais imaginé qu'on eût pu vendre les fusils de la république à 20 sous pièces, lorsqu'elle les payoit. 24 francs ? Il seroit à desirer que leur procés s'instruisit dans toutes les règles ; à combien de révélations plus curieuses il donneroit naissance!... On assure que Reubell a écrit jaur par jour, heure par heure, tout ce.qu'il a fait, dit et vu depuis 1789: et on ajoute qu'avec ces notes il brave la haine de. Syeyes et la colère de Barras...

[ocr errors][merged small][merged small]

Je ne serois pas moins curieux de voir celles de Ramel, de Schérer, de Threillard et sur-tout de Talleyrand... Tandis que ces escrocs nous mettoient au régime de la diete la plus sévère, ils vendoient la république, ils faisoient nốces et festins, ils donnoient des fêtes magnifiques....

Ceci nous rappelle la fête donnée par le dernier à madame Buonaparte... Elle étoit brillante, nombreuse et de fort bon goût. Cent jolies femmes étoient servies par autant de chevaliers. Abondance de fleurs de glaces et de yalets; excellente musique, excellente chère , table de 200 couverts , salles de jeu , salles de danse ; je reconnus dans cette occasion le goût, l'esprit et la galanterie de l'ancien évêque d'Autun; mais non sa politique...

Ceci nous rappelle encore la fête que le corps législatif donna le 30 frimaire au général Buonaparte...

Elle consistoit principalement dans un diner, mais tel qu'Apicius nepotum omnium altissimus gurges, comme l'appeloit Pline, en eût été dans l'admiration...

On y remarqua huit commissaires, trentedeux maîtres d'hôtels , huit cents couverts , huit cents laquais, quatre services, vins du Cap, vins de Tokai, carpes du Rhin, primeurs de toute espèce, etc...

Ce banquet fort beau, sans doute,quoiqu'inférieur à ceux de vingt-deux mille tables que César donnoit au peuple romain , étoit néanmoins très-déplacé dans un tems où les rentiers n'avoient rien touché, depuis six mois, et lorsque, la veille, un député avoit déclaré en pleine tribune, que le service des armées étoit sur le point de manquer , et que nos prisonniers mouroient de faim en Angleterre.

Ce fut à cette occasion qu'on proposa une taxe d'humanité... J'aurois voulu qu'à cette occasion Buonaparte eût dit aux députés : ne me donnez pas de fêtes, ne buvez pas tant , occupez-vous un peu des intérêts de vos commettans, du prêt de nos soldats, du sort de nos prisonniers, et soyez plus économes de taxes et d'emprunts : car les taxes et les emprunts vous tueront.

Fin du premier Volume.

« ZurückWeiter »