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TYPOGRAPHIE DE H. FIRMIN DIDOT. – MESNIL (EURE ). RECUEIL PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE

DE SES

LETTRES, PROCLAMATIONS, BULLETINS, DISCOURS SUR LES

MATIÈRES CIVILES ET POLITIQUES, ETC.

FORMANT

UNE HISTOIRE DE SON RÈGNE,

ÉCRITE PAR LUI-MÊME

ET ACCOMPAGNÉE DE NOTES HISTORIQUES ;

PAR M. KERMOYSAN.

TOME TROISIÈME.

PARIS,

LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET CIE,
IMPRIMEURS DE L'INSTITUT DE FRANCE,

RUE JACOB, 56.

1857.

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EUVRES CHOISIES GUERRE, – POLITIQUE, – ADMINISTRATION.

DIXIÈME ÉPOQUE.

CAMPAGNE DE 1813.

Les rigueurs d'un biver prématuré avaient fait ce que n'avaient pu faire depuis vingt-cinq ans les forces de l'Europe réunies contre nous. L'armée française était détruite : une nouvelle coalition allait se former. L'empereur était revenu à Paris pour préparer les moyens de résistance et demander au pays les sacrifices qu'exigeait la situation. Il n'y avait pas à se tromper sur les dispositions de la Prusse : dès le commencement l'avril elle annonça par un manifeste qu'elle faisait cause commune avec la Russie. D'un autre coté, la défection de nos alliés ne se fit pas attendre longtemps : bientot ce fut la Suède, peu après la Bavière et la plupart des petits États de l'Allemagne. Enfin l'Autriche, après avoir essayé de faire acheter une alliance toujours douteuse à des conditions plus dures que la défaite, se déclara au mois d'août. La campagne avait commencé à la fin d'avril. Elle fut illustrée par les journées de Lutzen, de Bautzen, de Wurtchen, de Dresde, d'Hanau, etc., journées glorieuses qui, si elles n'empêchaient pas l'invasion, sauvaient du moins l'honneur, ce bien plus précieux et plus nécessaire peut-être à la vie des nations que l'intégrité même de leur territoire.

14 février 1813. Discours de l'Empereur au Corps législatif. a MM. les députés des départements au Corps législatif, la a guerre allumée dans le nord de l'Europe offrait une occaa sion favorable aux projets des Anglais sur la péninsule; ils ont « fait de grands efforts. Toutes leurs espérances ont été déçues

T. III.

« leur armée a échoué devant la citadelle de Burgos et a dů, « après avoir essuyé de grandes pertes, évacuer le territoire de « toutes les Espagnes.

« Je suis moi-même entré en Russie; les armes françaises ont « été constamment victorieuses aux champs d'Ostrowno, de « Polotzk, de Mohilow, de Smolensk , de la Moskowa, de “ Molo-Jaroslawitz. Nulle part les armées russes n'ont pu tenir « devant nos aigles: Moscou est tombé en notre pouvoir.

« Lorsque les barrières de la Russie ont été forcées et que « l'impuissance de ses armes a été reconnue, un essaim de « Tartares ont tourné leurs mains parricides contre les plus bela les provinces de ce vaste empire, qu'ils avaient été appelés à « défendre. Ils ont en peu de semaines, malgré les larmes et le « désespoir des infortunés Moscovites, incendié plus de quatre « mille de leurs plus beaux villages, plus de cinquante de leurs « plus belles villes, assouvissant ainsi leur ancienne haine « sous le prétexte de retarder notre marche en nous entourant « d'un désert; nous avons triomphé de tous ces obstacles. L'en« cendie même de Moscou, où , en quatre jours ils ont anéanti « le fruit des travaux et des épargnes de quarante générations, « n'avait rien changé à l'état prospère de mes affaires ; mais la « rigueur excessive et prématurée de l'hiver a fait peser sur mon « armée une affreuse calamité. En peu de nuits, j'ai vu tout chan« ger. J'ai fait de grandes pertes. Elles auraient brisé mon âme « si, dans ces grandes circonstances, j'avais dû être accessible à « d'autres sentiments qu'à l'iutérêt, à la gloire et à l'avenir « de mes peuples.

« A la vue des maux qui ont pesé sur nous, la joie de l’An« gleterre a été grande ; ses espérances n'ont pas eu de bornes. « Elle offrait nos plus belles provinces pour récompense à la « trahison. Elle mettait pour condition à la paix le déchirement « de ce bel empire : c'était , sous d'autres termes, proclamer la « guerre perpétuelle.

« L'énergie de mes peuples dans ces grandes circonstances, a leur attachement à l'intégrité de l'empire, l'amour qu'ils m'ont « montré ont dissipé toutes ces chimères et ramené nos ennemis « à un sentiment plus juste des choses.

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