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le plus ancien texte qui mentionne cette rétribution se trouve dans les 'Exxa no acousal d'Aristophane, qui sont de 392, tandis qu'il n'y est fait aucune allusion dans toutes les autres pièces du même auteur ; il lui paraît tout particulièrement digne de remarque qu'il n'y en ait aucune mention dans les Acharniens, qui sont de 425, et où une telle mention viendrait si naturellement dans cette parodie d'une séance de l'assemblée par laquelle s'ouvre la pièce. Il en conclut que l'institution du p.coOos éxx.n.%Tixoş appartient à l'ensemble des mesures qui furent prises lors du rétablissement de la démocratie, après l'expulsion des Trente; cette institution trahit, selon lui, des temps de gêne et de misère; elle conviendrait mal à cette démocratie aisée et vaillante du vo siècle où les citoyens n'avaient pas besoin de cet encouragement et de ce secours pour s'intéresser aux affaires publiques et remplir leur devoir. Ces remarques méritent considération; nous ferons cependant observer que l'on peut, sans forcer le sens des textes, voir une allusion à cette rétribution dans un passage de Platon que M. W. cite lui-même : Ταυτί γάρ έγωγε ακούω, Περικλέα πεποιηκέναι Αθηναίους αργούς και δειλούς και λάλους και φιλαργύρους εις μισθοφορίαν πρώτον καταστήσαντα 1.

M. W. inclinerait à croire qu'Agyrrhios, qui paraît bien avoir fait élever à trois oboles la rétribution de l'assemblée, pourrait avoir été, quelques années plus tôt, le fondateur de la rétribution d'une obole; mais ceci reste une pure conjecture qu'il n'appuie d'aucun commencement de preuve.

Dans la troisième partie, M. W. cherche à se rendre compte de la manière dont était payée aux ayants-droit cette rétribution; il admet, avec M. Benndorf, qu'elle ne leur était pas versée au moment où ils arri. vaient à l'assemblée, mais qu'on leur remettait des cóubona ou jetons qu'ils allaient ensuite présenter à la caisse. Ce qui lui appartient en propre, c'est une conclusion qu'il croit pouvoir tirer de cette même pièce de l'Assemblée des femmes (voir surtout les vers 376-384). Du rapprochement de plusieurs passages de la comédie il semble résulter qu'une somme fixe était attribuée, par le budget, à chaque assemblée, somme que représentait un nombre déterminé de jetons. Ceux-ci étaient remis aux premiers arrivés; une fois ce nombre épuisé, alors même que l'on se montrait avant l'ouverture de la séance, on ne pouvait plus prétendre à recevoir aucune indemnité. Quel était ce nombre et quelles dépenses cette allocation entraînait-elle pour le budget athénien ? C'est ce qu'il est impossible de dire. Différents textes, que reproduit M. Wuerz, paraissent d'ailleurs indiquer que les citoyens un peu aisés s'abstenaient de toucher leur jeton; celui-ci restait une subvention que la ville payait aux citoyens pauvres, surtout aux gens de métier de la ville. Le nombre de jetons alloué à chaque séance était sans doute calculé sur le nombre moyen de ceux à qui cette subvention était supposée nécessaire.

1. Gorgias, 515, E.

Cette courte dissertation mérite de ne point passer inaperçue. L'auteur connaît bien les textes anciens et les travaux modernes, on devine qu'il a étudié à bonne école. Il a de plus, ce qui n'est commun nulle part, du sens et de la pénétration; nous souhaitons qu'il poursuive ses recherches sur l'histoire d'Athèncs.

G. PERROT.

134.– De scribis senatus populique Atheniensium dissertatio inauguralis quam publice defendet Carolus SchÆFER, Rugianus. Greifswald, 1878, in-8°

La dissertation de M. Wuerz, De mercede ecclesiastica Atheniensium, et celle de M. Schæfer, quoique présentée à une autre université et préparée par l'enseignement d'autres maîtres, s'inspirent d'une même pensée, accorder au témoignage de Pollux et des grammairiens bien moins d'autorité que ne l'avait fait Boeckh et, pour trancher les problèmes obscurs que nous présente encore l'histoire de la constitution athénienne, n'admettre guère que le témoignage des auteurs classiques et celui de ces inscriptions attiques qui, depuis la publication des premières parties du recueil entrepris par l'Académie de Berlin, fournissent à l'historien des matériaux bien plus riches et bien mieux ordonnés que ceux dont Boeckh disposait et dont il a tiré un parti si admirable pour la

a composition de ses grands ouvrages sur l'économie politique et sur la marine d'Athènes.

M. S. commence par passer la revue des opinions qui ont été soutenues jusqu'à ce jour sur le sujet qu'il traite, et indique, en quelques mots, les difficultés et les contradictions de l'opinion qui a été présentée et accreditée par Beckh au sujet des termes γραμματεύς της βουλής, γραμματεύς κατά πρυτανείαν et γραμματεύς της πόλεως. Ρuis, a l'aide d'une étude attentive du Corpus inscriptionum atticarum, il cherche à établir les points suivants, qu'il résume ainsi dans la dernière page de son mémoire : « Pendant tout le cours du cinquième siècle, le sénat n'avait qu'un seul secrétaire, le ypappa teus tñs Bours, dont la fonction ne durait que l'espace d'une prytanie. Puis, entre l'Olympiade 103, 2 (357) et 104, 1 (364), ce secrétaire devint annuel et à côté de lui commença à figurer un autre secretaire, le γραμματεύς κατά πρυτανείαν. Les fonctions de ces deux secrétaires n'étaient pas distinguées et définies d'une manière très précise, quand, vers l'Olympiade 115 (320), l'ancienne organisation subit un changement complet. Le secrétaire annuel qui était chargé auparavant de la rédaction des actes prit le nom d'avaypaçsús, tandis que le γραμματεύς κατά πρυτανείαν restait chargé d'en surveiller la transcription.

« Cette désignation nouvelle ne dura d'ailleurs pas longtemps. Déjà peut-être, dans la quatrième année de la 115€ olympiade (317), l'ancien ordre de choses était rétabli. Le ypap.pateus třs Bouañs, maintenant ap

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pelé γραμματεύς της βουλής και του δήμου, redigeait les actes pendant toute l'année, le yogu.plateùs %Ttputavelay les faisait graver sur pierre. Il est seul chargé de ce soin à peu près depuis la moitié du mo siècle.

હૈ « Les choses restèrent ainsi jusqu'au temps d'Auguste. Un grand changement paraît avoir été fait au temps d'Hadrien, comme le prouvent les inscriptions postérieures, mais je n'ajouterai rien sur ce sujet. Il faut attendre la troisième partie du recueil des inscriptions attiques. »

Nous ne discuterons pas ici ces résultats ; cette discussion nous entraînerait trop loin. C'est d'ailleurs M. Foucart qui serait le mieux préparé à entreprendre cette tâche; il a fait des inscriptions attiques, pendant plusieurs années, la matière de son enseignement au collège de France, et nous savons que cette question difficile des titres portés par les différents secrétaires de l'état athénien avait attiré son attention. Il y a même touché incidemment dans l'un de ses articles de la Revue archéologique i et le peu qu'il en dit semble indiquer qu'il était arrivé à des résultats assez voisins des conclusions de M. S., qui ne néglige point d'invoquer cette conformité à l'appui de ses idées.

Nous désirons vivement que M, Foucart traite un jour à fond cette question très délicate, qui comporte encore, de l'aveu de M. S., bien des doutes. Nous voudrions surtout savoir si, à partir du moment où il y eut, à côté l'un de l'autre, deux secrétaires, le secrétaire du sénat et le secrétaire de la prytanie, l'un des deux au moins ne fut pas pris en dehors du sénat, n'appartint pas à cette classe des scribes qui rendait aux magistrats, souvent inexpérimentés, de si utiles services, en échange d'un salaire auquel devaient s'ajouter bien des petits profits 2. D'où vient aussi ce titre et cette fonction d’ αναγραφεύς ?

Le travail de M. Schæfer témoigne d'une connaissance solide des inscriptions et d'une louable curiosité. La rédaction n'en est pas toujours assez claire, et le latin n'est pas d'un tour très pur ni très classique.

G. PERROT.

135. Notes et notices angevines par Célestin Port, correspondant de l'Ins

titut. Angers, 1879, grand in-8° de 234 p. Tiré à 40 exemplaires.

M. C. Port, ayant à peine achevé la publication de son inappréciable Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-etLoire 3, nous présente en ces termes un volume de mélanges : « C'est

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1. T. XXXV, p. 119.
2. Cf. Notre Essai sur le droit public d'Athènes, p. 148–150.

3. 3 vol. grand in-8°, 1874-1878. Voir le compte-rendu (Revue critique du 31 octobre 1874, p. 274-280) du ser volume de ce Dictionnaire. Je m'étais promis de parler ici des deux autres volumes, ainsi que du remarquable album qui complète si heureusement l'ouvrage (Illustrations par Pierre Vidal, 1878). Ce qui me console de n'avoir pas loué l'æuvre entière comme j'en avais loué le commencement, c'est

ici, comme après la moisson, une glane d'épis tombés et de fleurettes, que j'ai plaisir à relier en humble gerbe. » La gerbe est des plus riches, les épis sont des meilleurs, et les fleurettes des plus charmantes. Le volume tiré, par un déplorable malentendu, à un infiniment trop petit nombre d'exemplaires, renferme trente chapitres où l'auteur, dont le style a tant de couleur et de relief, prodigue sa verve comme son érudition. Ces trente chapitres touchent à tous les sujets, et l'on passe du Te Deum des notaires d'Angers (3 octobre 1720) au Cahier du tiers-état de la sénéchaussée de Saumur aux Etats généraux de 1614, comme du Pillage de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur en 1562, à La Bibliothèque de l'Université d'Angers. Quelque document inédit, tiré le plus souvent des archives de Maine-et-Loire, constitue le fonds de chaque chapitre, et, autour de ce document, s'enroule un commentaire qui en rend la lecture à la fois plus agréable et plus profitable. Tout est intéressant dans les Notes et notices angevines, mais s'il me fallait signaler les pages qui m'ont le plus vivement intéressé, j'indiquerais le Siège de Rochefort-sur-Loire en 1562 (p. 97), le Journal de Jacques Valuche, journal qui s'étend de l'année 1607 à l'année 1662 et qui abonde en détails aussi curieux que naïfs (p. 181), La Loire et ses affluents, la Vienne, le Thouet et l'Authion (p. 217), Thomasseau de Cursay (p. 233) ', Les inondations dans le département de Maine-et-Loire du vi° siècle à 1799 (p. 260), Les tremblements de terre en Maine-et-Loire (p. 282), enfin l'Hymne gloria, laus (p. 294) et Encore l'hymne gloria, laus (p. 307). Ces deux dernières notices sont relatives à l'authenticité de l'hymne communément attribuée à Théodulfe, authenticité vaillamment attaquée par M. P., non moins vaillamment soutenue par Dom Chamard. Ces deux adversaires, si dignes l'un de l'autre, ont fait assaut de savoir et de courtoisie, et le lecteur, en face d'une discussion si bien menée de part et d'autre, redira que « du choc des opinions jaillit la vérité. » En dehors des morceaux que je viens d'énumérer, beaucoup de points méritent l'attention, et, par exemple, dans l'article sur Les sœurs de charité à l'hôpital Saint-Jean d'Angers, on trouvera une exquise lettre inédite de saint Vincent de Paul (p. 95), et, dans l'article sur Ogeron de la

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que le Dictionnaire de Maine-et-Loire a obtenu bien vite le plus éclatant succès, et que l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en l'honorant du grand prix Gobert (1877), a consacré d'une façon souveraine les suffrages du public,

1. Là, M. P. raconte avec la plus spirituelle malice l'histoire d' « une des mystifications les plus audacieuses et les mieux réussies qu'on puisse citer dans la littérature historique, » mystification dont la « piste a pourtant échappé jusqu'à ce jour aux dénicheurs de supercheries littéraires. » Le récit et la discussion de M. P. sont les plus amusants du monde et aussi les plus décisifs. Les héros et les savants imaginés par l'abbé J.-M.-J. Thomasseau de Cursay avaient été acceptés par un historien de l'Anjou tel que J.-F. Bodin, par un bibliographe tel que Quérard, même par un sceptique tel que Voltaire lui-même, et il était bien temps que la vive et pénétrante critique de M. Port fît à jamais rentrer dans le néant les personnages créés de pied en cap pour la plus grande gloire de la famille Thomasseau.

Boire, on trouvera l'acte de baptême, vainement cherché jusqu'à ce jour, du gouverneur et vice-roi de Saint-Domingue, né à Rochefort-sur-Loire le 19 mars 1613 (p. 180). Résumant d'un mot emprunté à M. Port (p. 144) tout ce que je pourrais dire encore de son aimable recueil, je déclarerai, en finissant, qu'il était impossible de mieux travailler qu'il ne l'a fait « pour le régal des honnêtes gens '. »

T. de L.

136.

La Genèse du scepticisme érudit chez Bayle, par Arsène DesCHAMPS, docteur en philosophie et lettres, professeur d'histoire et de géographie à l'Athénée royal de Liège. Bruxelles, Bonn et Liège. 1878, gr. in-8° de 237 p. Prix : 8 fr.

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Chacun a l'excellente habitude, dans cette Revue, de ne parler que de ce qu'il a déjà bien étudié, et, disons-le en passant, si l'on croit devoir se plaindre parfois de la sévérité de quelques-uns de nos articles, c'est que les travaux sont examinés par des spécialistes dont l'oeil de lynx ne laisse rien échapper, et auxquels les auteurs mécontents peuvent appliquer l'ancien mot : Timeo hominem unius libri. M'étant toujours assez peu occupé de l'histoire de la philosophie, et reconnaissant qu'un critique, d'ailleurs très bienveillant pour moi, a eu raison de déclarer que je ne suis pas un « philosophe 2 », je me garderai bien de discuter ce qui, dans l'ouvrage de M. Arsène Deschamps, concerne le scepticisme, ses sources, ses espèces, son histoire depuis la Renaissance jusqu'à Bayle, les rapports généraux du xvne siècle avec le doute de Bayle, enfin la période de formation et la période d'accroissement de ce doute qui a scan. dalisé même les encyclopédistes 3. Ce que je me contenterai donc d'apprécier, c'est l'histoire de la vie et des ouvrages d'un des hommes les plus spirituels 4 et les plus savants : qui aient jamais existé.

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1. Je n'ai, en cherchant bien, que deux misérables observations à présenter à l'auteur. N'exagère-t-il pas quelque peu (p. 8) en surnommant le jurisconsulte Jean Savaron « le Mirabeau de ces temps-là ? » Ne se trompe-t-il pas en donnant (p. 76) au savant prélat, dont Baluze fut le secrétaire, le prénom de Philippe ? Partout ailleurs cet évêque de Conserans, cet archevêque de Toulouse (et un moment) de Paris est appelé Pierre de Marca.

2. M. Jules Soury, dans un feuilleton de la République française, à propos de mes Documents inédits sur Gassendi.

3. Voir l'article Pyrrhon de l'Encyclopédie de Diderot. M. Deschamps en cite quelques lignes en tête de son Introduction (p. 5).

4. M. D. le rapproche, à cet égard (p. 114), de Montaigne et de Montesquieu (On sait que ce dernier n'a pas craint d'appeler Bayle un grand homme) : « Au milieu du XVI° siècle, le 18 novembre 1647, sept ans après l'apparition de l'Augustinus, dix ans après qu'avait éclaté le Discours de la méthode, Pierre Bayle naquit au Carla, bourg du comté de Foix, entre Rieux et Pamiers, dans un pays de montagnes, qui contribua sans doute à lui donner son âpreté au travail et son opi

5. Voir la note 5 à la page suivante.

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