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suffit de rapporter les arguments qu'on faisait valoir des deux côtés sur la question. Ce qui du moins est certain, c'est qu'après la longue discussion du clerc et du chevalier, il ne se prononce ni en faveur de l'un ni en faveur de l'autre. Peut-être croyait-il en avoir assez dit pour que la conclusion dût se présenter elle-même au lecteur.

M. N.

224.

Etudy o Molierie. Tartuffe. Istoria tipa i piesy. Monographia Aleksieia VeselovskaGO. I vol. in-8° de 216 pp. Moscou, 1879.

Etudes sur Molière. Tartuffe. Histoire du type et de la pièce par Alexis VESELOVSKY.

Si une monographie de Tartuffe paraissait aujourd'hui à Paris, on soupçonnerait certainement l'auteur d'avoir voulu fatter les passions du moment; en voici une qui nous arrive de Moscou et qui est bien étrangère à nos polémiques éphémères. M. Alexis Veselovsky est un moliériste passionné et il a entrepris d'associer ses compatriotes au culte fervent qu'il professe pour notre grand comique. Nous pouvons attester de visu qu'il travaille depuis de longues années à son cuvre et qu'il a poussé la conscience jusqu'à venir chercher dans nos bibliothèques quelques notes inédites, quelques fragments oubliés ou échappés aux investigations patientes de ses prédécesseurs. Pour apprécier un pareil travail, il faudrait une compétence qui nous manque; le livre de M. V. nous a beaucoup appris, mais nous n'avons rien à apprendre à son auteur. C'est assurément le travail le plus approfondi que nous ayons jamais lu sur l’immortel chef-d'oeuvre. M. V. parle dignement de Molière et nous ne saurions mieux faire que de lui laisser un instant la parole.

« La période la plus féconde et la plus remarquable de la vie de Molière, dit-il dans son introduction, est celle où apparaissent successivement Tartuffe, Don Juan et le Misanthrope. Ces trois pièces constituent les trois parties d'une inimitable trilogie. Tartuffe démasque brutalement l'hypocrisie représentée par un directeur de conscience en robe courte; Don Juan flagelle l'hypocrisie du gentilhomme viveur et libertin; Alceste dénonce et flétrit cette hypocrisie mondaine qui dissimule sous un flux de paroles et d'embrassements les sentiments réels dont l'expression brutale rendrait toute société impossible. Tartuffe, arrêté à temps par la justice du roi, va expier ses infamies dans la prison où il méditait de faire enfermer son bienfaiteur. Don Juan est entraîné par la statue du commandeur dans l'abîme des flammes éternelles où plus tard la Révolution précipitera tout l'ordre social grâce auquel les Don Juan ont pu exister. Alceste, lui, échoue dans sa lutte contre la fourberie mondaine ; il se retire du monde et il a raison; les hommes de sa trempe ne sont pas faits pour y vivre. »

C'est assurément une heureuse trouvaille que le rapprochement de ces trois chefs-d'oeuvres. M. V. ne caractérise pas moins heureusement là

comme

situation que la glorieuse trilogie occupe dans l'histoire générale de notre théâtre.

« Après de longs tâtonnements, le poète a enfin trouvé sa vraie voie; le rire joyeux fait place à la satire hardie; la comédie qui vivait jusqu'alors sur le fonds étranger du théâtre italien, s'émancipe et ose à son tour dire son mot; elle se développe en un tout artistique et indépendant; elle prend une importance sociale considérable. La ligne de démarcation que cette trilogie lui a fait franchir est nette et bien déterminée. D'un côté, sont groupées en désordre les innombrables productions des anciens comiques français, moitié farces, moitié comédies, les arlequinades italiennes arrangées à la française, parfois même par des Italiens Larrivé (Giunto); parmi elles, formant un contraste d'ailleurs assez faible quelques essais indépendants, deux ou trois comédies de Jodelet, de Scarron, de Corneille, enfin les premiers essais de Molière lui-même. Le style commence à s'élaborer, le sentimeni de l'originalité s'éveille : mais ce sont les types de convention qui prédominent.

C'est toujours le pédant, le docteur ignorant, le chicaneur, le soldat fanfaron ; ils passent sans changer de caractère à travers les pièces les plus différentes, et gardent fidèlement les traditions qui remontent le plus souvent à Plaute ou à Térence.

« Comme le tableau change quand on arrive à l'incomparable trilogie ! Désormais résonne une libre parole qui s'attaque, non plus seulement aux faiblesses universelles, mais aux misères de la nation et de la société. La réalité a conquis ses droits; la scène se remplit de types vivants;... la comédie produit sur le spectateur une noble édification et agit directement sur lui. Ce n'est plus quelque miles gloriosus renouvelé de Plaute et tout simplement affublé d'un uniforme à la française, c'est l'aristocrate libertin, Don Juan; ce n'est plus l'ennuyeux « bonhomme » de l'ancienne comédie, c'est le réformateur Alceste... Chaque nouvelle production entraîne après elle l'opinion publique et oblige le spectateur à réfléchir et à se connaître lui-même. »

Le cadre de cette revue nous interdit de plus longues citations ; disons seulement deux mots du plan de l'ouvrage.

M. V. commence par exposer l'état de la société française au milieu du xvne siècle, les circonstances qui favorisèrent le développement de l'influence du clergé et spécialement des jésuites; il étudie le rôle des directeurs de conscience et montre quels abus rendaient une réaction nécessaire. Tout ce chapitre est écrit avec une connaissance approfondie de la littérature originale ou secondaire du sujet. Vient ensuite ce qu'on pourrait appeler la genèse littéraire du type de Tartuffe. M. V. recherche les origines de ce type dans tous les écrivains qui ont dépeint l'hypocrite, depuis Ovide et Properce jusqu'à Mathurin Regnier, depuis le Roman de la Rose jusqu'à Scarron, depuis Boccace et l'Aretin jusqu'aux nouvellistes espagnols et à Ben Johnson. Ici encore l'auteur fait preuve d'une érudition variée et d'un goût délicat. Le troisième chapitre étudie là question tant controversée de l'original de Tartuffe et se prononcé en faveur de l'abbé Roquette. Un ingénieux parallèle entre Molière et Pascal mériterait d'être traduit tout entier. Vient enfin l'histoire de la pièce proprement dite, de ses divers remaniements, des vicissitudes et des persécutions qu'elle eut à subir. M. Veselovsky insiste encore en terminant sur l'étroite parenté de Tartuffe, de Don Juan et du Misanthrope. La reproduction d'une gravure assez rare du xviro siècle, La femme Tartuffe, accompagne ce volume d'une exécution matérielle 392

REVUE CRITIQUE D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE d'ailleurs fort élégante. Espérons qu'un succès légitime encouragera l'au. teur à poursuivre sur Molière les études que cet ouvrage a si heureusement inaugurées.

Louis LEGER.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES

:

Séance du 14 novembre 1879. M. Joseph Halévy fait connaître par lettre qu'il est l'auteur d'un des deux mémoires récompensés par la commission du prix Bordin, sur la question dite du Panthéon assyrien.

M. de Saulcy annonce l'intention de communiquer prachainement à l'académie un mémoire de M. Ch. Tissot sur une inscription bilingue d'Afrique, libyque et néopunique.

M. Charles Nisard, continuant la lecture de son mémoire sur le poëme intitulé le Pataffio, autrefois attribué à Brunetto Latini, exprime l'opinion que le véritable auteur de ce poëme doit être Domenico di Giovanni, surnommé Burchiello. Il donne quelques détails sur la vie de ce Domenico di Giovanni, qui est connu d'ailleurs pour un poète de talent. Il naquit à Pise en 1403. Il était fils d'un barbierchirurgien, qui le fit étudier en médecine : lui-même exerça quelques temps le même état que son père. Il mena, dès son adolescence, une vie des plus désordonnées, et fut plusieurs fois condamné pour des méfaits de tout genre. Il s'était marié très jeune et eut trois enfants de sa femme; il abandonná sa femme et ses enfants. – Dans la prochaine séance, M. Nisard exposera les raisons par lesquelles il pense pouvoir établir que Domenico di Giovanni est l'auteur du Pataffio.

M. de Witte commence la lecture d'une lettre de M. François Lenormant, qui rend compte d'un voyage archéologique qu'il fait actuellement dans l'Italie méridionale. Après avoir parlé de plusieurs tombeaux qu'il a explorés, et des observations qu'il a faites sur diverses catégories de vases antiques, M. Lenormant donne des détails sur les musées et collections d'antiquités qui existent ou qui sont en voie de formation dans différentes villes de l'Italie méridionale, telles que Bari, Lecce, etc.

Ouvrages déposés : G. CLÉMENT Simon, La vicomté de Limoges, géographie et statistique féodales (Paris et Périgueux, in-8°); P. Ch. ROBERT, Sirona (extrait de la Revue celtique); Le baron de RostaiNG, La marine militaire de la France sous Philippe le Bel' (Paris, 1879, in-89).

Présentés de la part des auteurs par M. de Saulcy : Etudes égyptologiques, t, 1, romans et poésies du papyrus Harris no 400, par G. MASPERO, livr. 1; – par

M. Barbier de Meynard : – L'inscription de Barian, traduction et commentaire philologique par H. POGNON, attaché au ministère des affaires étrangères (XXXIXe fasc. de la Biblothèque de l'école pratique des hautes études); - par M. G. Perrot : 10 Ch. Lucas, L'habitation lacustre à toutes les époques, conférence faite à l'exposition uni. verselle; 20 Ed. ENGELHARDT, Du régime conventionnel des fleuves internationaux, études et projet de règlement général, préc. d'une introduction historique Paris, 1879, in-80); – par M. Miller : Philon de Byzance, Traité de fortifications, texte grec, traduction et notes, par MM. De Rochas et Ch. GRAUX.

Julien HAVET.

:

Le Propriétaire-Gérant : ERNEST LEROUX.

Le Puy, typ. et lith. Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.

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oder Bildung. Breslau, Koebner ; Erler, die Directoren-Conferenzen der preuss. höheren Lehranstalten in den Jahren 1876 u. 1877. Berlin, Wiegandt u. Grieben. (Ecrits pédagogiques.)

Deutsche Rundschau, novembre 1879 : NACHTIGAL, die Afrikaforschung und Henry M. Stanley's Zug durch den schwarzen Continent. I. — Zur Geschichte des orientalischen Krieges. 1853-1856. I-II. - Autobiogra

. phische Blätter aus dem Leben eines preussischen Generals, aus dessen handschriftlichem Nachlass. I-II. LASKER, Ursprung, Zweck und Entwickelung der Sprache. - Zeller, die freie Kirche im freien Staat.

. ZELLER - Literarische Rundschau : KREYSSIG, Brandes' Lord Beaconsfield. Literarische Notizen (Dozon, Manuel de la langue chkipe ou albanaise. Paris, Leroux. Allgemeine Geschichte in Einzeldarstellungen hrsg. v. Oncken. Berlin, Grote. — Leipzig und seine Universität von hundert Jahren. Leipzig, Breitkopf u. Härtel. – Sinnsprüche aus dem Talmud und der rabbinischen Literatur, zusammengestellt von Sailer. Berļin, Stahn. - Trutznachtigal von Friedrich Spe, hrsg. v: Balke.

. Leipzig, Brockhaus. (La meilleure des éditions critiques jusqu'ici parues dans la collection publiée par Gedeke et Tittmann.)

Programmes et dissertations des gymnases et universités d'Allemagne. CHOTINER, kritische Beleuchtung der Hallel-Psalmen. (26 p. Halle), FESSLER, Max Samuel, der bedeutendste Amora, Beitrag zur Kunde des Talmud. (68 p. Halle); FRICKE, das exegetische Problem Gal. 3, 20 in seiner organischen Genesis aus der Erörterung des Apostels Paulus. Gal. 3-15-25 geprüft (54 p. Leipzig); GROPP, on the language of the proverbi of the Alfred. (61 p. Halle); OEHLER, de Tiberiani quae feruntur fragmentis (31 p. Halle); Pick, de vi atque usu adjectivi praedicativi apud aevi Augustei poetas latinos. (67p. Halle); VAN DER BRIELE, de ratione quae intercedit inter Fichtii de Deo doctrinam atque Kantianam. (40 p. Halle); WOLTER, die Legende vom Judenknaben. (31 p. Halle.)

Rassegna Settimanale, n° 97, 9 novembre 1879 : Di un nuovo libro intorno agli Slavi ed alla Russia. (Malfatti : A propos du livre du comte Branicki, paru chez Dentu et intitulé « les nationalités slaves. ») La « Regina Maria » di Tennyson. (S. T.) - Bibliografia : BalsiMELLI, Conversazioni letterarie, dialoghi cinque. Bologna. Fava e Garagnani; FANFANI, Mescolanze leiterarie. Firenze; Morchio, Il marinaio italiano. Genova, Pellas ; FORNACIARI, Grammatica italiana dell'uso moderno. Firenze, Sansoni. (Bon ouvrage); BONGHI, Bibliografia storica di Roma antica, Saggio e proposta. Roma.

Rivista Europea, Rivista internazionale, I, vol. XVI. jer novembre 1879 : CLERKE, L'Inghilterra nell' Asia. -'BARIOLA, Cecco d'Ascoli e l'acerba. (Suite.) Foa, Lessing e la riforma letteraria in Germania. MaRIOTTI, La produttivita letteraria della scuola di guerra italiana. – De ROBERTO, Il passagio del Nord-Est. - Rassegna letteraria e bibliografica. (Revue des journaux étrangers, etc.)

Livres nouveaux : BARTHOLOMAE, die Gathas und heiligen Gebete des altiranischen Volkes. Halle, Niemeyer. (5 mark.) - Beck, Erklärung der zwei Briefe Pauli an Timotheus. Gütersloh, Bertelsmann. (5 mark.) — BRESSLAU. Jahrbücher des deutschen Reiches unter Konrad IT. I Band 1024-1031. Leipzig, Duncker u. Humblot. (12 mark.) - BUSER, Lorenzo de Medici als Italienischer Staatsmann. Leipzig, Duncker u. Humblot. (4 mark 80). - BIEDERMANN (v.), Goethe Forschungen. Frank

.furt, a. M. Lit-Anstalt. (9 mark.) Caro, aus der Kanzlei Kaiser Sigismunds. Wien, Gerold. (2 m. 80.) – Corcia, dell'origine di Roma, Frisso ed Elle figurati in due quadretti di Ercolano e Pompei e gli Ar

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gonauti. Napoli, Detken e Rocholl. (24 lire.) - EHEBERG, über das altere deutsche Münzwesen und die Hausgenossen besonders in volkswirthschaftlicher Beziehung. Leipzig, Duncker u. Humblot. (4 m. 60.)

Falk's elbingisch-preussis '? Chronik, Lobspruch der Stadt Elbing u. Fragmente, hrsg. v. To PEN. Leipzig, Duncker u. Humblot. (6 mark.) – FICHTE, die Flex on im Cambridger-Psalter. Halle, Niemeyer. (2 m. 40.) – GOBINE 1, Histoire d'Ottar Jarl, pirate norvégien, conquérant du pays de av en Normandie. Didier. (4 fr.) Hartung, diplomatisch-histi che Forschungen. Gotha , Perthes. (10 mark.) -Isler, Briefe von B. Constant, Görres, Goethe und vielen A. Auswahl aus dem handschriftlichen Nachlass des Charles de Villers. Hamburg, Meissner. (5 mark.) – Kraus, Maximilian's I Bezie

KRAUS, I hungen zu Sigmund von Tirol in den Jahren 1490-1496. Wien, Höl. der. (1 m. 60.) – Mau, Pompejanischen Beiträge. Berlin, Reimer. (6 mark.) – MEKLER, Euripides, textcritische Studien. Wien, Konegen (2 mark.) - REINACH (J.), Voyage en Orient. Charpentier. (7 fr.

Rocholl, der Feldzug des grossen Kurfürsten gegen Frankreich 1674-1675. Berlin, Mittler. (1 m. 20.) – ROEMER, die exegetischen Scholien der Ilias im Codex Venetus, Band VIII, München, Lindauer. . 4 mark.

SCHMIDT (L.), Graf Albert von Hohenberg, Rotenburg u. Haigerloch vom Hohenzollern-Stamme, der Sänger u. Held. Stutigart, Cotta. (20 mark.) – Sikes, British Goblins, Welsh Folk-Lore,

( Fairy Mythology. Sampson Low. (18 sh.) – WEBER, Indische Streifen Leipzig, Brockhaus. (20 mark.) – Weil, Un papyrus inédit de la bibliothèque de M. A. Firmin-Didot. Firmin-Didot. (5 fr.) - WOLF, Hypatia, die Philosophin von Alexandrien, ihr Leben, Wirken und Lebensende. Wien, Hölder. (1 mark.) – WüLCKER, altenglisches Lesebuch, II Th. Halle, Niemeyer. (6 mark.)

S

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ERNEST LEROUX, ÉDITEUR, 28, RUE BONAPARTE, 28

VIENT DE PARAITRE

GRAMMAIRE ARABE DE C. P. CASPARI

TRADUITE DE LA QUATRIÈME ÉDITION ALLEMANDE
ET EN PARTIE REMANIÉE PAR E. URICOECHEA

PARIS, BAER ET Cie
18 RUE DE L'ANCIENNE COMÉDIE

18 Prix........ Les libraires doivent s'adresser directement au traducteur (61, rue de la Concorde, à Bruxelles), qui expédiera contre remboursement

20 fr.

REVUE CRITIQUE RUSSE

Prix d'abonnement : 20 fr. par an.

M. ERNEST LEROUX est chargé des abonnements pour la France.

MM. les auteurs et éditeurs sont priés de remettre chez lui les ouvrages qu'ils désirent faire parvenir à la Revue Critique russe pour y étre analyses.

Le Puy, imprimerie de Marches sou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.

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