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sont aplanies (p. XXXIV-XLIV) et a rédigé des notes qui ont le double mérite d'être courtes et bonnes (t. I, p. 331-341; t. II, p. 384397)'. Enfin M. Paul Lacroix a mis en tête des Matinées une Notice sur le seigneur de Cholières et ses cuvres qui est un des meilleurs morceaux que l'on doive à sa plume non moins fertile que spirituelle.

Malheureusement cette notice débute ainsi (p. I): « On ne sait rien, absolument rien, sur le seigneur de Cholières, qui a laissé au moins quatre ouvrages, publiés à la fin du XVI° siècle : Les Neuf matinées, en 1585; les Après-disnées, en 1587; La Guerre des masles contre les fe. melles, en 1588, et la Forêt nuptiale, en 1600. » La formule : « On ne sait rien, > employée par M. P. L., est d'autant plus désespérante, qu'il a recherché plus activement un peu partout des renseignements sur un des plus piquants conteurs du xvio siècle. Du moins, il nous apprend que c'est à tort que les auteurs des dictionnaires biographiques modernes, qui se répètent l'un l'autre textuellement, et qui, peut-on affirmer sans jugement téméraire, n'ont pas même lu les ouvrages de notre homme, lui donnent le prénom de Nicolas et le titre d'avocat au parlement de Grenoble. L'abbé Goujet, dans le Moréri de 1759, ayant fait précéder le nom de Cholières de la lettre N, qui signifiait autrefois prénom inconnu, on aura trop hardiment imaginé que cette lettre était l'initiale du nom de Nicolas. Quant à la qualité d'avocat au parlement de Grenoble, elle a été, pour la première fois, imposée au gai discoureur dans les Siècles littéraires de Desessarts, publiés en 1800, et il n'a pas été possible à M. P. L. de « retrouver une preuve sérieuse à l'appui de cette attribution, que semble démentir le nom même du seigneur de Cholières. » Il faut descendre (qui l'aurait cru?) jusqu'à l'année 1834 pour trouver, dans le Dictionnaire biographique, universel et pittoresque (Paris, 4 vol. gr. in-8°), les dates de la naissance et de la mort du seigneur de Cholières (1509-1592). Ces dates n'ont (peut-être selon M. P. L., évidemment selon moi), été fixées que par induction, mais elles paraissent assez probables, puisque le seigneur de Cholières, dans ses Matinées, qui sont de 1585, laisse entendre qu'il était âgé et infirme. Il aurait eu alors, en effet, 75 ou 76 ans.

Le lieu de naissance du conteur n'a pu être indiqué. M. P. L. se demande si ce lieu ne devrait pas être cherché en Normandie, à cause de

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1. Quelques unes de ces notes, en bien petit nombre, sont plus ingénieuses qu'exactes, celle-ci, par exemple (t. I, p. 333) : « Se debattre de la chape à l’evesque est un proverbe qui signifie se disputer pour des choses qui ne vous regardent pas, et qu'on ne peui obtenir. Suivant Littré, la chape à l’evesque serait une formule populaire pour : la chape de l'évêque, Peut-être y aurait-il une autre explication à donner. La chape étant sur l'évêque, il y a peu d'espace entre elle et lui : ce serait donc se débattre dans un espace fort étroit et où l'on ne peut remuer, se débattre inutilement. » - M. Jouaust n'a pas mis de note sous un passage très scabreux du tome II (p. 85), où il est question, à propos de Margot, d'un personnage de nostre temps, lequel était, si je ne me trompe, le frère de la reine de Navarre, HerculesFrançois, duc d'Alençon, puis duc d'Anjou, mort en 1584.

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certaines désinences du patois normand que son style conserve, ou mieux encore en Touraine, où l'on a pu constater l'existence de plusieurs familles de Cholières au XVI° siècle, mentionnées dans l'Armorial général de France. Ces conjectures sont si vagues que, pour les accepter, il est besoin d'une extrême bonne volonté. Tant que l'on ne connaitra pas le nom patronymique du seigneur de Cholières, nom qu'il a si bien caché sous l'anagramme A. Diane ou Ange, il faudra se résigner à regarder comme insoluble la question de l'origine de notre écrivain.

Ce devait être, du reste, un grand partisan de l’Ama nesciri que cet écrivain qui, ayant composé quatre ouvrages assez volumineux, n'a laissé nulle part, comme le remarque (p. v) M. P. L., l'empreinte de sa personnalité. On a beau étudier les livres du seigneur de Cholières, on ne saisit aucun des secrets de son existence. M. P. L. a seulement pu établir (p. vill-ix), d'après divers passages des ouvres du mystérieux personnage, qu'il était marié et même très mal marié, puisqu'il va jusqu'à surnommer sa femme « ma Xantippe !. » Il avait, en dépit de ses infortunes conjugales, ajoute M. Paul Lacroix, « l'esprit gai et alerte, l'humeur joyeuse, le parler franc et gaulois. Comme Rabelais, son maitre, il aimait à rire et à faire rire les autres 2. » La bonne humeur du seigneur de Cholières est réellement intarissable, et c'est à pleines mains qu'il sème dans tous ses livres « le sel rabelaisien ». L'abbé Goujet et quelques autres critiques ont été scandalisés de la vivacité de la plupart des discours et récits du seigneur de Cholières. Il est certain que « la mère en défendra la lecture à sa fille »»; mais les amis de la vieille langue devront savoir gré aux éditeurs de leur avoir rendu accessibles des textes qui sunt si précieux pour l'étude de cette savoureuse langue, et où abondent les locutions proverbiales, les métaphores populaires, où « fleurissent les mots de gueule, » selon la pittoresque façon de parler de l'auteur (t. I, p. 121), M. Littré, dans son Dictionnaire de la langue française, a souvent extrait des livres du seigneur de Cholières de curieuses citations. Combien de philologues, auxquels il aurait été impossible de se procurer les volumes qui n'avaient pas été réimprimés depuis le commencement du xviio siècle, répondront avec empressement à cette naive invitation de l'auteur au « débonnaire liseur » (t. II, p. 15) : Goutez à mesmes si nos fruits ne sont pas bons, » et profiteront largement de l'excellente et charmante publication de MM. Jouaust, Lacroix et Tricotel!

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T. DE L.

1. Ajoutons qu'à côté de cette mauvaise femme sont mentionnées, en ses livres, de douces et consolantes amies. Il donne à ces honnestes déesses des noms fictifs, tels que l'oeil d'avis, Marine, Callirée.

2. Il leur adresse ce conseil, où se résume toute son cuvre : Vigilate et gaudete it. I, p. 15); Lætari et bene vivere (t. II, p. 13).

215. Der Fall zweier preussischen Minister, des Oberpræsidenten

Eberhard von Danckelmann (1697) und des Grosskanzlers C. J. M. von Fürst (1779). Studien zur brandenburgisch-preussischen Geschichte von Harry BressLau und Siegfried Isaacsoun. Berlin, Weidmann. In-8°, 90 p. Prix : 2 m. 40 (3 francs).

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Dans cet opuscule, qu'ils ont dédié avec « une respectueuse reconnaissance » à M. Droysen, leur maître, MM. Bresslau et Isaacsohn ont ajouté quelques détails curieux à ce qu'on savait déjà de la chute des deux ministres prussiens, Danckelmann et Fürst. M. Bresslau montre que Danckelmann tomba parce qu'il irrita la cour et l'électeur par ses allures de pédagogue, par une stricte économie, par les insuccès de sa politique extérieure, par sa résistance aux désirs de Frédéric III, qui songeait déjà à la couronne royale. Peut-être n'a-t-il pas assez insisté sur les ressentiments de l'électrice, Sophie Charlotte, contre Danckelmann. « Madame l’Electrice, mandait l'aventurier français, Du Cros, au ministre de Hanovre, Platen, a été le premier mobile des intrigues contre M. de Danquelmann. » « Ce ministre, dit Podewils, témoignait fort peu d'égard pour l’Electrice, et la princesse crut trouver un adoucissement de son sort dans la disgrâce de Danckelmann, laquelle elle avait travaillée sous main et par d'autres de toutes ses forces. » « Il a mérité, par sa fausseté envers vous, ce qui lui est arrivé, écrivait Sophie de Hanovre à l'Electrice. Plût à Dieu que tous ceux qui rendent de mauvais offices aux femmes fussent partout traités de même! » - Quant à Fürst, ministre de la justice et grand-chancelier sous Frédéric II, M. Isaacsohn prouve que le roi avait résolu, dès 1776, bien avant le procès d'Arnold, de lui retirer sa charge ; Fürst n'avait pas l'énergie ni la vigueur de son prédécesseur, Cocceji; il ne sut ni détruire les abus ni proposer les vastes réformes que rêvait Frédéric II; un jour, le monarque s'impatienta de ses lenteurs ; il venait de deviner, dans le baron de Carmer, un remarquable esprit d'initiative et d'organisation ; il cassa Fürst de ses fonctions et le remplaça par Carmer.

A. C.

Lettre de Bi. Rhys.

MESSIEURS LES DIRECTEURS,

Avec votre permission, je désire présenter à vos lecteurs deux ou trois observations sur le compte-rendu que M. Gaidoz a consacré à mes Lectures on Welsh Philologr dans la Revue critique du 20 septembre. Je le ferai aussi brièvement que possible et sans essayer de montrer ni combien je suis flatté du jugement porté sur mon livre dans son ensemble par le savant critique, ni combien mon opinion diffère de la sienne sur la plupart des points de détail qu'il a touchés. Mais vous reconnaîtrez sans doute la justesse des explications suivantes :

1) Les arguments suggérés par M. Gaidoz à l'appui de la théorie britanno-gauloise me paraissent manquer singulièrement de force, non pas, je m'empresse de le dire, par aucune faute de sa part, mais parce que cette théorie elle-même est fautive. Je crois comprendre qu'il n'est pas sans s'en apercevoir jusqu'à un certain point lui-même, quand il se débarrasse de la question, en demandant (p. 221), à propos de nos inscriptions oghamiques : « Nous sera-t-il permis d'ajouter, sans crainte de passer pour sceptique, qu'il n'est pas sûr que ces inscriptions soient bien lues ? » Il est inutile de chercher un refuge de ce côté, car assez de nos inscriptions ont, sans aucun doute, été lues exactement, non-seulement en caractères oghamiques, mais aussi en lettres romaines, pour qu'on puisse en faire un des éléments importants de la discussion sur la théorie britanno-gauloise. On peut essayer de s'en servir pour soutenir cette construction branlante; mais on ne peut les mettre entièrement de côté; non, on ne le peut vraiment pas.

2) M. Gaidoz dit de moi p. 222 : « Ainsi, p. 187, il cite une légende monétaire gauloise CANAVNOIS que nous croyons ne pas exister. Si M. R. eût nommé son informant, la responsabilité de l'erreur fût revenue à ce dernier ; dans l'état, elle retombe sur lui-même. » La référence à laquelle M. Gaidoz a trouvé à redire était conçue dans les termes suivants : « Un exemple pareil semble se présenter dans le gaulois CANAVNOS qu'on dit (à propos de la monnaie n° 129 du Dictionnaire archéologique de la Gaule dont la publication a été commencée à Paris en 1867) se rencontrer sur une monnaie qui est là attribuée aux Arvernes » 1. Là-dessus mon savant critique remarque : « Quelques lec. teurs pourront

croire que cette lecture se trouve dans le Dict. archéolo. gique ; nous n'y avons rien vu de semblable à l'article Arverni où il est parlé des monnaies de ce peuple, et, quant à la monnaie n° 129 des planches, on y lit DCVNANOS. » Je dois faire remarquer que CANAVNOIS est une mépriseducritique, ma lecture étant CANAVNOS, et que la légende de la monnaie ne se lit pas sur la planche DCVNANOS, comme M. Gaidoz imagine de la donner, mais DCAVANOS, comme les auteurs du Dictionnaire la donnent. Mais ces sérieuses erreurs ne sont pas ce dont je me plains. C'est un étrange reproche que m'adresse mon savant critique en objectant que le nom gaulois ne se trouve pas dans un article auquel personne ne le réfère; et que, de là, la référence ne se trouve pas du tout dans l'ouvrage, c'est vraiment une conséquence un peu forcée. Si au lieu de cela il veut avoir la bonté de se servir de ma référence telle qu'elle est, et de se familiariser un peu avec le plan de

1. A similar instance seems to offer itself in the Gaulish CANAVNOS said, à propos of coin n° 129 in the Dictionnaire archéologique de la Gaule which was begun in Paris in 1807, to occur on money which is there attributed to the Arverni.

ce magnifique ouvrage le Dictionnaire archéologique, il découvrira qu'à chaque planche de monnaies correspond une page de remarques numérotées dans le même ordre, et que « à propos de la monnaie n° 129 » on trouve les mots suivants : « D'après des exemplaires très complets trouvés à Gergovie, la légende de cette pièce doit être lue CANAVNOS ».

3) Enfin on me demande : « pourquoi M. R. s'est-il systématiquement abstenu de références ? » Ma réponse est que mon abstention n'est nullement systématique, comme le critique semble le suggérer. S'il en fallait une preuve, on n'aurait qu'à examiner les chiffres qui accompagnent dans mon premier index des noms comme Atkinson, Bonaparte, Brash, Brugman et d'autres qu'il serait trop long de citer. J'ai cherché à donner des références dans toutes les circonstances, excepté celles où je ne croyais pas devoir ennuyer mes lecteurs; mais que je puisse en avoir oublié d'importantes, cela n'est que trop probable. Cependant, après que l'attention du savant critique a été appelée sur ses propres manquements dans son propre paragraphe sur CANAVNOS, il sympathisera plus volontiers avec moi, et il verra comment il se fait que des étourderies et des erreurs peuvent se glisser dans un livre, si petit qu'il soit.

En vous remerciant, Messieurs les Directeurs, vous, et, par votre entremise, mon savant ami, pour sa favorable critique, je vous prie d'agréer, etc.

John Rhys.
St Germain's, Oxford, 29 septembre 1879.

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Réponse de M. Gaidoz.

M. Rhys, comme on le voit, n'a touché dans cette lettre que quelquesuns des points traités dans notre article. Nous ne dépasserons pas nous. même les limites de sa lettre.

1) Ce serait entreprendre une dissertation en règle que d'examiner par le détail les liens qui unissaient les anciens Bretons aux autres Celtes. Nous ne le ferons pas plus que M. R. ne le fait dans sa lettre. Nous nous en tenons aux réserves que nous avons exprimées dans notre article et aux objections que M. d'Arbois de Jubainville avait présentées avant nous dans la Revue celtique (t. III, p. 280).

2) Sur le second point, nous avouerons sans difficulté que nous avons commis ce qu'on appelle en anglais une « clerical error ». Le Dictionnaire d'archéologie celtique donne bien CANAVNOS, non pas dans son texte, mais dans une feuille explicative des planches qui nous avait échappé. Nous avions donc tort d'alléguer cet exemple comme un de ceux

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