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logue a déjà étudié P. Syrus dans une dissertation intitulée « Die Spruchsammlungen des Publilius Syrus »); – M. W. Gemoll, une édition du fragment sans titre et sans nom d'auteur conservé dans trois manuscrits de Wolfenbüttel et déjà publié par Lange en 1848, sous le titre que lui donnèrent Scriverius (1621) et Scheele (1660), Hygini liber de munitionibus castrorum ; – M. A. ScheiNDLER, une édition de la Paraphrase de l'Evangile de saint Jean, par Nonnus de Panopolis (Nonni poetae Panopolitani Paraphrasis Evangelii Joannei, recensuit, apparatu critico instruxit, prolegomena praemisit A. Scheindler, Accedit Evangelium Sancti Joannis et indices); M. E. HEYDENREICH, une édition d'un roman inédit en latin sur la jeunesse de Constantin et sur la mère de l'empereur Hélène. (Incerti auctoris de Constantino Magno ejusque matre Helena Libellus); M. W. CHRIST, une deuxième édition de son ouvrage sur la métrique des Grecs et des Romains (Metrik der Griechen und Romer). Tous ces ouvrages paraîtront chez Teubner, à Leipzig.

- A la fin d'un travail sur les rythmes de l'ancienne poésie chrétienne (Untersuchungen über die æltesten lateinisch-christlichen Hymnen. Wien, Hælder) M. J. Huemer, dont l'on connaît l'étude sur Sedulius, a publié en appendice trois hymnes inédits, qu'il a découverts à Venise à la bibliothèque de Saint-Marc, ainsi que les variantes d'une poésie publiée par Mone (1, 115) (ces variantes, très importantes, sont empruntées à deux manuscrits que Mone n'a pas connus). Il est à souhaiter que M. Huemer publie une nouvelle édition critique des poésies chrétiennes qui appartiennent aux derniers temps de la littérature latine : mieux que personne, il est en état d'accomplir cette tâche difficile.

Le premier volume d'une « Histoire du latin d'église » (Geschiche des Kirchenlateins) a paru à Breslau chez Koebner; il a comme sous-titre : « Naissance et développement du latin d'église jusqu'à Augustin et Jérôme » (Entstehung und Entwickelung des Kirchenlateins bis Augustinus-Hieronymus. In-8°, iv et 92 p.). L'auteur, M. G. Koffmane, compte publier encore deux volumes de cet important ouvrage; le deuxième ira de l'an 400 à Isidore, le troisième et dernier volume sera consacré à l'histoire du latin d'église depuis Isidore.

- M. P. Knoell a trouvé six nouvelles fables de Babrius dans le manuscrit du Va. tican connu par Del Furia et vainement cherché par Niebuhr et récemment encore par M. Eberhard. Il rend compte de sa découverte et communique le texte des six fables dans un mémoire de l'Académie de Vienne, tiré à part et publié chez Gerold. (Neue Fabeln des Babrios. In-8°, 34 p. 0.65.)

Nous avons parlé à nos lecteurs (Chronique, no 10, p. 195) de la découverte d'un fragment du Chant d'E770 sur les miracles du Christ et d'un fragment du Memento mori de Notker. Ces deux fragments ont été trouvés par M. BARACK dans un manuscrit du xio siècle qu'il avait acquis pour la bibliothèque de Strasbourg et qui renferme la 3° et 4° partie des Moralia de Grégoire le Grand. Ils furent aussitet publiés dans le°jøp fascicule du X[° vol. de la Zeitschrift für deutsches Alterthum. M. Barack les publie aujourd'hui en fac-simile « afin d'offrir les bases les plus sûres à la critique. » (Ezzos Gesang von den Wundern Christi und Notkers Memento Mori in phototypischem Facsimile der Strassburger Handschrift herausgegeben von K. A. Barack. Vier Tafeln. Strassburg, Trübner.) Les quatre planches, d'une magnifique exécution, sont précédées d'une introduction sur le manuscrit qui renferme les deux fragments. Cette publication sera très utile aux « séminaires » de philologie germanique.

L'éditeur Perthes, de Gotha, a publié récemment un livre intéressant et agréablement écrit de M. W. Arnold, Deutsche Urzeit (in-8°, 441 p., 10 fr. 50), où l'au

teur a résumé pour le grand public (ein nichtgelehrtes Publikum), d'après les résultats des dernières recherches des érudits, tout ce qu'on sait sur les anciens Germains; son ouvrage comprend deux parties : jo Histoire des Allemands jusqu'à la monarchie franque ; 2° Meurs et coutumes des Allemands. Ces deux parties comprennent chacune quatre chapitres : 1° Emigrations préhistoriques (13-49); Les combats avec les Romains (49-81); Le mur de défense (Pfahlgraben ou limes, 81-115); La culture des nouvelles races (115-187); 20 Degré de culture (187-251); guerre (251-307); Constitution et droit (307-389); Croyance et vie intellectuelle (389-441); nous recommandons surtout cette dernière partie.

Le même éditeur a publié la quatrième édition de la biographie du poète et moraliste Claudius, par M. HERBST (Matthias Claudius, der Wandsbecker Bote, ein deutsches Stillleben. In-8°, x et 420 p.), et la dixième édition des auvres complètes du même écrivain. (Matthias Claudius' W'erke, zehnte Auflage revidirt, mit Anmerkungen und einer Nachlese vermehrt. 2 vols. in-8o.) Cette dernière édition, très soignée, est due à M. Redlich. On voit combien le « Messager de Wandsbeck » est encore populaire en Allemagne; il a subi l'épreuve d'un siècle, dit M. Herbst, et quel siècle en littérature comme en critique ! on peut donc croire que ses écrits, aussi longtemps qu'il y aura une Allemagne évangélique et une langue allemande, ne manqueront pas de lecteurs. Il convient d'ajouter que l'éditeur des æuvres de Claudius, M. Perthes, est l'arrière-petit-fils du pieux écrivain.

– Un professeur de l'Université de Berlin, M. Ludwig GEIGER, a l'intention de publier chaque année une « Chronique de Gathe » (Gæthe-Jahrbuch) dont le premier fascicule paraîtra probablement à la fin du mois de mars de l'année prochaine, à Francfort sur le Mein, à la librairie Kütten et Læning.

On apprendra avec plaisir que le deuxième volume de l'important ouvrage de M. Karl HillEBRAND, « Histoire de France depuis l'avénement de Louis-Philippe jusqu'à la chute de Napoléon III » (Geschichte Frankreichs von der Thronbesteigung Louis Philipps bis zum Falle Napoleon's III), vient de paraître; il comprend les années 1837-1848. (Gotha, Perthes, in-8°, 756 p. sur le premier volume, cp. Revue critique, 1878, n° 21, art. 104, p. 343.)

L'éditeur Ludolph St. Goar à Francfort-sur-le-Mein annonce la publication d'un Dictionnaire d'étymologie daco-romane, par M. A. de Cihac. Le titre complet de l'ouvrage (in-8°, xxiv et 816 p., 25 fr.) est : Dictionnaire d'étymologie dacoromane, éléments slaves, magyars, turcs, grecs-moderne et albanais.

- M. Freudenthal a reçu de M. Hagen, professeur à Cambridge (Amérique du Nord), copie d'une lettre inédite de Kant. Dans cette lettre, écrite en 1800 à son ami le professeur Hagen, le célèbre philosophe se montre aussi curieux que dans sa jeunesse des découvertes de la physique et s'intéresse vivement aux travaux de Rumford, M. Hagen écrit aussi à M. Freudenthal que son père avait reçu de son maître le professeur Kraus un manuscrit in-4° d'environ six feuilles, où Kant répliquait aux critiques de Hamann contre la Critique de la raison pure. M. Freudenthal souhaite qu'on puisse retrouver et publier ce manuscrit.

Le plus ancien sonnet allemand que l'on connaisse est un sonnet traduit de l'italien et intitulé « Zu dem bastardischen Christenthum » que Christophe Wirsung publia dans sa traduction des Apologi de Bernardino Ochino, parus en 1554. Ce sonnet allemand a été reproduit dans les Miscellen de J. K. Hæck (Gmünd, 1815), dans l'ouvrage de M. Hæpfner, Reformbestrebungen auf dem Gebiete der deutschen Dichtung des xvi. und xvii. Jahrhunderts (Berlin, 1866) et dans le livre de W. Wackernagel sur Fischart. M. Reinhold Kæhler a communiqué dans l’Archiv für Litteraturgeschichte de Schnorr de Carolsfeld (IX vol., le fasc., p. 4-8), d'après un

exemplaire des Apologi d'Ochino, trouvé par lui à la Bibliothèque de Dresde, le sonnet, jusqu'ici inconnu, que Wirsung avait traduit en allemand; ce sonnet a pour titre « Al christianesmo bastardo ».

Un des représentants les plus distingués de la science philosophique en Allemagne, M. Hermann Fichte, fils du célèbre philosophe de ce nom, est mort à l'âge de

83 ans.

ANGLETERRE.-On annonce, pour paraître prochainement, un Essai de M. Henry Huth sur la vie et les écrits de Buckle (Sampson Low); un ouvrage de M. SPALDING sur la sorcellerie au temps d'Elisabeth et en particulier dans les pièces de Shakspeare (Chatto et Windus); un volume de M. TODHUNTER sur Shelley; une édition des Captifs de Plaute, par M. E. A. SONNENSCHEIN, professeur à l'Université de Glasgow (Swan Sonnenschein et Allen); un recueil publié pour la Société des anciens textes anglais, par M. Sweet, recueil où l'on trouvera tous les textes antérieurs au temps d'Alfred, groupés selon l'ordre chronologique et par dialectes (tous les textes ont été copiés sur les manuscrits).

BOHÊME. M. Joseph Jureczek a publié, dans les mémoires de la Société royale des sciences de Prague (classe pour la philosophie, l'histoire et la philologie, série VI, vol. IX), un travail intéressant en langue tchèque, sur l’Hynnologie bohéme depuis les origines jusqu'au xvIII° siècle. Cette étude fournit de nombreux détails sur la poésie religieuse des Hussites, des Utraquistes, des Frères bohêmes; elle est accompagnée d'un index alphabétique de tous les cantiques imprimés en langue tchèque.

M. Constantin Jireczek a fait paraître dans le même recueil (vol. X) un mémoire en allemand sur les routes commerciales et les mines en Serbie et en Bosnie pendant le moyen âge. Ce travail complète celui qu'il avait déjà publié sur les passages des Balkans M. C. Jireczek a puisé les principaux éléments de son mémoire dans les archives de Raguse encore peu explorées.

a

ITALIE. La Rassegna Settimanale annonce la publication d'un recueil de Lettres inédites ou rares de Goldoni (Zanichelli, Bologne), en tête duquel M. Ernesto Masi a mis une étude sur la vie et les ouvres de l'écrivain italien (Saggio sullavita e le opere del Goldoni); des lettres d'Aleardi, avec une introduction de M. Trezza (Drucker et Tedeschi, Vérone); - des lettres d'Antonio Panizzi (Barbera, Florence).

Mme la comtesse Ersilia Caetani-Lovatelli a été élue membre de l'Académie des Lincei; il a fallu, dans la formule du diplôme traditionnel sur feuille de cuivre. changer l'indication du sexe. La nouvelle académicienne a remercié l'Académie par la lettre suivante, que nos lecteurs nous sauront peut-être gré de reproduire : « Hersilia Lovatellia Q. Sella Lynceorum Academiae Principi s. p. d, Gratias tibi atque universae Academiae quam maximas ago, ob insignem honorem quo me, quanquam feminam, ac nihil tale meritam augere voluistis. Quid enim honorificentius accidere mihi poterat quam in collegium vestrum, tot insignibus viris refertum, tanta suffragiorum consensione cooptari ? Hujus honoris memoriam nulla unquam dics es animo delebit, eaque, ut spero, industriam meam acuet, ut aliquid si non ingenio, studio saltem ac diligentia claboratum, nec eruditis auribus indignum ad vos offeram. Vale. Romae xiv. kal. Jul. MDCCCLXXIX. »

La Société d'histoire de Venise a fait paraître le premier volume des Diarii de Marin Sanuto; les douze p:emiers volumes de ce précieux journal comprennent

les années 1496 à 1511. Le tome premier du catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Vatican, relatifs à l'histoire de Rome, a été publié par M. V. Forcello. - On trouve dans le premier volume du Saggio di codice diplomatico formato sulle antiche scritture dell'archivio stato di Napoli, par M. C. Minieri Riccio des documents qui vont de 964 à 1243. – On a élevé à Capoue un monument au chancelier de Frédéric II, Pierre des Vignes; à cette occasion a paru un écrit de M. V. BINDI ; Pietro della Vigia ed i grandi Capuani del regno di Federico II,

– Dans peu de jours on aura mis à découvert l'ancien temple de Romulus qui avait été converti en église des SS. Cosme et Damien. Les fresques magnifiques, découvertes près de la Farnesine, ont été déposées dans un local, situé près du temple d'Antonin et de Faustine ; une des mieux conservées représente l'Education de Bacchus ; elles seront placées, ainsi que tous les objets d'art retirés du Tibre, dans un nouveau musée, le Musée Tiberino, que l'on construit dans l'ancien jardin botanique à la Lungara,

Le 25 septembre a été célébré à Pompei le dix-huitième anniversaire séculaire de la destruction des villes de la Campanie ensevelies par le Vésuve l'an 79 de notre ère.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES LETTRES

Séance du 26 septembre 1879. L'Académie, ayant à choisir un lecteur pour la séance annuelle des cinq académies, qui doit avoir lieu le 25 octobre, désigne M. Le Blant. Il lira son mémoire sur le conte arabe de Cogia Hassan, rapproché d'une légende chrétienne du vie siècle, rapportée par Jean Moschus.

M. Gaston Paris continue sa communication sur la phonétique des Serments de Strasbourg et sur celle de l'ancien français et du bas-latin en général. Il étudie aujourd'hui le sort de la pénultième brève dans les mots proparoxytons, lors du passage du latin aux langues romanes. - Déjà dans le latin classique, les mots proparoxytons étaieni en moins grand nombre que les paroxytons. Dans les langues romanes, cette disproportion s'est beaucoup accentuée; dès l'époque du bas-latin, le plus grand uombre des proparoxytons ont été transformés en paroxytons. Cette transformation s'est faite de trois façons différentes : 01 la voyelle de la syllabe pénultième est tombée, ou elle s'est changée en consonne, ou l'accent s'est transporté de l'antépénultième sur la pénultième. Le premier cas (chute de la voyelle de la syllabe penultieme) est de beaucoup le plus fréquent. M. Paris l'étudie en premier lieu,

La chute de la voyelle penultiéme atone a eu lieu dans tous les mots où elle a pu se faire sans produire un concours de consonnes qui rendît le mot difficile à prononcer. On l'observe tout d'abord dans les mots où cette voyelle est précédée d'une muette et suivie d'une lou d'une r : elle se rencontre alors dès le latin classique : periclum, saeclum, hercle, dans Ennius opre pour opere, etc. Souvent, lors même qu'on écrivait la voyelle, on ne la prononçait pas, comme nous le voyons par les transcriptions grecques des mots latins, Piros pour Regulus , "Asynov pour Asculum, etc. Dès le ivo siècle, au plus tard, la chute de la pénultième dans cette position avait amené un autre phénomène, la transformation du t en c:au lieu de vetulux on disait veclus, au lieu de vitulus, viclus, etc, parce que le groupe de tl est difficile à prononcer. Ce second changement n'a pu se faire qu'après le premier : celui-ci (la chute de la voyelle) est donc ancien dans la langue, c'est bien un phénomène latin et non un phénomène roman.

(Le texte qui fournit les formes veclus, viclus, etc., est celui qui est connu sous le nom d'Appendix Probi. M. Paris donne à ce propos quelques détails sur ce texte, qui n'a pas été apprécié à sa juste valeur. C'est un recueil de locutions vicieuses corrigées, analogue aux « Ne 'dites pas... Dites... » de nos grammaires ; presque routes les fautes qu'il corrige sont des manières de parler qui ont passé dans les langues roinanes. Ce qui donne à ce texte une grande valeur, c'est qu'il est, pense M. Paris, plus ancien qu'on ne l'a cru jusqu'ici. Il voit la preuve de cette ancienneté dans un passage ainsi conçu : Vico capitis Africae, non vico caput Africae. On a corrigé 272

REVUE CRITIQUE D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE à tort en vicecapitis et vicecaput. La vraie leçon est celle du ms., et l'explication en a été suggérée à M. Paris par feu C. de La Berge, et confirmée par M. L. Renier. Vico ou vicus capitis Africae est le nom d'une rue de Rome, où fut établie jusqu'à Constantin une école spéciale destinée à fournir des employés pour le palais impérial; un employé sorti de cette école s'appelait un caputafricensis. M. G. Paris croit pouvoir admettre que le traité dit appendix Probi, qui mentionne ce nom et ne mentionne aucun autre nom de rue ni de lieu, devait avoir été fait à l'usage de l'école du vicus capitis Africae, et, par conséquent, qu'il est au plus tard du temps de Constantin. – Quant à la tournure vico caput pour vico capitis, critiquée par l'auteur de l'appendix, c'est le premier exemple d'un phénomène commun à toutes les langues romanes, comparées au latin classique : la substitution de l'accusatif aux cas obliques.)

Si la chute de la voyelle pénultième atone a eu lieu universellement et de bonne heure dans les mots où cette voyelle se trouvait entre une muette et une l et une r, il n'en pas été de même pour les mots où la chute de cette voyelle devait produire d'autres groupes de consonnes. Alors les choses se sont passés différemment dans les différentes langues romanes. L'italien souvent et l'espagnol assez souvent ont reculé devant la chute de la pénultième; par suite, ces deux langues ont conservé des proparoxytons, ou, comme on dit en italien, des mots sdruccioli (la plupart des sdruccioli qui existent aujourd'hui en italien sont, il est vrai, des mots savants, mais les savants n'ont pu leur donner cette forme que parce qu'il existait déjà des sdruccioli dans la langue populaire). En français et en provençal, au contraire, les proparoxytons ont fini par être tous éliminés : plus ou moins tardivement, il est vrai, car le provençal en a conservé quelques-uns longtemps et le français même quelque temps. Par exemple les mots où l'aione était suivie d'une n et précédée d'une autre consonne ont donné d'abord des proparoxytons provençaux et français : jovene de juvenem, antievene d'antefona pour antiphona, Estievené de Stephanum; ensuite les deux langues ont transformé ces mots en paroxytons chacune à sa façon : jovene est devenu en provençal jove (suppression de la dernière syllabe), en français jeune 'suppression de la pénultième); antievene a fait en provençal antiève, en français antienne. Parfois le français a modifié un même mot de plusieurs manières différentes, qui tendaient toutes à le rendre paroxyton : ordene a donné les trois formes orne (d'où ornière), orde (d'où ordière, synonyme d'ornière dans certains patois), et ordre, qui est resté. A l'exemple de jovene, antievene, ordene, ont été formés des mots savants tels qu'imagene (par formation populaire, imaginem aurait donné imain), pagene, virgene, angele, qui sont devenus depuis image, page, vierge, ange.

Dans les mots où la voyelle pénultième atone était précédée de deux consonnes et suivie d'une troisième, le provençal et le français se sont comportés très différemment. Le provençal, en ce cas, a commencé par conserver la pénultième et a eu ainsi des proparoxytons : pértega de pertica, portegue de porticus, fabregas de fabricas : plus tard il a transformé ces mots en paroxytons par un déplacement de l'accent, qui s'est porté de l'antépénultième sur la pénultième : pertega, portégue, fabrégas. Le français, au contraire, a supprimé dans tous ces mois la voyelle de la pénultième, et avec elle une des consonnes qui auraient gêné la prononciation : perche, porche, forge.

Enfin, lorsqu'en latin la pénultième était suivie de deux consonnes, elle n'a pu tomber : alors, dès le bas latin, il s'est produit un déplacement de l'accent, qui a passé de l'antépénultième à la pénultième : lat. palpebra, b.- lat. palpebra, franç. paupière; integrum, intégro, entier; colubra, colobra, couleuvre, etc.

Dans sa prochaine lecture, M. Paris parlera des proparoxytons qui sont devenus paroxytons par transformation de la voyelle pénultième en consonne.

M. Th. H. Martin continue la lecture de son mémoire sur les hypothèses astronomiques des philosophes grecs. Il expose les théories astronomiques et cosmographiques d'Eudoxe, et réfute les idées de certains critiques qui, supposant à Eudoxe plus de connaissances qu'il n'en pouvait avoir, lui ont prêté un système trop savant et trop rationnel pour son époque.

Ouvrages déposés : – E. CAILLEMER. Compilation anonyme sur la défense des places fortes, traduite pour la première fois du grec (Besançon 1872, extrait des Mémoires de la société d'émulation du Doubs, 1870-1871; - J. GIRARD, Le sentiment religieux en Grèce (nouvelle édition); – Ch. NISARD, Guillaume du Tillot.

Julien HAVET.

Le Propriétaire-Gérant : ERNEST LEROUX.

Le Puy, typ. et lith. Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.

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