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tionnées dans ces inscriptions, le Malakbel solaire et le Aglibol lunaire de Palmyre, et, en cela, il suit probablement l'opinion du rédacteur du Corpus Inscr. gr. M. B. ne s'est-il pas demandé si ces deux divinités ne touchaient pas, par quelque point, à la personnalité même de la montagne au sommet de laquelle s'élevait leur sanctuaire, le fameux Djebel Sem'an, le sanctuaire de Siméon le Stylite ? Les copies de Pococke sont malheureusement détestables, et il est bien regrettable que M. Waddington, qui a passé par là?, (Inscr. gr. et lat. de la Syrie, p. 626), n'ait pu songer à temps à aller revoir les originaux. Le premier dieu est un Zeus

હૈ MABAX (OC), MAAPAX (OC), ou AMAPAX(OC); le second, un EPEAAMANHS), LEAAMANHS), ou .EAIA'T MA (NHS). M. B. n'a peut-être pas suffisamment insisté sur l'incertitude des formes. Si la restitution adoptée en.ap.éves était sûre, il serait aisé de lui découvrir des accointances soit directement avec certains personnages de la mythologie sémitique, soit avec divers noms de montagnes. Dans le doute, ne pourrait-on penser à quelques noms plus ou moins apparentés aux noms actuels de Barakat et Semân? Il faut avouer que ce Siméon Stylite a par instants une tournure un peu suspecte, et que sa légende pourrait bien recouvrir quelque vieux mythe local.

Le dieu phénicien Sadyk, Nebi Siddiq, était, lui aussi, un dieu-montagne comme le prouve l'existence d'un Djebel Siddîqa encore mentionné en Phénicie par les anciens géographes arabes 2.

Pour ce qui est de Bopos et de Bama = haut lieu, sanctuaire, il ne serait peut-être pas inutile de noter que, dans l'inscription bilingue de Larnax Lapithou (Chypre), le Bopos du texte grec est, dans le texte phénicien, non pas une bama, mais un mizbeah, c'est-à-dire un lieu d'immolation, un autel au sens restreint du mot.

Le reproche le plus grave que j'adresserai au livre de M. B., livre d'ailleurs fort bien fait et très-complet à d'autres égards, c'est de contenir une lacune véritablement singulière. M.B., qui s'étend longuement sur les différentes espèces de lieux saints, ne parle pas de ce culte si caractéristique, si intimement syrien et palestinien, des cavernes sacrées. Ce trait cependant était peut-être le plus essentiel de la question abordée par M. B., celui qui nous fait pénétrer au plus profond des mystérieuses superstitions propres aux Sémites. Je m'étonne qu'il ait échappé à l'attention d'un observateur aussi sagace. La sainteté des cavernes nc le cède en rien à la

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1. Un auteur arabe cité par Thomson et Ritter appelle l'endroit lon Nebo. Ce nom caractéristique de Nebo, l'idole de cet ancien sanctuaire qui, d'un côté, rappelle le fameux mont Nebo de Moab, réveille, d'un autre côié, pour les deux autres noms, toute une série de formes assyriennes assez tentantes, mais auxquelles on ne pourrait s'arrêter que si l'on avait sous les pieds un terrain solide, c'est-à-dire un texte sûr.

2. Horus et S. Georges, p.49. Pour les Arabes, les montagnes divines sont qualifiées de Djibál Cherifè, exactement comme le Haram de Jérusalem et autres lieux saints,

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sainteté des montagnes, des fleuves, des sources, des arbres, etc. Les cavernes d'Astarté et d'Adonis, la caverne des Patriarches ou Macpelah à Hébron, de Lot à Segor, d'Elie au Carmel, et sur le Horeb, la caverne de la roche sacrée du Temple à Jérusalem, la caverne mithriaque de la Nativité à Bethléem, le Saint-Sépulcre adonisiaque de Jérusalem, etc., et tant d'autres !... Mais ce sont là les entrailles mêmes du sémitisme religieux! La caverne adorée en Syrie est la grande matrice, encore féconde aujourd'hui, d'où sont sortis bien des dogmes, sans parler de celui qui devait couvrir le monde. Cette adoration est le dernier et elle a peut-être été le premier mot des croyances populaires. Elle avait droit à une large place au milieu de ces idées de sainteté concrète dont M. B. avait entrepris de nous raconter l'histoire, idées qu'on pourrait désigner sous le nom général de topolâtrie.

Au demeurant, le nouveau cahier consacré par M. B. à l'histoire des religions sémitiques est un ouvrage de réelle valeur, aussi intéressant par les questions qu'il essaie de résoudre que par celles qu'il soulève. J'ai vu avec un plaisir particulier que M. B. a compris en plusieurs cas, et semble comprendre de plus en plus à mesure qu'il avance dans ses recherches, tout le parti qu'il y a à tirer de l'étude des monuments archéologiques pour renouveler celle des textes bibliques. Formé à la haute école de la théologie allemande, l'auteur y a acquis une solide assiette exégétique. Mais il a montré à l'occasion qu'il ne craignait pas de sortir du manége étroit dans lequel cette école a le tort de tourner un peu trop uniformément. M. Baudissin ne se contente pas d'être bon cavalier. Il veut voir du pays. Il a raison et l'on ne peut que l'encourager à pousser dans

à ce sens et à aller de l'avant. La Bible comparée à elle-même n'a plus grand'chose à nous apprendre. Tout a été tenté dans ce sens par des géné. rations de commentateurs grands et petits. Tout ce qui pouvait être trouvé l'a été. C'est du dehors seulement que nous pouvons attendre de nouvelles lumières, et, avec ce secours, il n'est pas d'obscurités que nous ne puissions espérer dissiper, pas de problème, si grave qu'il soit, si insoluble qu'il paraisse, que nous ne puissions être un jour en mesure d'attaquer et de résoudre.

Ch. CLERMONT-GANNEAU.

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171. - Das Pericleische Zeitalter, Darstellung und Forschungen von

Adolf Schmidt, Zweiter Band, Forschungen über die Hauptgrundlagen der Ueberlieferung. lena, Fischer. 1879, i vol. in-8°, 380 p. Prix: 7 mark 50 (9 fr. 40).

M. Schmidt reprend, après une assez longue interruption, ses recherches sur le siècle de Périclès. Le volume qu'il vient de faire paraître est

1. M. B., p. 202, avait été cependant amené à parler incidemment de la grotte d’Astarté de la Qasmiyé à propos des palmes gravées sur les parois. Cette renconiru aurait dû lui faire ouvrir l'æil.

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consacré à Stésimbrote de Thasos. On trouvera sans doute que c'est accorder une bien grande importance à un auteur assez décrié. Stésimbrote, jusqu'ici, passait pour un historien peu scrupuleux et le livre, où il racontait les vies de Thémistocle, de Thucydide, fils de Milésias, et de Péricles, était considéré comme une sorte de pamphlet. Au dire de Plutarque ', le témoignage de Stésimbrote n'aurait pas plus de valeur que celui des poètes comiques. Il confond et brouille les dates ? ; il répète indiscrètement, avec une complaisance visible, les bruits injurieux qui couraient sur le compte de Périclès 3. Il ne fait guère d'exceptions que pour les chefs du parti aristocratique, pour Cimon surtout, qu'il comble de louanges 4. Ainsi, aucune critique dans le récit des événements, crédu. lité frivole ou même malveillance systématique, tels sont les défauts que Plutarque relève chez Stésimbrote, et ce jugement rigoureux a été généralement accepté 5.

M. S. s'inscrit en faux contre l'opinion commune. Ce n'est pas assez de dire qu'il entreprend de réhabiliter Stésimbrote ; il lui décerne une place d'honneur parmi les historiens de l'époque de Périclès. Peu s'en faut que Thucydide ne soit dépossédé et que l'autorité de Stésimbrote ne soit substituée à la sienne. Dans le chapitre qui ouvre le second volume, l'auteur examine successivement tous les fragments qui nous sont parvenus de l'ouvrage de Stésimbrote sur Themistocle, Thucydide et Péricles, et, faisant à son tour le procès à Plutarque, « ce dilettante dans tout ce qui touche à la chronologie » (p. 2), il discute chacune de ses critiques. Mais Plutarque n'est pas seulement convaincu de légèreté ; il est encore convaincu d'ingratitude, car, d'après M. S., il doit beaucoup à ce Stésimbrote dont il a parlé avec si peu de respect. Les vies de Thémistocle et de Périclès presque intégralement, la vie de Cimon, pour une partie considérable, sont empruntées à l'historien de Thasos. Il ne suffit pas, en effet, à M. S. d'avoir rétabli l'autorité des textes de Stésimbrote que nous possédons; il prétend déniontrer que l'ouvrage de Stésimbrote, alors même qu'il n'est pas cité expressément, est la source principale où Plutarque et beaucoup d'autres auteurs, avant ou après lui, ont puisé Pour un point particulier, pour ce qui a trait à la construction des murailles élevées par Thémistocle pour défendre Athènes et ses ports, il cherche à établir que les historiens postérieurs se sont appuyés au moins autant sur le témoignage de Stésimbrote que sur celui de Thucydide; et même il ne serait pas éloigné de croire que le premier a été parfois préféré au second. Dans le chapitre suivant, la question est encore agrandie. L'auteur émet cette opinion qu'on peut retrouver la trace de Stésimbrote

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1. Vie de Périclès, c. XIII.
2. Plut., Vie de Thémistocle, c. 11.
3. Id. Vie de Périclès, c. xxxvi. Cf. Athénée, xii, p. 589, D E.
4. Plut., Vie de Cimon, c. IV.

5. V. C. Müller, Frag. Hist. Gr. (coll. Didot), 2° vol. p. 52 sqq. et Otf. Muller, Hist. de la litt. gr. trad. fr., tome II, 2e édition, p. 335, note 3.

chez tous les écrivains grecs ou latins, qui ont raconté les événements du temps de Périclès ou même y ont fait simplement quelques allusions. Ils ont beau ne pas prononcer son nom; leur silence n'abuse pas M. S. et ne réussit pas à mettre en défaut sa sagacité. Pour abréger la démonstration, il se renferme dans l'examen de six auteurs, Cicéron, Cornélius Nepos, Trogue-Pompée, Valère-Maxime, Polyen et Elien, qui tous directement ou indirectement, qu'ils aient eu conscience de leurs emprunts ou qu'ils les aient ignorés, lui paraissent être redevables à Stésimbrote d'une grande partie de leur science. Nous perdons de vue l'historien de Thasos dans le dernier chapitre, qui traite de la composition de l'histoire de Thucydide ; mais ce dernier chapitre est fort court, c'est presque un hors-d'oeuvre et le volume, dans son ensemble, n'en reste pas moins comme un monument élevé à la gloire de Stésimbrote.

Il est difficile d'avoir plus d'érudition que M.S., de mieux connaître les textes et de savoir les interroger plus habilement. Mais la thèse qu'il soutient, a trop souvent l'air d'être un jeu d'esprit. Il est possible que Stésimbrote vaille mieux que sa réputation ; mais, tout en sachant gré à M. S. d'avoir ramené l'attention sur un écrivain dont les moindres fragments sont précieux, puisqu'il était contemporain des hommes dont il a raconté la vie, on hésitera à le suivre jusqu'au bout dans ses conclusions. Heureusement, M. S. n'est pas un auteur très méthodique et il lui arrive quelquefois d'abandonner son sujet pour se jeter dans des discussions accessoires, qui sont peut-être les parties les plus intéressantes de son livre. C'est ainsi qu'il étudie longuement (p. 46 sqm) les procédés de composition de Plutarque et l'usage qu'il faisait des documents qu'il avait à sa disposition. La Revue rendait compte, assez récemment 1, d'un travail de M. Schubert sur les sources de Plutarque dans les vies d'Eumène, de Démétrius et de Pyrrhus. Ce travail est loin d'être isolé et bientôt il y aura en Allemagne une littérature de Plutarque, comme il y a déjà une littérature d'Homère. Les pages de M. Schmidt que je viens d'indiquer, sont assurément au nombre des meilleures qui aient été écrites sur la question et elles seront toujours consultées avec profit.

R. LALLIER.

172. Paul ALLARD. L'Art païen sous les empereurs chrétiens. Paris,

Didier, 1879, in-8° de xv-325 pages. · Prix : 3 fr. 50.

Le nom de M. Allard est honorablement connu de tous ceux qui s'occupent d'archéologie chrétienne, et ses ouvrages (Rome souterraine, Les esclaves chrétiens) ont obtenu du succès. Son nouveau livre intéressera également les lecteurs par une exposition nette, une connaissance exacte des découvertes et des travaux récents.

1. 31 mai 1879,

n° 22.

Je me permettrai cependant quelques réserves sur la composition et l'esprit de l'ouvrage. Le titre manque de précision et ne répond pas assez nettement à ce que contient le livre. On peut examiner l'art païen sous les empereurs chrétiens à bien des points de vue : M. A. se préoccupe surtout de la destinée des temples ; ce qui concerne la peinture, la sculpture, les relations de l'art païen avec l'art chrétien est souvent traité d'une manière trop sommaire. Il eût mieux valu peut-être choisir pour titre : Les temples païens sous les empereurs chrétiens. Dans les premiers chapitres, c'est même le plus souvent de l'exercice du culte qu'il s'agit; M. A. se laisse entraîner à rentrer dans l'histoire générale du paganisme, et il parle d'événements qui n'ont que des rapports indirects avec l'art. Ce défaut est d'autant plus sensible que ces événements ont été souvent étudiés et discutés, et que M. A. en donne des appréciations qu'il est parfois difficile d'admettre. Il y a, par exemple, sur Constantin (p. 13-14), sur la sincérité historique d'Eusebe (ib.), sur les évêques du ivo siècle (p. 130), des jugements qu'on ne peut accepter sans restrictions. L'ouvrage par endroits affecte trop les formes d'un plaidoyer; mais qui veut trop prouver met en défiance. M. A. a eu grandement raison de disculper les chrétiens du sve et du ve siècle, des accusations trop vives qu'on a portées cotre eux; mais il a eu tort d'exagérer çà et là cette justification au point de la rendre invraisemblable. Je citerai particulièrement la seconde partie du ch. ix où M. A. tombe de très bonne foi dans de véritables contradictions. C'est ainsi qu'il affirme (p. 220) que « pendant les persécutions comme après le triomphe l'Eglise eut horreur de l'outrage et de la destruction. » Il cite aussitôt des faits qui montrent que l'Eglise blâmait comme imprudentes les attaques contre les idoles, mais aux époques et dans les pays où elle n'avait pas pour elle l'autorité civile. Bien souvent elle agissait d'autre sorte quand elle s'appuyait sur le pouvoir impérial; M. A. n'en a-t-il pas donné lui-même les preuves? Il cherche à s'en tirer par des distinctions que je n'entends pas très bien : « Dans l'ordre des faits, dit-il, l'Eglise laissa quelquefois fléchir ces principes, et il ne pouvait en être autrement : dans l'ordre des idées, elle les maintint inébranlables, » Est-on bien venu à mettre au compte de son client des principes que la pratique nous montre sans cesse violés ? Il vaut mieux faire la part du feu, reconnaître qu'il y a eu beaucoup de faits regrettables, mais qu'en résumé, la modération absolue ne se rencontre guère en de pareilles époques. Je ne puis entrer ici dans un examen détaillé des faits, mais je crois que la vérité est entre les opinions passionnées que combat M. A. et celles qu'il expose lui-même sous des formes trop arrêtées. M. A. dit quelque part « qu'il est impossible de poser en ces matières une règle générale. » Voilà qui est plus juste que de parler de principes inébranlables. La conduite des évêques a varié d'après leur caractère, d'après le tempérament des populations au mi

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