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aura sans doute confondu falcem et faldam, et traduit : le bure se penchera ou s'appuiera sur la faux pour le compte de son maître, quand il aurait dû traduire : et il couchera de la Saint-Martin à Pâques dans l'étable de son maître, le mot falda venant, d'après Du Cange, du saxon fald, et signifiant en même temps étable pour les animaux et refuge pour les hommes, ou encore enclos pour les chevaux et les animaux. Etant donnée la saison, où la redevance est exigée, il faut traduire falda par étable plutôt que par enclos. — P. 33, M. G. dit que l'usage était que le maître fournît au bure « toutes les armes dont il avait besoin. » Ici encore M. G. a fait un contre-sens : il a confondu tela, nominatif singulier féminin, signifiant toile, avec tela, nominatif pluriel neutre de telum, qui signifie traits, armes. Il aurait donc dù dire que le maître fournirait au bure « toute la toile dont il avait besoin ».

P. 33. M. G. dit que le bure devait donner « au porcher de la curie vi pains lorsqu'il conduisait son troupeau au pâturage »; il eût mieux fait de traduire « porcario curiae », sinon par porcher du village ou du hameau, du moins par porcher banal.-P. 31. Dans le texte d'Ellis, reproduit par M. G., on lit : « Ad Pascha unam ovem invenere, » qui est inintelligible. Je proposerais de lire : Unam ovem juvenem, » écrit dans le ms. « iuuenem », ce qui expliquerait jusqu'à un certain point comment M. Ellis a pu écrire « invenere » : s'il y a réellement, dans le ms. de Cambridge « invenere », on pourrait peut-être lire : « in Venere, » synonyme de « in Veneris die, » et traduire par le vendredi de Pâques. » Cette dernière interprétation n'est donnée qu'avec la plus extrême réserve. – P. 34. M. G. a écrit un acre, quand il aurait dû écrire une acre. -P. 36. Il dit que Simon de « Nugaster » donne à l'abbaye de Noyers un collibert : s'il avait cherché à identifier le mot «Nugaster, » qui devait lui paraître au moins singulier sous cette forme, il aurait trouvé que

Nugaster » répond maintenant à Nouâtre, qui est une localité du département d'Indre-et-Loire, qui fait partie de l'arrondissement de Chinon et du canton de Sainte-Maure et il aurait dit « Simon de Nouâtre ».

Ces quelques critiques montreront à M. Guillouard que j'ai lu son opuscule avec le soin qu'il mérite et je ne saurais trop engager le savant professeur à continuer ses études sur l'état des personnes, le droit et les institutions de moyen âge, en un mot sur les questions qui lui permettront d'utiliser ses connaissances juridiques. Mais il fera bien aussi de s'y préparer par une étude du bas et du moyen latin, pour ne plus s'exposer à tomber dans des erreurs du genre de celles que je viens de signaler.

Ulysse ROBERT.

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VARIÉTÉS

PONTATICUM « Pontaticum, i. n. (pons) péage d'un pont, Ammian. 5. 1. »

Grand Dictionnaire de la langue latine sur un nouveau plan, par le

D' Guill. FREUND, revu sur les textes, et considérablement augmenté, par
N. Theil. T. II, p. 833. Paris, 1872.)

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« Ammian. 5, 1 » doit signifier : « Ammien Marcellin, livre V, chapitre 1er. » Or le livre V d'Ammien est au nombre de ceux qui sont perdus: il n'en existe pas de fragments. D'ailleurs les savants qui ont confectionné l’Index rerum d'Ammien M cellin n'ont pas relevé le mot PONTATICUM chez cet auteur. Il nous a paru curieux de rechercher l'origine de cette fausse indication.

Le mot PontAricum ne se trouve pas encore dans l'édition donnée en 1805 à Padoue du Facciolati-Forcellini. Il a disparu de la récente réédition de ce dictionnaire par le Père V. De-Vit (Rome, 1868). Mais, entre ces deux limites, il figure dans la pre édition parue en Allemagne du Forcellini (Leipzig, 1829), où on lit : * Pontaticum, i, n. vectigal quod in pontis transitu datur. Ammian., 5, 1. B. A.

B. A.= Bailey i Auctarium. C'est donc un article ajouté pour la première fois au Forcellini par Jacques Bailey, dans l'Auctarium placé à la fin du tome II de sa réimpression de ce dictionnaire (Londres, 1826).

Mais si ce n'est pas dans Ammien Marcellin que Bailey a rencontré PONTATICUM, où a-t-il pris ce mot, et comment se fait-il que la paternité de PONTATICUM ait été attribuée à Ammien?

PONTATICUM, mot de la basse latinité, dont il y a de nombreux exemples cités au Glossarium mediae et infimae latinitatis de Du Cange, se rencontre notamment dans un recueil anonyme de vieilles Formules publié à la suite de Marculfe, chap. xlv, intitulé Indiculus regalis. L'une des éditions le plus répandues de Marculfe avant le récent Recueil de formules de M. E. de Rozières, est la suivante :

Marculfi monachi aliorumque auctorum formulae veteres editae ab illustr. viro Hieronymo Bignonio, etc. Parisiis, 1665, in-4°

Le chapitre xlv du Recueil anonyme s'y trouve à la page 155, où le mot en question, PONTATICUM, se lit à la ligne 16.

Cette édition, outre la pagination de la marge supérieure, porte un autre genre de numérotation au bas des pages. Chaque cahier, qui est composé de quatre feuillets, soit huit pages, est marqué d'une lettre de l'alphabet à son premier feuillet, de la même lettre suivie de ij, puis de iij, aux deux feuillets suivants; le quatrième feuillet du cahier n'a pas de marque. Or la page 155, celle où se rencontre PontATICUM, est marquée à la marge inférieure : Vij.

Bailey semble avoir pris sur son papier la note suivante : PONTATICUM, Marc. Vij, qu'il déchiffra plus tard, au moment de l'impression de son Auctarium, avec une triple erreur :

Marcellinus), d'où : Ammian, au lieu de Marc(ulfus)
5, au lieu de la lettre V (vé)
I, au lieu de íi.

Les deux premières confusions s'expliquent assez d'elles-mêmes. Quant à la dernière, nous avons maintes fois constaté - se charge qui veut d'expliquer le fait que l'erreur d'une seule unité dans la transcription de nombres est la plus facile à commettre.

Ch. G.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES LETTRES

Séance du 8 août 1879. M. Léopold Delisle lit une notice sur un psautier du vió siècle qui appartient à la bibliothèque de Lyon. Le ms. dont il s'agit est un volume de 103 feuillets de parchemin, de 295 millimètres de hauteur. L'écriture est une grosse onciale; elle rappelle celle du ms. de la Bibliothèque nationale connu sous le nom de Psautier de Saint-Germain. L'âge des mss. en onciale est, en général, difficile à déterminer, quand, on n'a pour cela d'autre ressource que les considérations tirées de l'aspect de cette écriture. Ici heureusement une autre circonstance fixe la date. Le ms. porte un grand nombre de notes ajoutées après coup, soit pour en modifier le texte, soit pour rétablir des passages rongés par la pourriture. Ces additions sont, les unes en onciale, les autres en cursive mérovingienne. Or la date de ces additions est, tant d'après l'écriture (la cursive mérovingienne) que d'après l'orthographe, facile à déterminer : elles sont sûrement de la première moitié du ville siècle. Le ms. lui-même est donc plus ancien encore : et les différences d'orthographe qu'on remarque entre le corps du volume et les additions indiquent, selon M. Delisle, que l'intervalle entre la rédaction première et la révision doit être de plus d'un siècle. Telles sont les considérations qui le portent à assigner l'exécution du psautier de Lyon à la fin du vi° siècle ou tout au plus au commencement du vi°. – Ce volume n'est pas complet. Les feuillets conservés ne comprennent que le quart environ du psautier. Le texte présente des particularités curieuses. M. Delisle rappelle qu'il existe trois rédactions latines du psautier, toutes trois dues à saint Jérôme ou révisées par lui : le Psalterium romanum, version révisée par Jérôme sur le grec en 383; le Psalterium gallicanum, nouvelle révision exécutée de 387 à 391; et le Psalteri um hebraicum, révisé par Jérôme sur l'hébreu, en 405. Le ms. de Lyon présente un mélange des deux premières de ces versions : le Psalterium gallicanum a été suivi dans les psau

1. C'est ainsi que, sans chercher bien loin, à l'article PONTATICUm même chez Du Cange (édit. origin. et réimpression moderne), le chap. 45 de l'anonyme publié à la suite du Marculfe est devenu chap. 46. Il est vrai que, dans l'espèce, la faute pourrait s'expliquer aussi par la nature de la première lettre du titre :

XLV. Indiculus, etc. que l'ail de Du Cange aura lu, par l'effet d'une illusion qui n'a rien de rare,

XLVI. Indiculus. etc.

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REVUE CRITIQUE D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE mes 10 à 12, 25, 37 et suivants, le Psalterium romanum dans les psaumes 13 à 23, 27 à 35; les deux textes sont mêlés dans les psaumes 24 et 26. Ce qui est plus

à singulier encore, c'est que le réviseur du vile siècle a modifié le texte, tantôt pour substituer la leçon du gallicanum à celle du romanum, tantôt au contraire pour substituer celle du romanum à celle du gallicanum, sans qu'on puisse s'expliquer cette anomalie. On trouve sur quelques feuillets des notes sans rapport avec le texte, dont quelques-unes ont de l'intérêt; une de ces notes est une formule de procès-verbal d'audience judiciaire; une autre est une invocation en bas-latin, curieuse pour l'histoire de la langue : Christi, resuveniad te de mi peccatore tribulantes !

M. Viollet continue la lecture de son étude sur les coutumes d'Orléans, d'Anjou et du Maine. Ayant, dans sa première lecture, examiné ces coutumes au point de vue de la forme de la rédaction, M. Viollet passe à l'examen du fond. Il examine successivement les dispositions de ces coutumes au point de vue du droit civil et du droit pénal, et cherche à reconnaître les points empruntés, soit au droit romain, soit au droit germanique, soit au droit canon. Le droit germanique est celui dont l'influence se fait le plus sentir : on remarque même qu'il a fait des progrès depuis l'époque mérovingienne, tandis que le droit romain reculait, au point que dans le droit canon même les principes germaniques se sont parfois substitués aux principes romains. Dans l'étude détaillée qu'il fait des diverses dispositions des coutumes, M. Viollet signale, entre autres, une particularité de droit pénal qui s'est conservée, à travers tout le moyen âge, depuis le plus ancien droit germanique connu jusqu'à notre législation actuelle : c'est la distinction de l'homicide simple et de l'homicide commis avec préméditation ou guet-apens, ce dernier étant considéré comme un crime plus grave que le premier. Cette distinction se trouve (quoique assez confusément exprimée) dans la loi salique et dans les autres lois barbares comme dans les coutumes du moyen âge : l'homicide accompagné de préméditation ou de guet-apens y est caractérisé par le nom de meurtre. La même distinction a passé dans notre code pénal : les noms seuls ont changi, le terme de meurtre est devenu le nom de l'homicide simple, et l'homicide prémédité a pris le nom d'assassinat; Code pénal, art. 296 : « Tout meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié assassinat. »

Ouvrage présenté, de la part de l'auteur, par M. L. Delisle : Ang. ZOTTOLI, Corpus litteraturæ sinicæ, 2 vol. in-8°.

Julien HAVET.

:

Erratum. – P. 111, l. 15 du bas, au lieu de Norique maritime, lire « Noricum ripense ».

COMMUNICATION

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Correction d'un passage du traité du libre arbitre d'Abd ar Razzaq. A la page 20, 1. 14 et 15 de mon édition de la Risalah d'Abd ar Razzaq (Paris, Maisonneuve, 1879), il faut évidemment lire ta'ridho et ta'dhirohom, au lieu de la 30 personne; de même, p. 21, l. 2, lisez

1 ta'ridh. La construction devient alors très-claire : « De même que tu ne reproches pas..... et que tu excuses les hommes..... de même ne reproche pas..... et excuse les hommes. »

Stanislas GUYARD.
Le Propriétaire-Gérant : ERNEST LEROUX.
Le Puy, typ. et lith. Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.

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1789. Paris, Didot. 1878. (Excellent livre qu'il faudrait traduire en allemand.)

The Princeton Review, july 1879, : ROGERS, Labor and Wages in England.

WASHBURN, The aim and influence of modern biblical criticism. WHARTON, Nemesis in the Court.-Room. - IRONS, Reason Conscience and Authority. – FERRIER, The Organ of Mind. – POTTER, Music and Worship. – Matheson, Christ and the Doctrine of Immortality. PORTER, Local government, at home and abroad. — SHIELDS, Philosophy and apologetics.

Jenaer Literaturzeitung, no 28, 12 juillet 1879 : WINTER, Geschichte des Rathes in Strassburg bis zum Statut von 1263; JASTROW, zur strafrechtlichen Stellung der Sklaven bei Deutschen und Angelsachsen. Breslau, Koebner. (Loersch: bons essais.) - SCHLEIDEN, die Romantik des Martyriums bei den Juden im Mittelalter. Leipzig, Engelmann. 1878. (Jungler : trop peu impartial.) - Gothein, Politische und religiöse Volks

– bewegungen vor der Reformation. Breslau, Koebner. 1878. (Bernhardi: bonne étude.) – Sötu, das deutsche Volk und Reich. Elberfeld, Loll. 1877-78 (3 vol.); SCHUMANN et Henze, Lehrbuch der deutschen Geschichte. Hanovre, Meyer. 1878; FORNELLI, Storia del medio evo, specialmente d'Italia. Turin, Paravia. 1878. (Bernhardi.) — BARATA, Miscellanea historico - romantica. Barcellos, Aurora do Cavado. 1878. (Hübner : recueil d'essais d'archéologie par un Portugais, d'Evora.) PEREIRA, Notas d'archeologia, os castellos ou montes fortificados da Colla e Castro Verde, o dolmen furado da Candieira, ruinas da Citania da Briteiros. Evora, Francisco de Cunha Bravo. (Hübner : dissertations satisfaisantes.) - DA Veiga, Antiguedades de Mafra ou relaçao archeologica dos caracteristicos relativos aos povos que senhorearam aquelle territorio antes das instituição da monarchia portugueza. Lisboa, tipografia da Academia. (Hübner : bon.) – E. LEGRAND, Grammaire grecque moderne suivie du panorama de la Grèce d'Alexandre Soutsos, publié d'après l'édition originale. Maisonneuve. 1878. (Deffner : critiques de détail). Vergil's Gedichte, erklärt von Ladewig. Berlin, Weidmann. 1878. (Glaser : 8e édition des six premiers livres de l'Enéïde revue par Shaper.)

Deutsche Rundschau, août 1879: LASKER, Wort und That. – Bailleu, Haugwitz und Hardenberg (art. important, à propos de la publication des Mémoires de Hardenberg, par Ranke; il faut n'avoir que peu de confiance dans ces Mémoires). — SAUERWEIN, über Norwegen. - Literarische Rundschau : H. v. RACOWITZA, meine Beziehungen zu Ferdinand Lassalle. Leipzig, Schottländer. (Rodenberg:) - DuBoc, Reben und Ranken, Studienblätter. Halle, Gesenius. – Literarische Notizen (le livre d'A. BÖTHLINGK sur la jeunesse de Bonaparte, etc.).

Revue de l'instruction publique en Belgique, tome XXII, 30 livraison : GRAFÉ, Considérations sur le climat de l'Italie ancienne. - SCHELER, Olla patella (suite et fin). - Comptes-rendus : Decharme, Mythologie de la Grèce antique. (De Block : Guide sûr qui, par ses qualités solides et brillantes, rendra de grands services à l'étude de la mythologie). - De quelques nouvelles publications épigraphiques en Italie (De Ceuleneer).

VANDERSTRAETEN, Cours méthodique et pratique de langue anglaise. Mons, Manceaux (Micheels : très-bon).

Rassegna Settimanale, n° 80, 13 juillet 1879: La legge sulla istruzione obbligatoria. Vincenzo Monti (E. M. à propos du livre de Cesare CANTU Monti e l' et à che fu sua. Milan, Trèves. L'opera edilizia di Sisto V. (Ademollo : important.) L'Excelsior di Longfellow (Cesati). - Della

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