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petites périodes, me semble inadmissible; au milieu du xviro siècle, on n'écrivait pas ainsi (1).

M. R. estime que j'aurais pu m'en tenir au classement des anciennes éditions, notamment à celui de l'édition Bossut, conservé dans ses lignes principales par M. Havet. Je serais, en effet, assez disposé, aujourd'hui, à revenir sur ce point aux anciens errements, mais pour d'autres raisons que celle que mon critique invoque. Il croit que l'ordre indiqué par la célèbre préface d'Etienne Périer n'a pas été suivi d'une manière constante par Pascal ; je crois tout le contraire, et ce sont les titres indiqués par l'auteur, dans son ms., les Fragments, dont, à l'exemple de M. Faugère, j'ai fait un chapitre particulier, intitulé Ordre, qui me le font croire. Seulement, l'ouvrage que Pascal voulait faire est à peine ébauché, et, si l'on peut retrouver les titres des chapitres, le classement des fragments qu'il y faut faire rentrer, prête trop à l'arbitraire (2); aussi, au cas, fort improbable, où je reprendrais mon travail, abandonnerais-je sans doute mon système de classement.

Ce n'est pas que je sois disposé à voir, dans les Pensées, comme l'auteur anonyme que M. R. cite à la fin de son article, le Journal intime de la vie religieuse de Pascal, ou que j'adopte le mode de classification historique proposée par lui. Deux seulement des Pensées peuvent être datées, à ma connaissance : celle qui est relative à Cromwell, et une autre écrite au revers d'un fragment de lettre de Mme Périer. Quelques autres, mais des moins importantes, ayant trait aux miracles et aux Jésuites, pourraient peut-être être rapportées à une année, plutôt qu'à une autre, et encore... En outre, il serait difficile de refaire avec ces fragments de paraphrases de Montaigne, d'extraits du Pugio fidei, de développements oratoires, de mots de toute espèce, le journal intime de la pensée de Pascal; dans la plupart de ces fragments, le style seul appartient à notre auteur. Je crains fort que cette opinion n'étonne un peu M. R., mais j'ai lu les Pensées sept ou huit fois, d'un bout à l'autre, et je me crois le droit d'exprimer mon avis. Mon critique jugera peut-être que sur ce point je suis suffisamment préparé (3).

M. R. me reproche d'avoir donné comme nouvelle mon explication

(1) Pascal, le Pascal des Pensées surtout, est un écrivain tout à fait original; son style n'est pas celui de ses amis de Port-Royal, et les Provinciales, M. M. le sait, different complètement des Pensées par leur caractère et les circonstances de le composition. Les ratures du ms. prouvent, en beaucoup d'endroits, que Pascal recherche la concision : mais je n'ai jamais dit que son style fût saccadé.

(2) C'est tout à fait mon avis, et je crois l'avoir dit clairement.

(3) Je n'ai pas à défendre contre M. M. les idées de 2. P. que je n'ai ni approuvées, ni blâmées, mais seulement rappelées. Quant à défendre contre lui l'originalité du génie de Pascal, c'est une tâche dont je ne puis m'acquitter en quelques lignes. Il est vrai que les idées de Montaigne ont passé dans les Pensées; mais, quand même son style y aurait passé en même temps, Pascal avait de quoi y ajouter ce qui manquait à Montaigne, et ce dont il est possible de se mal rendre compte, même en relisant sept ou huit fois les Pensées.

des Pensées (1). Mais où a-t-il vu que je la donne pour nouvelle ? Qu'il relise les pages xlvi et xlvii de ma préface, et il reconnaîtra qu'il s'est absolument trompé. Je n'ai pas, en effet, connu le travail de PrévostParadol, mais ce m'est un grand honneur de me trouver, sans le vouloir, d'accord avec lui, et ce seul fait prouve que j'ai assez bien compris la pensée intime de Pascal. Enfin, je ferai observer à M. R. : 1° que du temps où je lisais les manuels, lesdits manuels ne donnaient pas l'explication de Prévost-Paradol, et pour cause (2); 2° que l'explication contraire est encore aujourd'hui celle qui est le plus généralement adoptée, et que, par suite, j'étais fondé à exposer, comme je l'ai fait, des résultats, auxquels, je le répète, j'étais arrivé par moi-même.

Mon critique trouve encore que mon commentaire témoigne d'une préparation insuffisante. Je n'ai pas entendu faire un commentaire philosophique des Pensées ; après le travail de M. Havet, l'outrecuidance eût été trop forte; si, dans quelque notes, j'ai exprimé quelquefois des idées que d'autres partagent avec moi, je le regrette aujourd'hui, car les arguments théologiques et beaucoup des arguments philosophiques de Pascal sont de ceux qu'il est puéril de réfuter (3). Enfin, je ne comprends pas en quoi ma préférence pour les Essais de Montaigne me rend incapable de comprendre ou d'annoter Pascal ; c'est affaire de goût littéraire (4).

Un dernier mot. M. R. se fait, j'ignore pourquoi, le défenseur officieux de l'édition de M. Faugère. Je crains qu'il ne la connaisse assez mal. Je l'ai longtemps pratiquée, et je crois avoir été parfaitement équitable envers son auteur. J'ai rendu justice à M. Havet, dont le travail m'avait tant servi, et je pouvais me montrer sévère pour M. Faugère, dont l'édition m'avait été beaucoup moins utile que ne le croit M. Reinach (5).

Je termine ici ma réponse ; j'espère que l'intérêt, qu'exciteront toujours la personne et les cuvres de Pascal, en fera oublier la longueur.

A. MOLINIER.

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(1) Puisque M. M. ignorait l'essai de Paradol, il croyait son explication nouvelle; je ne vois pas pourquoi il se défend de l'avoir donnée comme telle.

(2) Il y a là quelque malentendu. Le reproche que j'ai fait à M. M. est simplement d'avoir ignoré, en écrivant sa préface, une explication des Pensées si répandue dans l'enseignement que des manuels l'avaient déjà accueillie. M. M. ne connait, j'en étais sûr d'avance, ni ces manuels-là ni les autres : ce n'est pas à de telles sources que M. M., même écolier, a dû demander sa science, et j'aurais plutôt à l'en féliciter.

(3) En d'autres termes, M. M. regrette d'avoir dépensé sa logique contre un adversaire indigne de lui. Je ne suivrai pas M. M. sur ce terrain, car nous ne pourrions nous entendre : il est un éditeur, je ne suis qu’un dévot de Pascal.

(4) Comprendre Pascal n'est pas une affaire de goût littéraire. On aime Pascal ou on ne l'aime pas : et je crois qu'il faut l'aimer pour le comprendre.

(5) Je n'avais, en effet , aucune raison personnelle pour prendre la défense de M. Faugère, que je n'ai pas l'honneur de connaître; mais j'avais le devoir de faire remarquer à M. M. qu'il était très-peu équitable envers son prédécesseur, On ne

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES LETTRES

Séance du 1er août 1879.

M. le baron De Witte termine la lecture de son mémoire sur le mythe de Mélampos et des Protides. Il donne dans ce mémoire la description d'un petit camée de travail grec où est représentée l’expiation des filles de Proetos, frappées de folie pour avoir méprisé les mystères de Bacchus, ou, selon une autre tradition, pour avoir offensé Junon et Vénus. On voit sur ce camée le devin Mélampos, tenant d'une main le rameau lus. tral, de l'autre la victime expiatoire, un jeune porc, dont il répand le sang sur les jeunes filles. Derrière celles-ci, on voit un jeune ministre, apportant l'eau lustrale, et la nymphe de la source de Clitor en Arcadie. Toutes ces figures sont représentées dans un espace de 16 millimètres sur 15. Le camée en question est un vase peint conservé au musée de Naples sont les seuls monuments jusqu'ici connus sur lesquels soit figurée l'expiation des Protides.

M. Barbier de Meynard donne lecture d'un travail de M. Reinhold Dezeimeris, extrait d'un ouvrage en préparation intitulé : Remarques nouvelles sur divers auteurs. Le fragment lu par M. Barbier de Meynard contient des corrections proposées pour plusieurs passages d'Ausone :

1° Parentalia, III: Ausone nomme, après deux autres, son oncle maternel Arborius :

Dicere sed rea fit tertius Arborius; M. Dezeimeris propose de lire :

Dicier at renuit tertius Arborius. Il y a là une allusion à un mot attribué à Alexandre, qui se serait offensé d'être nommé le troisième après Diogene et Ajax. Des allusions à ce même mot se trouvent encore dans d'autres passages

d'Ausone. 2° Parentalia, IV, 26 : Ausone dit de son grand-père maternel •

Saucius atque uno lumine cassus eras; Du moins telle est la leçon ordinairement adoptée : ms. Saucius ocle. rio. M. Dezeimeris dit qu'uno lumine ne fait pas de sens, attendu que

contestera pas que l'éditeur de 1844 ait fait faire au texte un immense progrès, en dépit de difficultés très grandes que personne ne peut mieux apprécier que M. Molinier. Son vrai tort, peut-être, aux yeux de ses successeurs, est de ne leur avoir laissé qu’à glaner après lui.

En somme, malgré les observations de M. M., je crois pouvoir maintenir absolument les termes de ma critique, qui me dispenserait, je crois, de lui exprimer à nouveau le très grand cas que je fais de son travail.

Salomon Reinach.

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REVUE CRITIQUE D'HISTOIRE ET DE LITTÉRATURE dans l'expression lumine cassus le mot lumen signifie toujours la vie, et non un vil. Il corrige :

Saucius inde tuo lumine cassus eras. 3° 2° idylle, avant-dernier distique : Ausone dit que son père vécut jusqu'à quatre-vingt-dix ans sans infirmités :

Nonaginta annos baculo sine, corpore toto,

Exegi, cunctis integer officiis. M. Dezeimeris trouve que corpore toto fait pleonasme avec cunctis integer officiis, et propose de lire corpore recto : cf. Juvénal, III, 26, recta senectus.

M. Delaunay lit, au nom de M. Th. H. Martin, le commencement d'un mémoire intitulé : Hypothèses astronomiques d’Eudoxe, de Callippe, d'Aristote et de leur école.

M. Paul Viollet commence la lecture d'une étude sur le caractère des coutumes de Touraine-Anjou et d'Orléans au xuio siècle, et sur les éléments germaniques, romains et canoniques qui ont contribué à la for. mation de ces coutumes. Dans le paragraphe lu aujourd'hui par M. Viollet, l'auteur examine ces coutumes seulement au point de vue de la forme, et particulièrement du style de la rédaction. Il y a à cet égard une différence marquée entre la coutume de Touraine-Anjou et celle d'Orléans. La rédaction de la première est précisément incorrecte, et surtout d'une naïveté primitive; l'auteur, impuissant à jamais formuler une abstraction, à donner des règles générales, ne sait qu'imaginer des espèces et donner la solution dans chaque cas. Le rédacteur de la coutume d'Orléans, esprit évidemment plus savant et plus cultivé, conçoit les règles de droit sous forme de principes généraux, et les formule souvent dans des brocards concis et images, semblables à ceux que le droit coutumier nous a depuis laissés en si grand nombre, et dont plusieurs sont

comme : « Donner et retenir ne vaut »; « Le mort saisit le vif »; etc.

bien connus,

:

Ouvrages déposés : Geskel SALOMAN, La statue de Milo dite : Venus Victrix. Conférence tenue à l'Académie des beaux-arts à Stockholm. Première partie (Stockh. 1878, in-4°); RAJENDRALALA Mitra, Buddha Gayá, the hermitage of Sákya-Muni. Published under orders of the government of Bengal (Calcutta, 1878, in-4°).

Présentés de la part de l'auteur, par M. Dulaurier : L'abbé P. FAVRE, Dictionnaire malais-français (Vienne, imprimerie impériale et royale, 1875, 2 vol.); ID., Grammaire de la langue malaise (Ibid., 1876).

Julien HAVET.

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Le Propriétaire-Gérant : ERNEST LEROUX.

Le Puy, t; p. et lill. Marchessou fils, boulevard Saint-Laurent, 23.

XII. und XIII. Jahrhunderts. Munich. (Très bonne histoire de la poésie latine au xio et au xil siècle.) — LUNDGREN, Sprägliga intyg om hednisk gudatro i Sverige. Göteborg, Bonnier. 1878. (Travail estimable sur les traces qu'a laissées, dans la langue suédoise, la religion païenne.) Herder's sämmtliche Werke, hrsg. v. SUPHAN. 4 Band. Berlin, Weidmann. 1878. (Suite de cette louable publication dont M. C. Joret a entretenu nos lecteurs.) – SUPHAN, Zwei Kaiserreden. Berlin, Weidmann. (Intéressant.) - Paul, Untersuchungen über den germanischen Vokalismus. Halle, Niemeyer. (Tout n'est pas concluant, mais l'auteur a tracé de « nouvelles lignes fondamentales. ») — Die althochdeutschen Glossen, gesammelt und bearbeitet von STEINMEYER U. SIEVERS. Berlin, Weidmann. (1 er volume d'une publication excellente, accueillie avec reconnaissance par tous les germanistes.)

Jonaer Literaturzeitung, n° 27, 5 juillet 1879 : WUNSCHE, der Talmud. Zürich, Schabelitz. (Nowack.) - H. WOLFF, Speculation und Philosophie. Berlin, Reincke. 1878. (Pfleiderer). — Michelis, die Philosophie des Bewusstseins. Bonn, Neusser. 1877. (Bruchmann.) — Von Weech, aus alter und neuer Zeit. Vorträge und Aufsätze. Leipzig, Duncker u. Humblot. 1878. (Bernhardi : recueil d'essais agréables.) - HUCKERT, die Politik der Stadt Mainz während der Regierung des Erzbischofs Johann II. Mainz, Faller. 1878. (Bernhardi : bon.) - Querner, die pie

- - QUERNER montesische Herrschaft auf Sicilien. Bern, Haller. (Bernhardi : très clair, l'auteur connaît la Sicile et son histoire.) – Belger, Moriz Haupt

) als academischer Lehrer. Berlin, Weber. (Bursian : très intéressant, fera l'objet d'un prochain article de notre Revue.) – Aug: Mommsen, Delphika. Leipzig, Teubner. 1878. (Roscher : plein de solides recherches et d'excellents détails.) -- Dante Allighieri, le opere inedite reintegrate nel testo con nuovi commenti da Giulian. Vol. I. De vulgari eloquentia e de Monarchia. Firenze, Le Monnier. 1878. (Article très important, en quinze colonnes, de K. Witte.)

L'Athenæum belge, n° 14, 15 juillet 1879 : MARTIN, The life of His Royal Highness the Prince Consort. IV. vol. Londres. (Carlier : ce 49 vol. concerne trois années remplies d'événements importants, révolte de l'Inde, entrevues des souverains de France et d'Angleterre à Osborne et à Cherbourg, crise qui se termine par la guerre d'Italie.)- Lange, étude sur Walther von der Vogelweide. Fischbacher. (Stecher : monographie consciencieuse, mais diffuse.) - Viollet, Lettres intimes de Mademoi

.) · , selle de Condé à M. de La Gervaisais. 1786-1787. Didier. (3e édition de ces lettres ; cp. Revue critique, n° 16, art. 67, p. 305.)— Société pour l'étude des questions d'enseignement supérieur. Etudes de 1878. Hachette. (F. Collard : publication importante qui, par son caractère international, est appelée à rendre des services à tous les pays; cp. Revue critique, no 29, P. 62.) - Revues étrangères. - Le musée d'antiquités de Constantinople. (A de Ceuleneer.) - L'Hortensius de Cicéron.

(A. (P. Thomas.) — Le dictionnaire de l'Académie française. (Hy.)

Rivista Europea, rivista internazionale, 1 er juillet 1879: Diario dei Conclavi del 1829 e del 1830-31 di Mons. Pietro Dardano commentato ed annotato da D. Silvagni. – Salvioli , L'istruzione publica in Italia nei

SILVAGNI secoli vii, ix e x. — G. CAPASSO, Fra Paolo Sarpi e l'interdetto di Ve

, nezia. - BAFFI, Lettere e poesie inedite di Gabriele Rossetti. – CAMPANA, Appunti sul tema dell'emigrazione italiana. - SBARBARO, Il comizio della pace; i pareri di un senatore. — Rassegna letteraria e bibliografica :

; America, Riviste. --- Inghilterra, Riviste. - Svizzera, libri. - France : FOUILLÉE, L'idée moderne du droit en Allemagne, en Angleterre et en France. Paris, Hachette. (Sbarbaro : et en Italie? Pourquoi l'auteur a-t-il négligé l'Italie? Il n'est d'ailleurs pas entièrement dégagé des préjugés na

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