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pina dans le même fac-simile. Il est clair que le texte entier des manuscrits, dont je cite ces courts fragments, doit nous offrir un nombre énorme d'autres variantes.

D'autres documents pourraient aussi être consultés avec fruit. Tels sont les mss. de la Notitia dignitatum où l'orthographe vulgaire lugdunensis est remplacée par l'orthographe lugdonensis (Schuchardt, Vokalismus, t. II, p. 184). Entre la forme Lugudunum de l'épitaphe de Munatius Plancus (Desjardins, Table de Peutinger, in-8°, p. 213) et la forme moderne Lyon, Lugdonum nous offre, à côté du vulgaire Lugdunum, une transition qu'il est bon de connaître. M. L. attache fort peu d'importance à ces questions d'orthographe. Il écrit indifféremment Rotomagus et Rothomagus le nom de la ville de Rouen, bien que le roi Chilperic ser ait cru nécessaire d'inventer un signe nouveau pour représenter le th, fait inexplicable si le th n'avait pas eu un son différent de celui du t.

Telle est, au point de vue général, la critique que nous avons à faire. Passons maintenant à quelques points de détail.

Suivant Mabile, dont M. J. Quicherat a accepté la doctrine, le vicus Briotreidis de Grégoire de Tours, identique au Briotreite vico des monnaies, est Bléré (Indre-et-Loire, arr. de Tours, chef-lieu de canton), village situé auprès du pont sur lequel la route d'Amboise à Loches traverse le Cher. Cette doctrine géographique me semble d'accord avec l'étymologie du mot : Brio, premier terme de Brio-treidis ou Brio-treite, semble identique au brio (ponte) du glossaire gaulois de Vienne, forme basse du briva, brivo de la période classique !; treidis, treite serait peut-être aussi une forme basse du latin trajectum. M. L. propose (p. 265) Brizay qui serait une forme récente de Brirai. On sait qu'en français chaise pour chaire date du xvie siècle. C'est du xvre siècle que date aussi dans la géographie de la Champagne Prèze pour Praère et Nozay pour Noray (Aube), Angluzelle pour Anglurelle (Marne). Si Brirai a existé, on devrait en trouver des exemples dans les textes du xv° siècle : quand il s'agit d'une époque aussi récente, il me paraît indispensable de produire des textes à l'appui d'une hypothèse phonétique. Enfin, le changement de r en z est un changement d'organe, une substitution de dentale à linguale; les deux lettres sont sonores. Le changement s en r que M. L. lui compare n'est pas seulement le phénomène inverse, la substitution de linguale à dentale : il est doublé d'une mutation de ténue en sonore. Ainsi Brirai = Brizay et Cisomagus = Ciran, où M. L. croit voir le même procédé phonétique, nous offrent l'exemple de deux lois toutes différentes l'une de l'autre.

La forme basse latine d'où vient le nom de Marmoutiers semble être Major Monasterius et non Majorem Monasterium, p. 277.

1. Voir un article de M. Whitley Stokes dans les Beitraege de Kuhn, t. VI, P. 229.

Je ne vois pas pourquoi préférer Loccae à Luccae à cause de l'o du français Loches. On dit en français noces, flot, orme, mot, vergogne, remorque, viorne, grotte, sanglot, de nuptiae, fluctus, ulmus, muttum, verecundia, remulcum, viburnum, crupta, singultus, et M. L. lui-même, à la page 364, donne Urbia comme la forme primitive du nom de la rivière d'Orge.

Voilà bien des minuties et je n'ai encore rien dit du plan de l'ouvrage de M. L. On sait que celui de Jacobs est divisé en deux parties. La première est consacrée à l'étude des noms communs par lesquels Grégoire de Tours désigne les différentes espèces de circonscriptions géographiques usitées de son temps: Jacobs y définit le pagus, le territorium, le terminus, etc. Dans la seconde, on trouve rangés par ordre alphabétique les noms propres géographiques. Le livre de M. L. est divisé en trois parties : la première a le même objet que la première partie du livre de Jacobs. La seconde traite un sujet fort important que Jacobs a négligé, les limites si variables des royaumes wisigoth, bourguignon et francs en Gaule au vie siècle ; elle jette une lumière nouvelle notamment sur l'origine jusqu'ici fort obscure de plusieurs évêchés. La troisième partie du livre de M. L. correspond à la seconde du livre de Jacobs; seulement un ordre méthodique y est substitué à l'ordre alphabétique : d'abord la géographie physique, c'est-à-dire les noms de montagnes, de forêts et de rivières, ensuite les noms de quelques peuples secondaires, comme les Alemans, les Britanni, enfin les noms propres de circonscriptions géographiques et d'agglomérations de population, le tout rangé dans l'ordre des provinces ecclésiastiques et des diocèses. Si, avec cette disposition, certaines recherches sont moins rapides qu'avec l'ordre alphabétique du livre de Jacobs, elle a l'avantage d'être beaucoup plus claire et de rendre la lecture beaucoup plus agréable : elle sera bien plus commode pour les études locales. Cet ouvrage assure définitivement à M. Longnon le premier rang parmi les érudits qui s'occupent de la géographie de la Gaule au Moyen Age.

H. d'ARBOIS DE JUBAINVILLE.

13. Leggi dei Visigothi, studio di Costanzo Rinaudo. Torino, Botta, 1878, gr. in-8° de 56 p.

Cet ouvrage est divisé en trois chapitres. Le premier contient une histoire très-résumée des Wisigoths jusqu'à la conquête de l'Espagne par les Arabes en 712; tel qu'il est, il aurait pu aisément être supprimé, car il ne renferme aucun fait nouveau et il n'éclaire aucune des obscurités du sujet. Le deuxième est une étude de la législation wisigothe à l'époque ou dominait le principe du droit personnel. Ici encore on signalera une absence complète d'originalité. Pour le code d'Alaric, particulier aux Romains, l'auteur se borne à reproduire quelques renseignements empruntés au travail d'Hoenel (Lex romana Visigothorum, Lipsiæ, 1848). Quant au code d'Euric, particulier aux Wisigoths, il se contente de dire que nous l'avons perdu, et qu'il est impossible d'en déterminer le caractère et la composition; il croit, sans examiner de près la question et en se fiant à l'autorité de Gaupp, que le Forum Judicum, quand il parle de certaines lois appelées antiquæ, ne fait nullement allusion au code d'Euric. Le troisième chapitre est consacré au Forum Judicum qui, comme on sait, fut la loi commune des Wisigoths et des Romains lorsqu'au principe du droit personnel se fut substitué le principe du droit territorial. Il eût été intéressant d'expliquer pour quelles raisons, spéciales a la monarchie espagnole, cette transformation eut lieu; M. Rinaudo ne paraît guère y avoir songé. Il passe successivement en revue le caractère, les sources, les divisions du Forum Judicum et les dispositions qui concernent l'état social, politique, administratif et religieux du royaume wisigoth. Dans cette analyse, si brève qu'elle soit, on trouvera bien des citations d'auteurs modernes qu'il eût mieux valu remplacer par l'étude attentive de certains points à peine effleurés. On se demandera aussi pourquoi M. Rinaudo, en abordant chacune des parties de son sujet, se croit obligé de remonter au déluge et de présenter, par exemple, à propos

a du christianisme et de la condition des personnes, des considérations vagues qui n'ont qu'un rapport très-indirect avec les lois wisigothes. Il insiste à bon droit sur l'importance des conciles de Tolède, dont il donne la liste, et sur le rôle prépondérant des évêques; mais, à cet égard, ses appréciations sont parfois empreintes d'une exagération singulière. On en jugera par la phrase suivante : « Les statuts du tribunal suprême de l'inquisition, les guerres religieuses de Charles-Quint et de Philippe II en Allemagne et en Flandre, l'expulsion de huit cent mille Juifs et d'un million de Mores, par conséquent la ruine de l'agriculture, de l'industrie, du commerce, le dépérissement de la puissance militaire, la pauvreté scientifique, l'abaissement de l'Espagne, tout cela provient de ces temps éloignés où le clergé dominait sous les rois wisigoths » (p. 49).

En somme, cet ouvrage est médiocre et n'ajoute rien à la science.

P. G.

16. – Del diritto di guerra di Alberico Gentilis, traduzione e discorso di

Antonio Fiorini, Livorno 1877. In-12, CXXVI, 589 p.

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Alberic Gentilis, né en Italie en 1552, protestant zélé, forcé de se réfugier en Angleterre où il devint professeur à Oxford, a publié en 1589 à Leyde un ouvrage intitulé : De jure belli conmentationes duæ. Le livre de Grotius : De jure belli, ne parut qu'en 1625. Gentilis, disait Bayle, « a fait trois livres De jure belli qui n'ont pas été inutiles à Grotius », et il ajoute : « ses recueils étaient remplis de mille choses qu'il avait ouïes en causant familièrement avec des gens... » C'était la disposition du temps; on faisait de l'érudition comme l'on pouvait, et l'on puisait un peu à tort et à travers dans les historiens, les philosophes et les biographes. C'est la manière de Gentilis : l'antiquité païenne et chrétienne est mise par lui amplement à contribution. La traduction italienne de ce précurseur de Grotius est surtout intéressante pour le public italien ; les Français n'ont pas de raison de ne pas recourir au texte latin. Mais ils liront avec intérêt la biographie de Gentilis écrite par le traducteur et le discours où M. Fiorini traite des principales questions du droit des gens en développant surtout cette proposition de Gentilis : Bellum est : publicorum armorum justa contentio.

The Comedy of mucedorus, revised and cdited with introduction and notes by Karl Warnke and Ludwig PRÖSCHOLDT. Halle, Max Niemeyer, 1878,

Prix : 2 mark 40 (3 francs'.

in-8'. 79 P.

:

La comédie de Mucedorus, que viennent d'éditer à nouveau MM. Warnke et Pröscholdt, a l'avantage de résumer assez bien les principaux traits de la littérature dramatique de troisième ordre au temps d'Elisabeth. A ce moment, à côté des poètes fameux, une foule d'inconnus écrivaient des comédies où, le génie faisant défaut, ils se bornaient à faire entrer, autant que possible, les éléments habituels du succès. C'est ainsi que, malgré leur faiblesse, beaucoup de ces petits drames ont été extrêmement populaires et que leurs éditions se sont multipliées. La conduite de l'action dans Mucedorus est d'une maladresse assez rare, même parmi les pièces de la même catégorie. L'auteur ne recule ni devant les impossibilités ni devant des accidents d'une bizarrerie inexplicable (tous ceux, entre autres, qui surviennent dans la forêt habitée par le cannibale Brémo): un ours, un fou, un homme sauvage, des déguisements, des reconnaissances, deux meurtres, sans compter celui de l'ours, un style parfois très-imagé, c'étaient évidemment pour la foule les côtés saillants de Mucedorus et ils expliquent le succès prolongé de cette comédie. Hazlitt et, de leur côté, MM. W. et P. ont indiqué les nombreuses éditions qu'elle obtint; encore ces listes ne signalent-elles pas une édition de 1631 dont le British Museum possède un exemplaire. Elle est due au même imprimeur que celle de 1619, comme le prouve la mention : « Printed for John Wright, and are to be sold at his shop, at the signe of the Bible, without Newgate, 1631. » A l'énumération des preuves de la popularité de Mucedorus, ses nouveaux éditeurs auraient pu ajouter l'existence d'une ballade sur le même sujet, imprimée vers 1680, et dont un exemplaire est conservé dans le célèbre recueil Roxburghe : « The wandring Prince and Princess, or Musidorus and Amadine, etc.

When Musidorus fell in love

With Amadine most fair .. De curieuses gravures sur bois représentent les deux héros s'en allant, chacun de son côté, à la recherche de l'autre, jusqu'au désert : Mucedorus en perruque, le chapeau à la main; Amadine décolletée, nu-tête et emportant son éventail.

L'intérêt de l'édition actuelle est dans les variantes qui l'accompagnent. Elles sont nombreuses, mais incomplètes. MM. W. et P. n'ont pu consulter la plupart des textes originaux. Ils expliquent (p. 5) que les notes ajoutées par Hazlitt à sa réimpression de Mucedorus, dans la col. lection de Dodsley, leur ont permis de reconstituer l'édition primitive (1598) qu'ils ont généralement suivie. Cette reconstitution ne pouvait être parfaite ; les variantes sont rarement indiquées dans ces réimpressions de Hazlitt où l'orthographe, du reste, est modernisée; l'éditeur adopte parfois, sans le mentionner, des leçons ou des indications scéniques qui ne sont pas dans les originaux. C'est ainsi que MM. W. et P. sont conduits à nous dire, p. 61, que les aside des ll. 31, 37, 43, etc., se trouvent seulement dans l'édition de 1598. Ces aside ne se trouvent ni dans cette édition ni dans aucune autre, et ont été introduits par Hazlitt. Il en est de même de beaucoup d'indications analogues dont la source n'est certainement pas le quarto de 1598 : par ex., p. 40, 1. 4: lays down his club; p. 43, l. 54 : The bear's head presented to the king: p. 34, 1. 28 : Exeunt Tremelio and Prince, etc.

Quant à la question de savoir quel est l'auteur de Mucedorus, MM. Warnke et Pröscholdt sont d'avis que Shakespeare n'eut aucune part dans la composition de ce drame, non plus que Peele ou Greene. L'examen de la versification les amène à conclure que le Mucedorus a dû être composé plusieurs années avant 1598 : sans parler de la versification, le titre des exemplaires portant cette date (« Newly set foorth, as it hath bin sundrie times plaide, etc. ») ne laissait pas de rendre cette assertion vraisemblable.

J.-J. JUSSERAND.

18. Schiller und Rousseau von D' Johannes Schmidt, in-8°, Berlin, 1877,

Verlag von Carl Habel. (Sammlung wissenschaftlicher Vorträge, hgg. von Virchow und Fr, von Holtzendorff. 256 Heft.) – Prix : 1 mark (1 fr. 25).

On sait quelle influence Rousseau a exercée sur Schiller; mais en quoi consista cette influence? quelle trace a-t-elle laissée dans les œuvres du grand poète ? Jusqu'à quel point l'a-t-il modifiée et s'en est-il affranchi? Voilà autant de questions que M. J. Schmidt s'est proposé d'éclaircir.

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