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trouve peut-être qui ont plus le droit de cité dans Lucilius que d'autres marqués de l'astérique ', mais M. H. n'est pas responsable de ces attributions, et, le plan adopté, il faut reconnaître qu'il s'est acquitté de sa tâche avec conscience et exactitude.

E. C.

110. – Eugippii vita sancti Severini, recensuit et adnotavit H. Sauppe (Pars posterior tomi auctorum antiquissimorum ex monumentis Germaniæ historicis). Berlin, Weidmann. 1877, xvii et 36 pp. in-4°. Prlı : 1 mark 00 (2 fr.).

La vie de saint Séverin par son disciple Eugippius est un des plus précieux documents qui existent pour l'histoire de la fin du vo siècle. Elle nous présente un tableau très-vivant de la société romaine des frontières de l'Empire au moment où les barbares font irruption de toutes parts et où les Romains doivent céder graduellement la place aux envahisseurs. C'est ainsi que nous les voyons, dans la Vita Severini, quitter Passau pour Laureacum, puis Laureacum pour Faviana. Nul fonctionnaire romain, sauf sans doute les magistrats municipaux, ne semble être resté dans le pays, et l'autorité paraît être aux mains des chefs Rugiens qui protègent les habitants du Norique contre leurs compatriotes, Hérules, Goths ou Thuringiens, et aussi de saint Séverin, qui exerce, par ses vertus et par le prestige religieux, une sorte de magistrature morale sur les barbares comme sur les Romains. Car cette vie de saint est le récit des progrès du christianisme en même temps que celui de la décadence de l'Empire. Séverin est venu du fond de l'Orient, immédiatement après la mort d'Attila, pour prêcher la foi chrétienne sur les bords du Danube. Il y fonde de nombreux monastères; pénétré de cette indifférence aux destinées de l'Empire qui inspirait aux chrétiens le dédain de la vie terrestre et ému de la sympathie instinctive qui les attirait vers les barbares, il est l'ami des chefs Germains; il les pousse même à l'assaut du monde romain par d'imprudentes prophéties. Quel tableau que celui d'Odoacre entrant dans la cellule de Séverin (ch. VII), couvert de peau de bêtes et obligé de courber sa haute taille pour ne pas heurter les poutres du plafond : « Va en Italie, lui dit le saint, va; toi qui es maintenant vêtu de viles peaux de bêtes, bientôt tu combleras de bienfaits un grand nombre d'hommes. »

Il ne faut sans doute pas prendre au pied de la lettre tout ce que nous raconte le naïf et enthousiaste hagiographe. On s'étonne de voir un critique de la valeur de M. Wattenbach (Deutschlands Geschichtsquellen, 4° éd., I, 40) admirer la vie sérieuse et religieuse qu'on menait aux bords du Danube au ve siècle, sous la conduite de saint Séverin, en la comparant à la frivolité et à l'immoralité des villes de la Gaule contre lesquelles tonne le prêtre Salvien. Il oublie que Salvien est un prédicateur qui s'est donné pour but de flétrir les vices et d'appeler les hommes à la repentance, et qu'Eugippius est un biographe qui s'est proposé de vanter l'influence de son maître et les succès de sa prédication. Si nous avions des sermons de saint Séverin, il est probable que nous y trouverions des peintures, aussi vives que celles de Salvien, de la corruption et des vices qui l'entouraient. Mais, en dépit des exagérations habituelles aux hagiographes, la vie de saint Séverin n'en est pas moins un document historique de la plus haute valeur, et M. Sauppe pense avec raison que l'ordre chronologique des faits y a été respecté.

1. Ainsi aptas † (vs. 333), quoique entouré de mots incertains, doit être authentique, Nonius (p. 235 Merc.) citant le vers de Lucil. pour un sens de Aptum. De même artemo † (vs. 985), banni par Lachmann comme ne pouvant entrer dans un hexamètre, pouvait figurer à la fin d'un iambique. Au contraire, beaucoup de créations de Lachmann, comme epigrammation * (vs. 300), distichum * (vs. 301), etc., auraient mérité de n'être mentionnées qu'entre crochets. Mais il suffit que le lecteur soit averti.

L'édition de M. S. est la première qui mérite le nom d'édition critique. L'édition des Scriptores rerum Austriacarum, I, 64, s'appuie sur des mss. sans valeur, en particulier celui de Melk; Kirschbaumer, dans l'édition donnée à Schaffouse en 1852, s'est servi, mais avec une grande négligence, du ms. du Latran ; enfin l'édition donnée en 1866 par Friederich, dans le premier volume de son Histoire de l'Eglise en Allemagne, est établie d'après des manuscrits de Munich qui n'ont aucune autorité. M. S. montre que trois manuscrits, celui du Latran, celui du Vatican 5772 provenant du monastère de Bobbio, et celui de l’Ambrosienne de Milan, sont dérivés d'un manuscrit primitif et peuvent servir à le reconstituer. Le meilleur est celui du Latran.

Eugippius, dont Cassiodore nous dit (Divinae lectiones, ch. XXIII) qu'il était « non usque adeo saecularibus litteris eruditus », commet, en effet, beaucoup de fautes de latin et emploie, surtout pour les noms propres, des formes de bas latin. Nous remarquons, en particulier, que les noms de villes sont presque tous (il n'y a d'exception que pour Lauriacum et peut-être Tiburnia) employés à l'ablatif. M. S. pense qu l'emploi de Feban au nominatif, pour Feva, vient d'une confusion avec l'accusatif Feban ou Fevan, et que de cette confusion sont venues les formes accusatives Febanem ou Fevanem. Il faut rapprocher l'accusatif Febanem d'une foule de noms analogues, Agila, Cuppa, Leuva, etc., que nous voyons avoir deux déclinaisons parallèles, et donner Ægilæ-am-a et Ægilanis-i-em-e, Cuppanis, Leuvanis, etc. Cette seconde forme de déclinaison est même celle qui est le plus en usage au vre siècle, et Feban doit étre une forme de latin vulgaire provenant de la forme Febanem.

M. Sauppe a fait précéder la Vita Severini d'un hymne en l'honneur du saint composé, d'après l'ouvre d'Eugippius, dans le monastère napolitain (Castellum Lucullanum), où il se retira en 488, lorsque, sur l'ordre d'Odoacre, tous les Romains du Norique revinrent en Italie. Ozanam l'avait publié, le premier, dans ses Documents inédits pour servir à l'histoire littéraire de l'Italie (Paris, 1850, p. 241 et s.) d'après le m. unique du Vatican 7172, qui est du ix° siècle.

G. M.

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Handbuch der Archæologie der Kunst, von Di Carl Bernhard Stark, Professor zu Heidelberg. Erster Band, einleitender und grundlegender Theil. Erste Abtheilung, Systematik und Geschichte der Archäologie der Kunst. Leipzig, Engelmann, 1878, in-8°, – Prix : 6 mark 75 (8 fr. 60).

Il y a trente ans que F. G. Welcker publia, en troisième édition, ce célèbre Manuel de l'archéologie de l'art qui n'est pas un des moindres titres d'Ottfried Müller à la reconnaissance et à l'admiration de la postérité. Welcker mit le livre au courant des découvertes importantes qui avaient été faites, surtout sur le terrain de l'archéologie orientale, depuis la composition du manuel ; ces additions assurèrent à cet important ouvrage toute une période nouvelle de succès et de services rendus. Depuis lors, les découvertes ont continué et elles ont ouvert de nouveaux points de vue; la liste de chaque catégorie de monuments n'a pas cessé de s'allonger par des trouvailles souvent de premier ordre. L'édition de Welcker une fois épuisée, les éditeurs ont donc cherché quelque savant qui pût compléter la quatrième édition comme Welcker avait fait la troisième; mais personne ne voulut se charger de cette tâche. Il a donc fallu se résigner à réimprimer le livre tel quel, sans aucun changement, même avec son Errata; c'est ainsi qu'il a reparu en 1877 chez Heitz, à Stuttgart.

Il est aisé de comprendre pourquoi tous les archéologues allemands qui comptent dans la science ont l'un après l'autre refusé leur concours à cette entreprise. Ottfried Müller a rédigé son livre avant que les investigations de la mythologie comparée eussent montré jusque dans quel lointain passé il fallait aller chercher le sens de beaucoup des mythes dont se compose la religion grecque, avant que l'Egypte eût dit tous ses secrets, avant que Ninive eût livré ses trésors et que l'Assyrie eût aidé à comprendre la Médie, la Perse, la Phénicie, la Lydie et la Phrygie, avant que l'on fût en mesure de se faire une idée exacte de la puissance et des ressources de cette civilisation égypto-assyrienne qui a précédé de tant d'années la civilisation grecque et qui lui a servi d'institutrice et de maîtresse, qui a rendu plus courte pour elle la période des essais et des tâtonnements. Nous savons aujourd'hui que les Grecs sont des continuateurs et des disciples, qui ont conduit jusqu'à la perfection classique les arts dont les procédés leur avaient été transmis par l'intermédiaire des Peuples de la Syrie et de l'Asie Mineure : Ottfried Müller les regardait comme des inventeurs. Leur originalité consiste dans la transformation qu'ils ont fait subir aux conceptions qui leur avaient été fournies soit par leurs ancêtres reculés, soit par les nations qui les avaient précédés, vers le sud et l'est, dans les chemins et le travail de la vie policée ; c'est chez eux que tous les germes sont arrivés à la libre et pleine floraison, que l'art et les lettres ont créé des formes achevées, qui ne pouvaient plus périr et qui devaient servir d'éternels modèles à quiconque aime la beauté et veut penser librement. Ottfried Müller se représentait autrement leur rôle. Il ne s'exagérait pas leur supériorité, que l'on ne peut proclamer trop haut; mais il se l'expliquait mal. On eût dit que sa Grèce s'était développée entre ciel et terre, ou bien dans une île que l'Océan entourait en tous sens d'espaces infranchissables; il ne la montrait pas plongeant par toutes ses racines dans le milieu qui l'enveloppait, dans ce sol fécond, tout plein de semences gonflées de vie, qui n'est autre que la civilisation de l'Egypte et de l'Asie antérieure. Sa Grèce était une proles sine matre creata; les phénomènes qui s'y produisent ne s'y rattachaient pas d'une manière organique à toute une série de phénomènes antérieurs. Cette insuffisance du point de vue n'est point chez lui manque de science ou de réflexion et de pénétration ; elle trouve sa justification dans l'époque même où il écrivait, où il menait à bien cette puissante et forte synthèse de toute l'histoire de l'art ancien. Son cadre est trop étroit ; à vouloir l'élargir après coup, on aurait risqué de le briser. Jamais les notions nouvelles que l'on aurait cherché à y faire entrer ne s'y seraient commodément réparties et distribuées; il y aurait eu encombrement et disproportion, contradiction latente entre les paragraphes ajoutés et ce que l'on aurait voulu garder de l'ouvre du maître.

C'est ce qu'avait très-bien senti M. Stark. Cet érudit s'était proposé de bonne heure, comme but principal de sa carrière scientifique, une exposition complète de l'archéologie classique, de sa méthode et des principaux résultats qu'elle avait obtenus jusqu'à nos jours. Dès 1852, il avait tracé le plan de cette exposition, tel qu'il le comprenait, dans un article où il rendait compte de l'édition de Welcker. Depuis lors il n'a cessé de suivre avec un intérêt particulier toutes les publications ar. chéologiques; il amassait des matériaux et préparait tous les détails du livre dont il avait déjà fixé depuis longtemps les grandes lignes. En 1872, il était en mesure de donner un prospectus où étaient indiquées toutes les divisions et subdivisions de l'ouvrage dont la première livraison vient enfin de paraître. Elle répond, croyons-nous, à l'attente qu'avait excitée cette première annonce et que justifiaient d'ailleurs les travaux antérieurs de M. Stark 1.

L'ouvrage aura la même forme, le même aspect typographique que celui d'Ottfried Müller. C'est un de ces Manuels comme l'Allemagne en a dans tous les ordres d'étude; c'est un de ces instruments de travail dont l'existence explique certains des caractères de la prodigieuse acti

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1. Son principal ouvrage est le livre intitulé Niobe und die Niobiden (1863); mais il a depuis fourni un grand nombre de mémoires intéressants à l’Archæologische Zeitung, aux Annales de l'Institut de correspondance archéologique et à d'autres recueils savants. On a beaucoup remarqué l'analyse qu'il a donnée dans les Jahresberichte de Bursian des livres et articles ayant trait à l'archéologie classique qui avaient été publiés pendant le cours de ces dernières années un peu partout; il a fait preuve, dans ce vaste dépouillement de tant de travaux allemands et étrangers, d'une grande sûreté de jugement et d'une très-libre impartialité.

vité scientifique qui ne cesse pas de se maintenir de l'autre côté du Rhin. L'ouvrage se partage en paragraphes où sont rapidement exposées les idées de l'auteur et indiqués les faits principaux; chaque paragraphe est suivi de notes copieuses, en petit texte, où celui qui voudrait approfondir la question traitée dans le paragraphe même trouverait l'indication de toutes les sources anciennes ou modernes, les passages principaux des auteurs allégués, les moyens de se procurer tout le détail des faits. C'est à l'aide de pareils livres que l'on évite le défaut qui a souvent été reproché aux érudits français, celui de perdre leur temps à refaire ce qui a été fait avant eux et à discuter les questions tranchées, au lieu de se servir du travail de leurs devanciers pour aller tout droit aux problèmes non encore éclaircis, aux points obscurs, aux cantons inexplorés de la science. Chacun de ces manuels représente, pour ceux qui l'emploieront, une grande économie d'efforts et de temps ; il contribue à garantir cette division du travail qui, dans les recherches scientifiques comme dans la production industrielle, est une des conditions du succès et de la perfection relative qu'il s'agit d'obtenir. Il est fàcheux qu'il ne se soit pas encore trouvé une grande maison de librairie française qui se chargeât d'entreprendre, en vue des études de médecine, d'histoire, de droit, de philologie, d'archéologie, etc., une collection de manuels analogue à celle que la librairie Rorel avait jadis donnée pour l'industrie et les métiers de tout genre, collection à laquelle nous avons dû de voir traduit le seul à peu près de ces utiles ouvrages qui ait passé dans notre langue, le manuel d'Ottfried Müller.!

Nous exposerons le plan de l'ouvrage d'après le prospectus même auquel nous avons fait plus haut allusion.

Le premier volume contiendra l'introduction et les principes de l'archéologie en trois livres. La première partie, la seule qui ait encore paru (256 pages), ne va pas tout à fait jusqu'à la fin du premier livre, auquel il manque encore un long et important paragraphe, celui qui conduira jusqu'à nos jours l'histoire des études archéologiques. Ce livre I se divise en trois chapitres. Le premier, intitulé Introduction, comprend les paragraphes suivants : 1. Définition de l'archéologie de l'art; 2. La position de l'archéologie par rapport à la philologie classique; 3. L'archéologie classique dans ses relations avec l'histoire générale de l'art; 4. L'archéologie classique dans ses rapports avec la connaissance générale de l'anti. quité et avec l'histoire de la civilisation; 5. Nomenclature et système d'une science de l'art antique dans son développement historique.

Le chapitre second a pour titre Divisions de l'archéologie; il renferme les paragraphes suivants : 6. Partie propedeutique; introduction et méthodologie; 7. Partie systématique; théorie de l'art (Kunstlehre); 8. Partie historique; histoire de l'art; 9. Partie typologique; connais

1. La librairie Vieweg vient de publier une traduction de l'excellent manuel de la littérature latine de Teuffel.

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