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noüs, auteur du A!.202.2dbyos, le serait aussi du 116.oyos, et à montrer que jamais aucun auteur ancien n'a appliqué le nom d'Alcinoüs à un platonicien du 1° siècle, et que jamais un témoignage ancien sur un personnage de ce nom n'a pu s'appliquer au nôtre. Mais il était plus difficile de réunir des preuves convaincantes pour motiver l'heureuse conjecture de Ruhnken (De Longino) et de Ch. Hendreich (Pandectæ Brandenburgicæ, p. 89), d'après laquelle les deux ouvrages appartiennent à Albinus. M. F. cherche d'abord ses preuves dans une comparaison approfondie de l'un et de l'autre : point de vue général, opinions particulières, style, époque, tout s'accorde. Dans ce qui n'est pas ajouté par l'abréviateur, le court Prologue ne contient pas une doctrine qui ne se retrouve dans le Traité didactique beaucoup plus étendu; mais c'est dans ce dernier seul qu'il faut, avec M. F., chercher l'ensemble des pensées de l'auteur, pensées profondément morales et religieuses, mais avec sobriété dans l'expression et sans aucune trace des exagérations mystiques du néoplatonisme. L'auteur du Traité didactique est amené par son éclectisme à emprunter volontiers à d'autres écoles ce qui lui paraît pouvoir se concilier avec le platonisme. Par exemple, quand il dit que Dieu n'est ni mobile, ni immobile, c'est la répétition d'une proposition de Xénophane (dans Simplicius, Phys., f. 6 a, l. 7-14, Ald.), comme M. F. aurait bien fait de le dire (p. 287). Mais, en général, M. F. indique très-bien l'origine de chaque doctrine et de chaque expression de son auteur soit chez Aristote, soit chez les Stoïciens, soit dans le platonisme du n° siècle de notre ère. Ainsi, quand on lit dans le Traité (ch. 1x) que les idées existent à la fois en Dieu, qui les pense, et hors de Dieu, comme substances indépendantes, c'est, suivant la remarque de M. F. (p. 288), le platonisme de Philon et d'Atticus, mais ce n'est pas encore le néoplatonisme. Du reste, M. F. montre bien que dans le court Prologue, malgré les altérations qui le défigurent, il y a des expressions qui supposent les doctrines du Traité didactique, et que le style du Prologue a le même caractère que celui du Traité. Il serait incroyable, conclut-il (p. 297), qu'à une même époque, dans une même école, et avec des noms presque identiques, deux écrivains différents se fussent trouvés si semblables entre eux, et surtout que celui dont l'oeuvre est le plus remarquable fût le seul des deux que les anciens n'eussent jamais cité. Mais il n'en est pas ainsi, et M. F. le prouve en montrant que toutes les opinions caractéristiques citées par les anciens comme ayant été celles d'Albinus se trouvent textuellement dans le Traité didactique qui porte maintenant le nom d'Alcinoüs, excepté une, dont l'équivalent s'y rencontre. Il ne reste donc plus, pour défendre Alcinoüs, que son nom AXzuvécu en tête des manuscrits de ce traité. Mais cet appui est caduc; car, comme M. F. le démontre (note supplémentaire 8, p. 320), tous les manuscrits actuels sont des copies d'un seul archétype, où se trouvait la leçon fautive qu'ils ont reproduite. Or, pour expliquer cette faute, il suffit d'admettre qu'elle a pu consister, de la part de celui qui a écrit

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l'archétype, à lire dans un manuscrit antérieur un x au lieu d'un é, peu lisible sans doute, et par conséquent à lire, au lieu du mot Ambivou, le mot Axxivou, qu'on aura cru mis, par une faute d'accentuation, pour Alxevoû, contraction d’Anx.vbou. Voilà donc la difficulté résolue en fa. veur de la thèse de M. Freudenthal.

Il termine sa dissertation par une thèse accessoire, qui aurait pu trouver place plus haut, dans la comparaison entre le Prologue et le Traité didactique, et qui est importante pour les lecteurs et éditeurs du second : le Traité didactique lui-même ne nous est parvenu qu'après avoir subi, de la part d'un abréviateur, des mutilations analogues à celles dont, à cette même époque, Galien se plaignait si amèrement pour ses propres oeuvres. Il n'est donc pas étonnant que, dans le Traité didactique d'Albinus, M. Freudenthal trouve à signaler, outre des contradic. tions que le syncrétisme de l'auteur grec explique sans les justifier, d'autres contradictions, des lacunes, des transpositions, des interpolations, qui trahissent la main de l'abréviateur.

Enfin nous ne devons pas omettre de mentionner neuf notes supplémentaires, qui terminent le cahier (p. 302-321), et où sont traitées trèsutilement des questions accessoires, savoir : 1° Sur les cahiers de classe dans l'antiquité; 2° Sur la critique et l'exégèse du Prologue; 3. Diogène de Laërte et les Prolégomènes d'Olympiodore; Sur les sour ces de Diogène de Laërte; 5° Notes critiques sur les Prolegomènes d'Olympiodore; Travaux critiques des néoplatoniciens; 7° Notes relatives à la critique et à l'exégèse du Traité didactique; Manuscrits du Traité didactique; 9o Manuscrits (des dissertations, de Proclus (sur la République de Platon). Parmi ces notes, toutes intéressantes, la plus étendue et la plus importante est la quatrième (p. 305-315), qui prouve, contre F. Nietzsche, Uberweg, Heinze et autres, que l'épicurien Dioclès de Magnésie, au lieu d'être la source unique ou principale de la compilation de Diogène de Laërte, n'est qu'une des moins importantes parmi les nombreuses sources dont Diogène a fait usage tour à tour sans s'attacher à en suivre aucune habituelle

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ment.

Th.-H. MARTIN.

1. Sans avoir le droit d'être puriste en allemand, je regrette que, dans son excellente dissertation, M. F. ait employé deux fois (p. 265, note, l. 1, et p. 308, 1. 29), pour désigner cette compilation, le mot bizarre Sammelsurium. Quant à des mots tels que unverbreitet, employé à contre-sens pour unvorbereitet (p. 274, 1. 19), voraufgeschickt pour vorausgeschickt (p. 306, 1. 11), voraufgehend pour vorausgehend (p. 312, troisième l. en remontant, et p. 314, I. 22), ce sont évidemment des faute6 d'impression.

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96. – Die Quellen Plutarchs in den Lebensbeschreibungen des Eu.

menes, Demetrius und Pyrrhus von R. SCHUBERT. Besond. Abdruck aus dem neunten Supplementbande der Jahrbücher für classische Philologie. Leipzig, Teubner. 1878, in-8°, 647-836 pages. Prix : 5 mark (6 fr. 25).

Ce livre contient un exposé des sources auxquelles a puisé l'auteur des biographies d'Eumène, de Démétrius et de Pyrrhus. M. Schubert analyse les biographies chapitre par chapitre, montre où Plutarque passe d'une source à une autre et recherche les noms des auteurs de ces sources. Il cite, à ce propos, un grand nombre d'écrivains de l'antiquité; il réunit dans un index alphabétique tout ce qu'il sait sur chacun de ces écrivains, et ajoute à cet index une sorte de tableau généalogique qui nous montre plus clairement comment s'est formée l'æuvre de Plutarque.

En général, pour ce qui concerne les sources originales de Plutarque, M. S. est d'accord avec les historiens qui ont déjà traité cette question; mais il s'écarte, dans le détail, des opinions reçues et précise plusieurs points avec plus d'exactitude qu'on ne l'avait fait jusqu'ici. Il est impossible d'exposer ici tout ce qu'il y a de neuf dans le travail de M. Schubert. Disons seulement que deux écrivains surtout ont servi à Plutarque dans sa biographie d'Eumène : Hiéronyme de Cardia, qui s'est fait le défenseur de son compatriote, et Duris, très-hostile à Eumène; Hiéronyme a vu de ses propres yeux les événements qu'il raconte; Duris a consulté des témoins oculaires. C'est encore le récit de Hiéronyme et de Duris qui fait le fond de la biographie de Démétrius; Hiéronyme est favorable au fils d'Antigone; Duris, au contraire, le traite assez mal; sa narration fourmille d'anecdotes et, selon M. S., il a emprunté les détails sur les événements d'Athènes à Philochore et à un témoin oculaire, également athénien, qui serait, toujours d'après M. S., le poète Philippide. – Dans la biographie de Pyrrhus, M. S. reconnaît une source épirote (Proxène) et Hiéronyme, l'autorité principale pour les dernières années de Démé. trius. Quant à la campagne de Pyrrhus en Italie, il y a beaucoup de ressemblances sur ce chapitre entre Plutarque et Denys d'Halicarnasse, que Plutarque a certainement consulté. En ce qui concerne Tarente, il y a là une source tarentine, mais Denys a consulté, en outre, Claudius Quadrigarius et Valérius d’Antium, et, pour la Sicile, Timée qui puisait lui-même à une source sicilienne. M. S. cherche ensuite à démontrer que Plutarque n'a connu aucun des écrivains originaux, mais qu'il a presque tout emprunté à une « source intermédiaire » (Mittelquelle, p. 687), à un seul écrivain qui lui semble être Agatharchide (p. 807). Selon M. S., les trois biographies d'Eumène, de Démétrius et de Pyrrhus reposent sur un seul ouvrage historique, celui d'Agatharchide (p. 807).

M. S., non content d'éclaircir la critique des sources de Plutarque, a voulu être utile à l'histoire elle-même, et cela : 1° en déterminant d'une façon plus exacte et plus précise quelques événements; et 2° en éclairant

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d'une lumière nouvelle le caractère des personnages de Plutarque. On lira, par exemple, avec intérêt tout ce qu'il dit de Pyrrhus; il trouve que la sympathie qu'on éprouve ordinairement pour Pyrrhus n'est nullement fondée, puisque ce que nous savons de lui est, en grande partie, emprunté à une source épirote et que les Romains ont fait de leur intrépide adversaire une sorte de héros idéal, qui ressemble très-peu au Pyrrhus réel.

Le livre de M. S. est si plein de détails intéressants, qu'il faudrait écrire un autre livre, pour en faire une critique complètc. Mais cela n'est pas nécessaire pour avoir une idée de la méthode de l'auteur. J'ai dit que M. S., analysant le récit de Plutarque, indique toujours où, selon lui, doit commencer une nouvelle source, par la simple raison que les deux phrases, qu'il sépare l'une de l'autre, ne peuvent être écrites par le même auteur. Cette opération ne lui réussit pas toujours. Par exemple, le chapitre 20 de Démétrius commence ainsi : « Ada και παρασκευάσασθαι δύναμιν ή χρήσασθαι βελτίων έδόκει στρατηγός είναι, πάντα μεν εκ περιουσίας υπάρχειν βουλόμενος, etc. Tout ce commencement jusqu'à cival doit, selon M. S. (p. 713), appartenir à un écrivain hostile (Duris), et ce qui suit à un écrivain favorable (Hiéronyme). Puis Plutarque cesse de consulter Hiéronyme, pour retourner de nouveau à cet auteur. « La seconde moitié est de nouveau si favorable pour Démétrius qu'on ne peut douter, en aucune façon, de l'intervention d'Hiéronyme; Plutarque fait remarquer que les ennemis mêmes de Démétrius ne pouvaient refuser leur plus haute estime à ses actions. » Je crois, pour moi, que si la première période du chapitre xx de Démétrius doit être de deux auteurs différents, il n'y a pas de phrase dans un écrivain qui soit à l'abri d'une telle dissection. Les mots depuis távta uży ne sont pourtant qu'une affirmation des paroles précédentes (Démétrius était plus habile à préparer la guerre qu'à la faire) et s'enchaînent étroitement avec elles. Quant à la seconde moitié du chapitre xx, cette « haute estime » que les ennemis de Démétrius avaient pour lui, était inspirée par ses talents militaires et par son habileté dans la construction des machines de guerre, et je demande s'il fallait vraiment être partisan de Démétrius pour ne pas taire dans une æuvre historique un fait si universellement connu?

Je ferai la même observation à M. S. dans un autre passage (au commencement du chapitre xxii de Démétrius), où, comme au chapitre xx, M. S. sépare deux lignes l'une de l'autre et les attribue à des sources diverses. De même (chap. vi et vu d'Eumène) M. S. prétend que le récit de la bataille n'est pas l'ouvre d'un même auteur (p. 652-653). Pourquoi pas? Les explications de M. S. ne sont guère que des sentiments tout à fait subjectifs qui ont peu de force pour décider des questions scientifiques. M. S. ne veut pas croire que « dans les deux armées on ait tant compté avec l'amour des Macédoniens pour Cratère ». Mais, connaitre cet amour et ne pas compter avec lui, c'était commettre une

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grande faute. Ailleurs (p. 666) M. S. prétend encore que Plutarque a gardé le silence sur des « mensonges » d'Eumène, afin de ne pas nuire à son héros. Mais il s'agit là d'une ruse de guerre, et il n'importait pas à la gloire d'Eumène qu'elle fût passée sous silence; au chap. vi, Plutarque n'a pas hésité à raconter un « mensonge », c'est-à-dire un stratagème d'Eumène, M. S. prétend, tout aussi arbitrairement, que partout où il est question de Cratère, c'est Duris qui parle, car Duris est un partisan de Cratère. Mais il arrive que Plutarque parle de Cratère dans un passage qu'il est impossible d'attribuer à Duris. Que fait M, S. ? Il dit (p. 668) que ce n'est pas à Duris, mais bien à la source intermédiaire qu'on doit ce passage : « Cet auteur (l'auteur de la source intermédiaire) venait seulement de mettre Duris de côté et ne pouvait encore s'émanciper entièrement et se détacher tout à fait des opinions de Duris, » Je me fais fort de tout expliquer avec un pareil procédé. P. 700. M S. critique le récit du voyage à Patras et de la fuite de Démétrius (ch. vii de métrius), parce que, dit-il, Démétrius n'avait pas besoin de se déguiser, et d'ailleurs, s'il s'était déguisé, il n'avait pas besoin de courir. Mais Démétrius était surpris, il jeta sur lui le premier vêtement venu et prit la fuite; que pouvait-il faire de mieux ? M. S. n'aime pas les fanfaronnades de Ptolémée et de Démétrius (p. 708). « Démétrius n'a jamais prononcé de pareils discours et Hiéronyme ne les a jamais racontés, » Nous trou. vons, au contraire, avec Droysen (Hellenismus, II, 2, 129), ces discours très-caractéristiques, etc.

Dans sa préface, M. S. déclare que le grand point pour l'historien, c'est, en somme, de « passer au crible les sources primitives » ; « c'est à quoi, dit-il à peu près, j'ai toujours attaché la plus grande importance; il me semble oiseux (M. S, dit « irrelevant » de savoir si Plutarque a, par exemple, consulté Hiéronyme et Denys directement ou indirectement. Réussit-on à démontrer ce fait, on n'a pas avancé d'un pas vers la solution des questions véritables et essentielles, on s'en est même éloigné. » Ainsi M. S. fait fi de toute la peine qu'il s'est donnée pour trouver la source intermédiaire (Mittelquelle) et peu lui importe d'avoir découvert qu'Agatharchide est cette source intermédiaire. Soit, mais pourquoi M. S. a-t-il fait imprimer son livre, sous la forme qu'il lui donne ? Sait-il combien de pages de son ouvrage il déclare par là superAues ? Pour nous, nous avions pensé que M. S. avait démontré que, si l'on n'admettait pas la source intermédiaire, on ne pourrait expliquer mainte conformité entre Plutarque et Népos, entre Plutarque et Justin; que la « source intermédiaire » découlait nécessairement de l'examen attentif des sources primitives, qui, selon la préface, est le point essentiel. Si maintenant la source intermédiaire repose sur une hypothèse oiseuse, nous ne sommes plus convaincus de l'exactitude de son examen des sources primitives. M. S., après avoir composé son livre (car la préface est ici, comme toujours, une post.face), abandonne les conséquences de ses prémisses, mais non les premisses ! nous ne croyons plus alors qu'il

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