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Sommaire : 84. ZIMMERMANN, Cartes et plans pour la topographie de l'ancienne Jérusalem. - 85. L'histoire des Francs de Grégoire de Tours, traduite par De GIESEBRECHT. 86. Babeau, Le village sous l'ancien régime. – 87. Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, p. p. FOURNIER. Académie des Inscriptions.

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84. – Karten und Plæne zur Topographie des alten Jerusalem, bearbeitet und herausgegeben von Di Carl ZIMMERMANN, Gymnasialrector in Basel. Begleitschrift (Mit einer Kartenskizze). Basel, Bahnmeier's Verlag (C. Detloff) 1876. 40 pd. in-8° et 4 cartes in-plano.

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M. Zimmermann a eu la bonne idée de dresser deux cartes de Jérusalem, la première donnant l'aspect et la configuration de l'assiette actuelle de la ville, la seconde représentant, à la même échelle, le terrain dans son état antérieur à l'établissement de la ville. Dans les deux cartes, le tracé général des murs d'enceinte et des principaux monuments est superposé au terrain, comme moyen de repère, mais l'esprit peut en faire d'autant plus facilement abstraction que M. Z. a eu soin d'exprimer dans les deux cartes le sol sous-jacent par des courbes de niveau soigneusement et sincèrement mesurées, calculées de 10 pieds en ro pieds anglais. Il a pris pour base de la carte actuelle l'excellent plan du major C. Wilson; pour la carte du sol primitif, il a mis en cuvre les constatations résultant des fouilles, archéologiques ou autres, entreprises à Jérusalem depuis plusieurs années. Il a tiré un grand parti des observations recueillies depuis longtemps sur place par un architecte allemand de beaucoup de mérite, M. C. Schick. Une troisième carte décompose le terrain planimétrique en une série de coupes et de profils qui rendent sensibles aux yeux les différences, souvent considérables, qui existent entre le modelé du sol ancien et du sol moderne. L'on sait, en effet, que Jérusalem a subi un exhaussement général qui, si l'on n'en tenait compte dans les raisonnements topographiques, pourrait occasionner de graves erreurs.

Dans une quatrième carte, M. Z. a groupé seize plans différents de Jérusalem sur une échelle réduite et identique. Il a projeté, pour ainsi dire, sur un fond de terrain uniforme, les principales restitutions topographiques de la Jérusalem antique proposées par Robinson, Williams, Schultz, Krafft, Fergusson, Thrupp, Lewin, Sepp, de Vogüé, de Saulcy, Menke, Caspari, Warren, Tobler, Furrer. Cette simple superposition des

Nouvelle série, VIL

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conceptions idéales au terrain vrai suffit, dans bien des cas, pour faire écrouler des systèmes ou des parties de systèmes absolument insoutenables. Le seizième et dernier plan est celui de M. Schick. J'ai constaté avec plaisir que nous étions d'accord avec M. Schick sur plusieurs points importants : par exemple, sur le tracé du second mur venant s'appuyer sur le côté méme de la piscine Amygdalon, qui lui servait en quelque sorte de fossé à l'ouest; sur l'emplacement et les dimensions d'Antonia, etc..., M. Schick a englobé dans sa seconde enceinte l'église du SaintSépulcre, c'est-à-dire qu'il se range résolûment du côté des adversaires de l'authenticité. La question ne me semble pas encore tranchée !; je ne parle pas de l'authenticité, mais de la position relative de ce que l'on appelle le Saint-Sépulcre et de la petite nécropole dont il a fait certainement partie, comme je crois en avoir apporté des preuves convaincantes ?. Je me suis particulièrement occupé de ce problème du second mur pendant ma mission de 1874, et j'ai même pratiqué, pour essayer de le résoudre, des excavations assez importantes (puits et galeries de mines) dont les résultats auraient pu être de quelque utilité à M. Zimmermann pour sa grande carte du terrain primitif. J'ai remarqué du reste sur cette carte l'absence de certaines indications fort importantes, par exemple celle de la piscine creusée dans le roc, devant le portail de l'église de Sainte-Anne, piscine qui n'est autre que la Probatique; celle des curieuses chambres également taillées dans le roc au pied de Bezetha, non loin de l'Arc de triomphe dit Arc de l'Ecce Homo, etc...

Une petite brochure de 40 pages accompagne ces quatre cartes et donne quelques explications sur la façon dont elles ont été dressées et dont on doit les lire, sur les dernières recherches topographiques dont Jérusalem a été l'objet et sur les principales théories qui ont été émises, depuis Robinson, sur ces difficiles questions.

C. C. G.

1. Ainsi je me suis depuis longtemps demandé, et je me demande encore, si le second mur qui partait d'un point déterminé du premier mur (porte Gennath), après avoir longé la piscine Amygdalon en marchant sensiblement du sud au nord, ne changeait pas de direction en obliquant vers le nord-ouest, à la hauteur de l'angle N. O de l'enceinte du Moristan. Il aurait tendu alors vers le point culminant qui existe près de la lettre P. Cette hauteur m'a toujours semblé fort importante. Elle devait, en effet, avoir une grande valeur stratégique, et il était indiqué d'y faire passer le tracé de l'enceinte dont elle a dû renforcer un peu le saillant vulnérable. (Une des attaques de Titus a, en effet, porté de ce côté.) Dans cette hypothèse, le mur, prenant en écharpe le parvis de l'église du Saint-Sépulcre et l'emplacement de l'église elle-même, aurait justement coupé en deux la petite nécropole dont faisaient partie les tombeaux dits de Joseph d'Arimathie et du Saint-Sépulcre, qui seraient ainsi laissés en dehors. Le roc visible au point où la tradition monastique veut mettre le Calvaire, roc qui paraît taillé, ferait partie, dans ce système, de l'escarpe meine de l'enceinte.

2. L'Authenticité du Saint-Sépulcre et le tombeau de Joseph d'Arimathie.

85. – Zehn Bücher Fränkischer Gescbichte von Gregorius von Tours,

übersetzt von W. von GIESEBRECHT. 2. Aufl. Leipzig, Duncker. 1878. 2 vol. in-12, XLVIII-368 et 362 p, Prix, les deux vol. : 7 mark 40 (9 fr. 25),

La nécessité où s'est trouvé M. de Giesebrecht de donner une deuxième édition de sa traduction de l'histoire des Franks de Grégoire de Tours, prouve l'intérêt que l'on porte en Allemagne, plus encore peut-être qu'en France, à l'histoire franque primitive. D'ailleurs, si la traduction de M. de G., par la fidélité et l'élégance avec lesquelles il a su conserver le charme naïf de l'original, faisait de l'Histoire des Franks un livre agréable pour le grand public, l'introduction et les notes dont il l'a accompagnée en faisaient un livre très-utile pour les érudits, qui s'occupent du ve et du vie siècle. Nous ne doutons pas que cette seconde édition ne trouve aussi un accueil très-favorable.

Elle n'est pas cependant indispensable à ceux qui possèdent déjà la première - car les modifications qu'elle contient ne sont pas très-considérables. Cependant M. de G. a tenu compte des travaux composés depuis l'apparition de sa première édition (1851). Il s'est servi pour sa biographie de Grégoire du ch. I de l'ouvrage de M. Monod, sur les Sources de l'histoire mérovingienne, et a adopté, en particulier, la date donnée pour la naissance de Grégoire, 538 ou 539. Nous n'avons pas très-bien compris le reproche qu'il adresse à M. Monod d'avoir exagéré l'autorité de Grégoire de Tours, car l'opinion des deux critiques nous paraît sur ce point à peu près identique. Tous deux font remarquer que Grégoire commet de nombreuses inexactitudes quand il transcrit ou résume des sources antérieures, qu'il est incapable de juger la valeur des traditions qu'il reproduit, mais qu'il est d'une sincérité parfaite, qu'il fait effort pour savoir et dire la vérité, et que, quand il parle de ce qu'il a vu, son témoignage est digne de foi, (Gies., P. XLI; Monod, p. 115-122, 144.)

M. de G. a maintenu l'opinion qu'il avait précédemment émise sur la composition de l'Historia Francorum. Elle manque, à ce qu'il nous semble, de clarté et de cohérence. Autant qu'on peut le comprendre, il pense que les six premiers livres seuls représentent le travail définitif de Grégoire, revu et corrigé par lui en 591, et que les quatre derniers ne sont que des notes que Grégoire n'avait pas voulu laisser mettre en circulation, ce qui serait la cause pour laquelle Frédégaire et l'auteur de Gesta n'ont connu que les six premiers livres 1. – M. Monod avait suppose que des copies incomplètes de l'ouvrage comprenant les six premiers livres, avaient d'abord été répandues, puis que Grégoire avait complété son ouvre, d'une part, en y ajoutant les quatre derniers livres, puis en y faisant entrer des chapitres relatifs, pour la plupart, à l'histoire ecclésiastique et absents de la

1. M. de G. admet en quelques passages des interpolations. Elles ne me paraissent pas aussi évidentes, p. 163 et 164. Il aurait dû faire remarquer que le dernier ch. du l. VIII n'est évidemment pas sa vraie place.

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première rédaction des premiers livres. L'épilogue ou ch. xxxi du 1. X,
serait plutôt un épilogue général de ses cuvres que l'épilogue de son
histoire. Quand il l'écrivit, celle-ci était encore inachevée et avait encore
besoin, dans la pensée de Grégoire, d'une révision générale. L'hypothèse
de M. Monod nous paraît rendre compte des faits beaucoup mieux que
'celle de M. de G. L'épilogue où Grégoire parle de ses decem libri Histo-
riarum, prouve que son histoire avait déjà, à ses yeux, la forme qu'elle
a aujourd'hui, et ne permet pas d'admettre, avec M. de G., qu'il ait
voulu « absichtlich unterdrücken » les quatre derniers livres. Il recom-
mande, au contraire, de n'y rien toucher. Il n'est pas possible non plus
qu'il eût déjà soumis les six premiers livres à une révision définitive;
sans cela, il aurait mis d'accord les renseignements qu'il y donne sur les
évêques de Tours avec ce qu'il dit dans l'épilogue. Enfin, il n'est pas
vrai que ce soient les six premiers livres corrigés et revus que Frédégaire
et l'auteur des Gesta ont eus entre les mains; ce sont, au contraire, les six
livres dans leur premier état de rédaction incomplète, sans les chapitres
relatifs à l'histoire religieuse. D'ailleurs, M. de G. est d'accord avec
M. Monod pour reconnaître, contrairement à l'opinion de M. Arndt
(Hist. Zeitschrift, XXVIII, 421), que les différences qu’on remarque dans
les manuscrits de l'Historia Francorum indiquent des états successifs
du travail de Grégoire.
La traduction est restée à peu près la même. Comme M. de G. nous aver-

à tit qu'elle a été revue par M. Arndt, nous y trouvons la preuve que la nouvelle édition annoncée par les Monumenta n'apportera aucune modification essentielle au texte de l'Histoire des Franks 1. Le fait que les ch. xlii et xlii du l. IV et les ch. xvii et xvii du l. V n'en forment plus qu'un, et que le ch. xin du 1. I en formera deux, n'a qu'un intérêt médiocre. Ce sera évidemment au point de vue des formes orthographiques que le texte des Monumenta, si nous le possédons jamais, sera surtout intéressant; mais M. de G. commet une grosse exagération en disant qu'il nous révélera « die ursprüngliche und eigenthümliche Sprache Gregors. » Rien ne nous prouve que les mss. de Corbie, de Beauvais et de Cambrai, pas plus que les fragments de Leyde et de Rome, nous représentent l'orthographe de Grégoire. D'ailleurs, une partie du texte seulement est conservée par ces manuscrits, et il y aurait bien de la témérité à transporter les particularités, ou, pour mieux dire, les irrégularités orthographiques qui s'y trouvent, aux parties consacrées seulement dans des mss. postérieurs.

Les annotations de M. de G. sont excellentes. Il a su observer une juste mesure : éclairer le texte sans tomber dans le commentaire. Il aurait été impossible d'entreprendre, à propos du texte de Grégoire, la critique de toute l'histoire du vie siècle. M. de G. s'est contenté de donner

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1. La leçon Hic scriptor Thau, IV, 5, au lieu de Haec scriptio Thau, se trouvera t-elle dans le texte des Monumenta? En tous cas, c'est une heureuse correction.

les explications strictement nécessaires et de signaler les erreurs évidentes. Dans le 1. II, il a eu tort, à notre avis, de discuter quelques points douteux, qui ne pouvaient être élucidés en peu de mots (p. 73,77, 108, etc.), et de faire un ou deux renvois à Frédégaire et aux Gesta regum Francorum dans des cas où ces textes ne donnent que des renseignements légendaires (p. 77, etc.) Il aurait fallu par contre citer, à la fin du ch. xxvil du 1. II, le passage des Gesta (c. xiv) : « In illis diebus dilatavit Chlodovechus amplificans regnum suum usque Sequanam. Sequenti tempore usque Ligere fluvio occupavit, » qui paraît emprunté à des annales anciennes et qui comblent une lacune évidente du texte de Grégoire. Les notes sur les questions relatives aux institutions ont été enrichies grâce à la deuxième édit. du deuxième vol. de la Deutsche Verfassungsgeschichte de M. Waitz et à l'ouvrage de M. Sohm, Fränkische Reichs = und richtsverfassung. - Le livre de M. Longnon a paru, à ce qu'il semble, trop tard pour que M. de G. ait pu en profiter complètement. Ce n'est qu'à la page 228 du premier vol. qu'il commence à s'en servir, et encore ne le fait-il que d'une manière intermittente et superficielle. Il ne renonce pas à traduire Latta par Ciran la Latte (I, 210); ni Momociacus par Mouzon (II, 141) ni Cisomagus par Chisseaux (II, 244) ni Cracina (et non Gracina) par , (1, 290) ni Brennacus par Braine (I, 296). P. 265, nous trouvons cette note dénuée de sens à propos de Cornutus : « Vielleicht Cornuz; nach anderen saint Aubin le Cormier oder Corps Auds » flisez : Corps Nuds). Mais Cornuz et Corps Nuds sont deux orthographes d'un même nom, et saint Aubin du Cormier ' n'est point identique à Corps Nuds. - Les notes 2 de la p. 112 et i de la p. 177 sur les partages du royaume frank sont tout à fait erronées, et, malgré M. Longnon, la note de la p. 90 du t. II sur le partage de la Provence n'est pas exacte. La note sur Columna (I, 117) ne l'est pas davantage, et celle de la p. 103 sur le titre de Consul accordé à Chlodovech nous paraît confuse.

A la fin du deuxième vol., M. de Giesebrecht a ajouté une note courte et substantielle sur Vasso Galatae (Grég., I, 32). Il se range à l'avis que ces deux mots sont des épithètes de Mercure (secourable et fort ou guerrier). Il aurait dû renvoyer à l'excellente note de M. Havet dans la Revue archéologique (Nouv. série, xxvin, 332), comme il aurait dû mentionner la Restitution de la basilique de saint Martin de Tours par M. Quicherat à la p. 251 du t. II.

L'Index fait avec beaucoup de soin n'est qu'un Index onomasticus et geographicus, non un Index rerum ou analytique. Cela est parfois gênant pour la rapidité des recherches, mais cela a l'avantage de ne pas préjuger les questions comme le font fatalement les Indices analytiques, et de ne pas encourager les historiens à étudier un sujet d'après l’Index au lieu de l'étudier directement dans le texte.

r.

1. M, de G. écrit aussi t. I, p. 367 : Saint-Germain aux Prés.

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