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Paris (1228-1249). - Les positions de ces thèses ont été imprimées chez Lahure.

M. Fustel de Coulanges a été nommé titulaire de la chaire d'histoire du moyen-âge créée à la Faculté des Lettres de Paris.

ALLEMAGNE. M. Theodore Keim est mort à Giessen le 17 novembre 1878. Né à Stuttgart, en 1815, il suivit les cours de l'université de Tubingue (1843-1848) et, sous la direction de Baur, se consacra à l'étude de l'histoire de l'Eglise et à la critique de l'Ancien Testament. Il fut, de 1860 à 1873, professeur de théologie à Zurich; en 1873, il avait été appelé à Giessen. Il avait publié « La Réforme à Ulm » (Reformation der Reichstadt Ulm, 1851); l'Histoire de la Réforme en Souabe (Schwæbische Reformationsgeschichte, 1855); Le développement humain de Jésus-Christ (Die menschliche Entwickelung Jesu Christi, Zurich, 1860); La dignité historique de Jésus (Die geschichtliche Würde Jesu, Zurich, 1864); Le Christ historique (Der geschichtliche Christus, 1865). Mais son principal ouvrage est l'Histoire de Jésus de Nazareth (Geschichte Jesu von Nazara, 1867-1872) qui le plaça au premier rang des théologiens de notre époque. Sa dernière auvre, Sur l'ancien christianisme (Aus dem Urchristenthum), sera l'objet d'un prochain compte-rendu dans notre Revue.

M. Karl Gutzkow est mort à Sachsenhausen, près de Francfort-sur-le-Mein, le 16 décembre 1878. Il était né à Berlin en 1817; après avoir fait ses études dans diverses universités de l'Allemagne, il publia une nouvelle fort insignifiante, Wally (1835), que Menzel, le directeur du Literaturblatt de Stuttgart, dénonça à la Confédération comme une des œuvres les plus impies et les plus révolutionnaires de la Jeune Allemagne. Le conseil fédéral interdit alors non seulement Wally, mais tous les écrits de la Jeune Allemagne, et, entre autres, les ouvrages de Henri Heine. Gutzkow subit trois mois de prison à Mannheim. En 1847, il dirigeait le théâtre de Dresde; puis, après avoir vécu de sa plume durant quelques années, il devint secrétaire général de la fondation Schiller (Schillerstiftung) établie à Weimar. En 1864, durant un voyage, il tenta de mettre fin à ses jours; on le crut fou et il fut enfermé quelque temps dans une maison d'aliénés, près de Bayreuth. Il a vécu depuis à Vevay, à Berlin et à Francfort-sur-le-Mein. A la fois romancier et dramaturge, Gutzkow a été un des plus féconds écrivains de l'Allemagne. Parmi ses principaux drames, citons Richard Savage, Werner, Patkul, Uriel Akosta, Zopf und Schwert (1843), das Urbild des Tartüiffe (1844), der Kænigslieutenant (1849); et parmi ses romans, die Ritter vom Geist (1850), der Zauberer von Rom (1858-61), Hohenschwangau (1867), Pestalozzi und seine Schne; les Lebensbilder (1870), où il a fait le portrait des personnages marquants de notre époque qu'il a connus ou vus de près.

La librairie Teubner, de Leipzig, entreprend une édition complète d'Euripide; la Médée, que vient de publier M. Rudolf Prinz, forme le premier volume de cette collection. (Voir sur cette publication, dans un des prochains numéros de la Revue critique, l'article de M. H. Weil.)

Après seize années d'un travail assidu, M. Classen a terminé la publication de son Thucydide ; le huitième volume, renfermant le huitième livre de l'histoire de la guerre du Péloponèse, a paru chez Weidmann, (Ber

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On a trouvé dans les papiers de feu M. Nobbe de nombreux matériaux que le savant professeur de Leipzig avait amassés en vue d'une grande édition de la géographie de Ptolémée ; les héritiers de M. Nobbe sont disposés à venire ce & vaste appareil critique et exégétique »; s'adresser à la rédaction du Literarisches Centrablatt à Leipzig.

M. Deecke, de Strasbourg, prépare une brochure sur le Templum étrusque découvert à Settima.

M. Dziazko, bibliothécaire de l'Université de Breslau, s'occupe d'une édition du commentaire de Donat sur Térence.

M. Bæhrens travaille à une édition de Properce; on sait qu'il a publié en 1876 les poésies de Catulle, et en 1878 les deux livres d'élégies de Tibulle; M. Behrens aura ainsi édité les triumviri amoris.

M. W. Zingerle a récemment défendu contre Lachmann l'authenticité des Héroides d'Ovide (Untersuchungen der Echtheitsfrage der Heroiden Ovids, Innsbruck, Wagner) et prétendu avec Riese que les lettres suspectes appartiennent à une période postérieure de la vie du poète. M. Sedlmayer prépare, dit-on, une édition critique des Héroïdes, fondée sur une collation tris-eiacte de tous les manuscrits; ses Prolegomena critica ad Heroides Ovidianus qu'il a récemment publiés (Vienne, Gerold) forment comme le travail preliminaire de cette édition.

M. H. Keil est sur le point de terminer sa publication des grammatici latiri (Leipzig, Teubner). La première moitié du deuxième volume a paru; elle est dédiée à M. Mommsen et renferme les Scriptores de orthographia (Terentius Scaurus, Velius Longus, Caper, Agroecius, Cassiodore, Martyrius, Beda, Albinus). La deuxième moitié du volume que M. Keil publiera bientót, doit contenir les écrits de Arusianus Messius, de Dosithée et d’Audax, avec un précieux « Index scriptorum qui in septem voluminibus grammaticorum citantur ».

M. Lucien Müller a fait paraître une deuxième édition de sa biographie de Ritschl. (Friedrich Ritschl, eine wissenschaftliche Biographie. Calvary, Berlin.; Cette deuxième édition renferme comme supplément ; 1° une réplique mordante à un article défavorable du Literarisches Centralblatt, des réflexions sur l'étude de la philosophie et un projet de réforme des universités allemaades (M. Müller parle amèrement de leurs Cliquen und Coterien); 2o un Epimetron où M. Müller répond aux questions qu'on lui a posées de divers côtés sur quelques points de la biographie de Ritschl.

M. Merx, d'Heidelberg, prépare un commentaire du prophète Joël avec une jatroduction sur l'histoire de l'interprétation de la prophétie. (Cp. dans la Revue critique l'article consacré au livre récent de M. Karle sur la prophétie de Joel, 1878, n° 18.)

M. Wülcker, professeur à l'Université de Leipzig, est, on le sait, l'exécuteur testamentaire de Grein. C'est lui que Grein a chargé de ranger ses papiers e de poursuivre la publication de la Bibliothèque de prose anglo-saxonne. 2. W. annonce donc une nouvelle édition de Beowulf, pour laquelle il utiuse, non seulement les notes laissées par Grein, mais sa propre collation du manuscrit; il y joindra un dictionnaire, une petite grammaire anglo-saxonne

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et une bibliographie dejà commencée par Grein. En outre, M. W. promet de publier bientôt une traduction de Beowulf que Grein avait corrigée et remaniée dans ces dernières années. Enfin, l'édition de la Bibliothèque de poésie anglo-saxonne étant épuisée, M. W. prépare une seconde édition de cette précieuse collection, d'après les manuscrits que Grein n'avait pas vus. Quant à la Bibliothèque de prose anglo-saxonne, le premier volume édité par Grein, renferme des écrits d'Aelfric; et l'on sait que la Cura pastoralis a été éditée par Sweet, et que Schipper prépare une édition de la traduction de Beda par Alfred; le second volume de la Bibliothèque de prose anglosaxonne contiendra donc, parmi les auvres d'Alfred, sa traduction de Boèce, son anthologie des soliloques de saint Augustin (outre la lettre d'Alexandre à Aristote, les merveilles de l'Orient et l'entretien de Salomon et de Saturne qui se trouvent dans le même manuscrit) et sa lettre De videndo Deo. M. Wülcker annonce encore une nouvelle édition, considé. rablement augmentée, des glossaires publiés par Thomas Wright (paraîtra chez Trübner, à Londres.)

Ont paru coup sur coup ou vont paraître, chez les frères Henninger (Heilbronn, Wurtemberg), le deuxième volume du Roman de Rou, édité par Andresen; la Chanson de Roland, reproduite d'après le manuscrit d'Oxford par Stengel ; les plus anciens monuments de la langue française, par Koschwitz; six remaniements du voyage de Charlemagne à Jérusalem et à Constantinople, publiés par Koschwitz (Sechs Bearbeitungen des altfranzösischen Gedichtes von Karls des Grossen Reise nach Jerusalem und Constantinopel); une petite grammaire de l'ancien français par Neumann (Kurze altfranzæsische Grammatik); le second volume des recherches sur Dante (Dante Forschungen) de Witte; une version scandinave de la légende de Tristan (Tristrams saga ok Isondar), éditée par Kolbing.

M. Kælbing prépare une nouvelle édition de trois poëmes anglais du moyen âge, Sir Tristrem, Sir Bevis of Hamtoun et l'Ormulum.

M. Stratmann a publié une troisième édition, considérablement augmentée, de son dictionnaire de l'ancien anglais; il l'envoie lui-même à tous ceux qui en feront la demande. M. Stratmann habite Crefeld. (Prix de l'ouvrage : 25 fr. 75.)

M. Leding a récemment publié un ouvrage sur le droit frison « Liberté des Frisons au moyen âge ». Die Freiheit der Friesen im Mittelalter. Emden, Haynel). Le critique du Centralblatt ayant dit que depuis longtemps on attendait vainement le livre promis par M. de Richthofen, ce dernier écrit au journal allemand qu'il publiera, dans le cours de cet hiver, des « Recherches sur l'histoire du droit frison »; il traitera dans le premier volume des Assemblées d'Upstallsbom.

La Revue critique (1878, n° 33, art. 144, p. 106) a déjà entretenu ses lecteurs d'une collection d'auteurs suisses, appartenant au moyen âge et aux temps modernes, que MM. Vetter et Baechtold se proposent d'éditer avec le concours de quelques amis. (Bibliothek aelterer Schriftwerke der deutschen Schweiz und ihres Grenzengebiets, Frauenfeld, chez Huber.) Cette collection comprendra quinze volumes. M. Baechtold a publié la Chronique de Stretlingen, les œuvres de Nicolas Manuel et publiera une histoire de la littérature allemande en Suisse ; M. Hirzel prépare une édition des poésies de Haller; Bartsch et M. Baechtold, une édition des Minnesinger suisses; on promet

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aussi le Lancelot du Lac d'Ulrich de Zazikhoven, l'Edelstein de Boner, le Schachzabelbuch de Conrad d'Ammenhausen, etc.

M. Horawitz, un de ceux qui s'occupent le plus activement de l'histoire de l'humanisme, vient de publier un opuscule, Erasmiana, qui renferme la correspondance d'Erasme et du duc Georges de Saxe de 1519 à 1533. Il annonce une biographie d'Erasme, remplie de détails curieux et inédits.

M. de Zwiedineck-Südenhorst, dont nos lecteurs connaissent les études sur la contre-réformation dans les provinces héréditaires d'Autriche (Cp. Rerue critique, 1878, n° 21), travaille à une histoire du système défensif de l'Autriche et de la Hongrie dans les guerres contre les Turcs.

Le 5e volume des Recès de la Hanse, publiés par M. Koppmann (Cp. Revue critique, 1878, n° 39, art. 172, p. 198), paraîtra prochainement; il s'étendra jusqu'en 1415. M. Koppmann a recueilli de nouveaux matériaux dans les archives de Kenigsberg et de Dantzig.

M. Hermann, de Halle, annonce la fin de sa Bibliotheca Germanica qui renferme la liste des ouvrages parus en Allemagne de 1830 à 1875 sur la langue et la littérature de l'ancienne Allemagne.

M. Præhle a publié, sans aucun changement, une deuxième édition de son Quvre, Frédéric le Grand et la littérature allemande. Il fait remarquer que livre n'est plus édité par Lipperheide, mais par Liebel; le livre en est-il meilleur?

Un professeur de Berlin, M. Fritsche, publie une édition des principaux Ciscours de Mirabeau (Berlin, Weidmann), destinée à être lue et commentée dans les classes supérieures des gymnases d'Allemagne. Aurait-on, en France, une telle hardiesse? Nos élèves ne connaissent de Mirabeau que l'apostrophe au marquis de Dreux-Brézé, dont la forme authentique est d'ailleurs fort contestée, le fragment sur la « hideuse » banqueroute, et deux ou trois phrases célebres qu’on cite partout. On ne peut que louer le travail de M. Fritsche; la préface contient une vie de Mirabeau, chaque discours est précédé d'une introduction et accompagné de notes explicatives.

Un major allemand, M. Westphal, a terminé le troisième et dernier voiume de son histoire de Metz. (Geschichte der Stadt Metz, 1804-1870.) Ce volume est plutôt une histoire de la guerre franco-allemande; la plus grande partie du livre est consacrée au récit des batailles du mois d'août.

Le pris Schiller a été décerné le 10 novembre. Ce prix est attribué tous les trois ans par une commission d'écrivains allemands au meilleur drame. En 1872 et en 1875, le jury avait prorogé le concours ; il y avait donc trois prix à donner cette année; ils ont été accordés à MM. Anzengruber, Nisse et Wilbrandt. M. Anzengruber a représenté dans ses pièces les meurs populaires; M. Nissel a tiré d'un épisode de l'histoire de France le sujet d'un drame très-estimé, Agnès de Méranie (1877); M. Wilbrandt est l'auteur d'une Kriemhild qui renferme des scènes remarquables

ANGLETERRE. Un des écrivains les plus féconds et les plus distingués de l'Angleterre, M. Lewes, est mort le 30 novembre 1878. George Henry Lewes était né à Londres le 18 avril 1817. Il fut élevé à l'école de Greenwich, puis

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il fut commis dans une maison de commerce, étudia la médecine et voyagea en Allemagne. De retour en Angleterre, il entra dans la presse et collabora à diverses revues. En 1846, il écrivit son Histoire biographique de la philosophie qui fut réimprimée en 1871, sous le titre de Histoire de la philosophie de Thalès à Comte : ce fut Lewes qui, le premier, fit connaître Auguste Comte en Angleterre. Cet esprit souple et infatigable s'essaya ensuite dans la nouvelle, le roman, la tragédie, Ranthorpe ; Rose, Blanche and Violet ; Spanish Drame, Lope de Vega and Calderon: The Noble Heart; The Life of Maximilian Robespierre). Enfin parut la Vie de Gæthe, le plus populaire des ouvrages de Lewes, celui qui fonda sa renommée littéraire et fit connaître son nom sur le continent; les Allemands l'ont traduit et le regardent comme la meilleure biographie de leur plus grand écrivain. Cependant M. Lewes n'avait pas abandonné la philosophie (Philosophy of the Sciences ; Physiology of the Common Life ; A Chapter from Aristotle; et surtout les Problems of Life and Mind, une des auvres philosophiques les plus brillantes et les plus soignées de notre temps). M. Lewes avait été le rédacteur en chef du Leader; ce fut lui qui fonda le Fortnightly Review, et quand il céda la place à M. Morley, il ne cessa d'envoyer à cette revue des articles très-remarqués; le premier article du fascicule de juin, The Dread and Dislike of Science, est sa dernière production. Il laisse un manuscrit que sa veuve (le célèbre romancier connu sous le nom de George Eliot) publiera en deux volumes et qui forme la suite des « Problèmes de la vie et de l'esprit.

M. Froude annonce une étude sur Jules César (Julius Caesar, a Sketch, chez Longmans, Londres).

M. Alexander Baillie Cochrane va publier une histoire du Théâtre Français sous Louis XV. (The Théâtre Français under Louis XV. Londres, chez Hurst et Blackett.)

Au commencement de mai paraîtra une biographie de Cobden. M. Bright a désigné M. John Morley pour cette tâche et M. Morley a reçu des amis de Cobden de nombreux matériaux.

On sait que M. Morley (qui a fait paraître naguère une excellente étude sur Diderot et les encyclopédistes), a entrepris de publier une suite de monographies sur les écrivains anglais. (English Men of Letters, Macmillan, Londres.) M. Leslie Stephen a écrit une vie de Johnson; M. Morison a composé une biographie de Gibbon; M. Hutton a remanié, en l’abrégeant, le gros livre de Lockhart sur Walter Scott; M. Symonds a consacré à Shelley un petit volume dont on vante l'impartialité et l'esprit critique. On nous apprend que M. Ward prépare un petit volume sur Chaucer, et M. Henry James sur Hawthorne.

On annonce un nouveau journal anglais, The Biograph, dirigé par M. Guy Roslyn; le premier numéro renferme des études biographiques de Wilkie Collins, Courtney, Francillon, Henry Irving, Theodore Martin, Mulrcady, etc.

MM. Nisbet se préparent à éditer une nouvelle revue protestante, le Catholic Presbyterian, qui comptera parmi ses collaborateurs M. Blaikic d'Edimbourg, M. Fleming Stevenson de Dublin, MM. Morris, Schaff et Stuart Robinson des Etats-Unis, MM. de Pressensé et Reveillaud.

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