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çais; ► ajoutant que « l'alliance des poètes, ébauchée par la reine avant sa mort, s'est expressément affirmée dans les hommages rendus à la grande défunte, » que « le tombeau de la reine Marguerite ? a groupé autour de lui, dans une touchante union, les vieux serviteurs de la reine de Navarre et les poètes qu'elle avait à peine eu le loisir d'entrevoir et de protéger, du Bellay, Ronsard et Baïf. » Cette thèse demanderait, pour être soutenue avec solidité, de plus profondes recherches, et M. C. ne me démentira pas, car lui-même a prudemment reconnu la nécessité d'une nouvelle enquête à cet égard.

Après avoir signalé une petite étude fort curieuse sur Lancelot de Carle (P. XVII-XXII), je signalerai ce que dit M. C. (p. xxix-xxvn) des femmes aimées et chantées par Olivier de Magny. Les relations du poète de Cahors avec Louise Labé sont incontestables, mais elles n'ont pu commencer qu'après 1553, et dès lors, on le voit, le volume des Amours nc contient aucune pièce concernant la Belle Cordière. La femme qui semble avoir eu le plus de douce influence sur O. de Magny est Marguerite de Cardaillac, vicomtesse de Gordon, qui, étant demoiselle d'honneur de Marguerite de France, a été célébrée par Hugues Salel sous le titre de l'admirée, et dont Magny nous a révélé le nom en tête d'un sonnet d'une grave et frappante beauté inspiré par elle :

Vous avez l'esprit plain d'une ardeur éternelle 2.

A côté de cette passion qui paraît avoir été sérieuse et durable, M. C. ne fait qu'indiquer les fugitives impressions produites dans le faible caur du poète par une fille de Brandelis de Gironde 3 et par Marie de Lau

3 nay, l'émule et l'amie de cette Marie de la Haye que chanta Joachim du Bellay 4.

Les Amours de Magny, dit M. C. dès les premières lignes de son Avertissement, « devaient former le dernier volume de cette édition et se terminer par un index général où se seraient trouvés les éclaircissements

1. Paris, Michel Fezandat, 1551, in-8. de 104 ft. non chiffrés.

2. Odes. Edition Lemerre, t. II, p. 13. Cf. (Ibid., p. 47) l'Ode au petit enfant de sa dame. M. C. renvoie, pour ce dernier morceau, à la page 63. On ne trouvera guère de plus grosse erreur dans tout le volume.

3. C'était une gasconne. Brandelis de Gironde, chevalier, seigneur de Montclera, eut deux fils et deux filles de son mariage (9 mars : 534) avec Marie de Touyouse. Les deux filles s'appelèrent Jeanne et Marquise. Reste à savoir pour laquelle des deux furent composés les gracieux vers intitulés : dux Muses, pour celebrer sa Gironde (Voir Les Gayetez, édition Lemerre, p. 92). Nous apprenons du poète qu'entre les

Mile ei mile beautez

Et mile dont elle abonde, on distinguait a sa perruque blonde. » Si, par grand hasard, un portrait de Mile de Gironde était venu jusqu'à nous, ce détail pourrait aider à la faire reconnaître.

4. Euvres poétiques, édition Marty-Laveaux, t. II, r. 56. L'imprimerie Perrin a changé le nom da savant éditeur en celui de Marty-Lilloux (i%. XXXVII, note 1).

historiques et philologiques nécessaires pour l'intelligence de l'auteur. Mais l'examen du livret qu'Olivier de Magny a fait imprimer, en août 1553, chez Arnoul l'Angelier, avec le titre de Hymne sur la naissance de Madame Marguerite de France, a modifié nos prévisions. Cet opuscule rarissime est accompagné de poésies qui lui donnent l'importance d'un livre. Il devient, pour cette raison, le complément indispensable de l'auvre du poète quercinois, et il en sera le tome final. » J'ai le plaisir d'appiendre à nos lecteurs une bonne nouvelle que M. C. ne connaissait pas encore, à l'époque où il écrivait son Avertissement. Ce dernier volume contiendra dix-neuf sonnets inédits d'Olivier de Magny, sonnets que je ne veux pas vanter, puisque j'ai eu la bonne fortune de les trouver et que l'on me soupçonnerait peut-être d'exagérer la valeur de ma trouvaille, mais que M. Courbet jugeait ainsi dans une lettre dont je lui demande la permission de citer quelques lignes : « Votre découverte me paraît fort intéressante et d'une valeur considérable. Ne voyez aucun excès d'enthousiasme dans mes expressions. J'ai lu avec bonheur ces vers où le poète a gardé toute sa souplesse habituelle en montrant une hauteur de sentiment qui ne lui est pas ordinaire. Au point de vue de l'histoire personnelle du poète, votre exquise trouvaille a beaucoup d'importance. Elle nous montre Magny dans ses derniers jours d'inspiration, en pleine maturité, la maturité du talent et de la pensée. Je suis, je le répète, séduit et ravi... » Puissent tous les lecteurs du dernier volume des œuvres complètes d'Olivier de Magny juger les nouveaux sonnets aussi favorablement !

T. de L.

4. Geschichte der orientalischen Frago von ihrer Entwicke

lung, dem Frieden von Rutschuk - Kaïnardji 1774, bis zur Kriegserklærung Russlands an die Pforte 24 avril 1877, von Fr. von Hagen. Frankfurt a. M., Sauerlænder. 1877, in-8°, 172 p. Prix : 2 mark (2 fr. 50).

:

Il n'y a rien de plus compliqué que l'histoire de la question d'Orient et un fil est nécessaire pour se diriger dans ce dédale. M. de Hagen a composé un précis succinct des principaux faits et son ouvrage est fort utile sous ce rapport. Il a eu raison de prendre pour point de départ le traité de Kaïnardji en 1774 ; cette première partie n'est guère qu'une table des matières ; l'ouvrage se détaille davantage en avançant. M. de H. n'a guère employé que des sources allemandes et l'on ne trouvera point de bibliographie du sujet dans son travail. Les sources auxquelles a puisé l'auteur et sa qualité de major dans l'armée prussienne indiquent suffisamment le point de vue auquel il s'est placé. La partie militaire du sujet, plus obscur et plus mal connue encore peut-être que la partie diplomatique, a été traitée avec un soin et une compétence particulière. Il y a beaucoup de dates, de fairs et de citations. C'est un livre court et aussi facile que profitable à consulter, à titre de répertoire.

ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES

Séance du 27 décembre 1878.

L'Académie procède au scrutin pour la nomination des membres de la commission du prix Gobert. Sont élus MM. Deloche, Gaston Paris, Schefer et Barbier de Meynard.

L'Académie désigne M. Hauréau pour faire une lecture en son nom à la prochaine séance trimestrielle de l'Institut; il lira son mémoire sur Arnaud de Villeneuve. L'Académie se forme en comité secret.

Julien HAVET.

CHRONIQUE

FRANCE. Nous avons appris avec regret la mort de M. Alexis Pierron. Cet érudit, membre de la société de linguistique et un des professeurs les plus distingués de notre Université, avait traduit Eschyle, Marc-Aurèle, Plutarque, la Métaphysique d'Aristote, etc. Son Histoire de la littérature grecque et son Histoire de la littérature latine, qui parurent dans la collection Duruy, sont de bons manuels pour les écoliers. Son édition sur l'Iliade a été appréciée ici même (Revue critique, 1869, no 40, art. 193 et n° 47, art. 231). Il était aussi l'auteur de Mgr Darboy (1872) et de « Voltaire et ses écrits » (1866).

M. Barthélemy Saint-Hilaire a donné à l'impression les trois volumes de sa traduction de la Métaphysique 'd'Aristote. (Paris, Germer-Baillière.)

La Société de l'Histoire de France entreprend de reproduire les textes grecs, qui se rapportent à nos origines nationales, en y joignant une traduction française. Il y a un siècle et demi (1728), Dom Bouquet avait commencé son Recueil des Historiens des Gaules et de la France par deux volumes de textes grecs et latins concernant la Gaule; ce sont les premiers de la collection des Rerum Gallicarum et Franciscarum scriptores. Mais, depuis cette publication, plusieurs documents nouveaux ont paru, d'autres ont été améliorés par la critique, etc. La nouvelle édition des textes grecs sur l'histoire des Gaules, suit d'ailleurs l'ordre adopté par Dom Bouquet : 1° les géographes; 2° les historiens (parmi lesquels Pausanias); 3° les écrivains de genres divers. Le tome premier, qui vient de paraître, est dû à M. Cougny; M. Cougny est également chargé pour la bibliothèque Firmin-Didot du troisième volume de l'Anthologie grecque, actuellement sous presse.

La Société bibliographique a entrepris de populariser les historiens du moyen âge, en publiant des textes abrégés, traduits ou modernisés. Ont déjà paru : Vie et Vertus de saint Louis, d'ap. Guill. de Nangis et la Confession de la reine Marguerite, par René de Lespinasse; Les derniers Carolingiens. d'après Richer et d'autres sources originales, par Babelon; La chronique de Du Guesclin, texte rétabli et rapproche du français moderne, par Richon. Nous ignorons ce que signifie texte rétabli, quand il s'agit d'un texte modernisé.

Nous avons appris à nos lecteurs que M. Léopold Delisle avait retrouvé à Lyon le manuscrit de l'ancienne version latine du Pentateuque auquel avaient été enlevés les livres du Lévitique et des Nombres, imprimés il y a dix ans par les soins de Lord Ashburnham. La Revue critique, en rendant compte de cette publication, exprimait comme vraisemblable l'espoir qui vient de se réaliser. La version entière sera prochainement publiée par M. Ulysse Robert, d'abord diplomatiquement, puis dans un texte lisible. M. Robert compte joindre à son édition le texte grec qui a servi de base au traducteur latin et une collection des fragments des anciennes versions latines du Pentateuque conservés par les anciens Pères.

On nous dit que M. de Beaucourt va bientôt livrer au public son Histoire de Charles VII, à laquelle il travaille depuis vingt années.

M. E. Lesens va publier pour la Société rouennaise des bibliophiles l'Histoire de la Réformation à Dieppe, écrite au XVII° siècle par Guill. et Jean Daval, dits les Policiens Religionnaires.

M. Baudoin fera paraître prochainement une histoire du protestantisme et de la ligue en Bourgogne.

M. Frédéric Masson, qui a publié les Mémoires du cardinal de Bernis (Paris, Plon), annonce un travail dans lequel il essaiera de reconstituer les dernières années de la vie de Bernis. (On sait que Bernis fut, après son ministère, archevêque d'Albi et ministre du roi près du Saint-Siège.)

M. Morel-Fatio dit dans la préface de son livre, l'Espagne au xvic et au xviie siècle, qu'il faudrait établir des relations suivies entre tous ceux qui se consacrent à l'étude de la civilisation espagnole. Il voudrait qu'une société entreprît l'exploration des grandes bibliothèques de l'Europe où se sont centralisés tant de trésors de la vieille Espagne. Cette société vulgariserait la connaissance des documents les plus importants et publierait soit des séries de textes inédits, soit une revue qui serait à la fois un recueil de travaux originaux et un organe d'information. Ce n'est pas ici le lieu, ajoute M. Morel-Fatio, de développer ce projet dont nous ne sommes pas le seul à sou

a

haiter la réalisation; nous nous réservons d'y revenir bientôt et de donner à l'idée qui n'est ici qu'énoncée, une forme plus concrète.

M. Legouvé a communiqué à l'Académie française une lettre de Mme Jean Reynaud, la veuve du célèbre penseur qui fonde un prix annuel de 10,000 francs; ce prix, qui portera le nom de prix Jean Reynaud, sera distribué alternativement par chacune des classes de l'Institut à l'ouvrage le plus distingué : la liberté du choix est absolument laissée à chaque Académie.

M. Legouvé a également communiqué à l'Académie française une lettre de Mme Juglar qui met à la disposition de l'Académie une somme de 3,000 fr. pour être donnée en son nom; savoir : 2,000 fr. comme encourage. ment à un jeune débutant dans la carrière des lettres, 1,000 fr. à titre d'assistance à un vieillard digne d'intérêt par son mérite.

Le premier exemplaire du Musée des Archives départementales a été présenté à M. le ministre de l'intérieur. Cette cuvre reproduit par l'héliogravure certains documents des dépôts de nos provinces. Ces documents sont au nombre de cent soixante-douze ; ils forment soixante-douze planches et offrent un spécimen des diverses formes d'actes du xviie et du xvme siècle. Cet album est accompagné d'un volume de texte, imprimé à l'Imprimerie Nationale.

On trouve dans un livre du secrétaire de la Bibliothèque nationale, M. Mortreuil (La Bibliothèque nationale, son origine et ses accroissements jusqu'à nos jours), de nombreux renseignements sur le budget et l'organisation de la Bibliothèque nationale. Le budget total est de 614,023 francs, outre un crédit annuel de 30,000 francs pour la confection du catalogue; sur cette somme, 375,000 francs sont affectés au personnel. La Bibliothèque compte 165 employés : 23 conservateurs, conservateurs-adjoints et bibliothécaires, un professeur d'archéologie (M. Lenormant), 69 employés auxijiaires et attachés, 19 ouvriers, 53 hommes et femmes de service. Elle possède 2,077,571 volumes imprimés, et 91,700 manuscrits ; 2,200,000 pièces au département des estampes (sans compter les 20,000 pièces reçues annuellement par le dépôt légal), et 161,961 pièces au département des médailles (non compris les 250 pièces que la Monnaie envoie tous les ans). En 1877, on a communiqué dans la salle de travail 186,947 volumes à 55,464 lecteurs et dans la salle publique 89,108 volumes à 58,877 visiteurs.

Voici le titre des thèses qui seront soutenues à l'Ecole des Chartes, le 20 janvier 1879, pour l'obtention du titre d'archiviste-paléographe, par les élèves dont les noms suivent : F. Bournon. Recherches sur l'hôtel royal de Saint-Pol à Paris. M. Faucon. Clément VI et la guerre de cent ans; étude sur les rapports de ce pape avec les rois de France et d'Angleterre pendant son pontificat. L. Flourac. Jean Jor de Grailly, comte de Foix (13821436). – P. Fournier. Essai sur l'organisation, la compétence et la procédure des tribunaux ecclésiastiques ordinaires de 1180 à 1328. Ch. Kohler. Négociations diplomatiques entre les Suisses et les Etats qui ont pris part aux guerres d'Italie de 1506 à juin 1512. E. Molinier. Etude sur la vie d'Ernoul, sire d'Audrehem, maréchal de France (1302-1370). — G. Philippon. La Provence de 1245 à 1252, premières années de Charles d'Anjou. - E. Tardif. Etude sur le très-ancien coutumier de Normandie et texte critique de ce coutumier. A. Thomas. Les Etats provinciaux de la France centrale sous Charles VII. – N. Valois. Guillaume d'Auvergne, évêque de

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